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Escale enchantée à Cox’s Bazar, au Bangladesh, l’une des plus grandes plages au monde


En imagesCox’s Bazar est le nom d’une immense plage au sud de Dacca où les Bangladais viennent passer des journées paisibles entre amis ou en famille. Le photographe Ismail Ferdous est revenu flaner sur les lieux de son enfance pour offrir un autre regard sur son pays durement touché par le dérèglement climatique.

Une mer calme, des couleurs ­pastel. Des hommes et des femmes habillés comme à la ville. La plage d’Ismail Ferdous a quelque chose d’irréel, d’enchanté, avec des personnages comme figés dans leur bonheur. Les tenues des maîtres-nageurs sont assorties à leur chaise haute et à leur parasol, un jeune garçon aux traits d’ange chevauche sa monture, pieds nus dans ses étriers. Même les pêcheurs, de beaux éphèbes, rient devant leur filet blanc. Il n’y a guère que deux policiers, postés devant la mer, masques sous le menton, scrutant l’horizon, pour ramener à la réalité de la pandémie du Covid-19.

« Dès que l’on parle du Bangladesh dans les médias occidentaux, les premières choses qui viennent à l’esprit de chacun, ce sont le changement climatique, la montée des eaux et les inondations, puis l’industrie du vêtement, les réfugiés rohingya, la pauvreté et toutes les histoires tristes. » Ismail Ferdous

Le photographe bangladais Ismail Ferdous, qui vit à New York, est revenu entre décembre 2020 et février 2022 au Bangladesh pour capter, sous la lumière hivernale, l’atmosphère de la plage de son enfance. Elle se trouve à Cox’s Bazar, à 400 kilomètres au sud de Dacca, la capitale du Bangladesh, à la frontière avec la Birmanie. C’est cette ville qui abrite le plus grand camp de réfugiés au monde. Un million de Rohingya, un groupe ethnique minoritaire musulman, s’y entassent depuis qu’ils ont fui massivement la Birmanie, en 2017, persécutés par le régime.

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Mais, pour les Bangladais, Cox’s Bazar, c’est d’abord 139 kilomètres de sable, l’eau chaude du golfe du Bengale, sans requin, la destination préférée de toutes les classes sociales. On y vient en famille, entre amis, rarement pour se baigner et certainement pas en maillot de bain, mais pour flâner, ramasser des coquillages, galoper dans les vagues, s’enterrer dans le sable, scruter les nuages allongés sur des transats ou s’essayer au parachute ascensionnel.

« Dès que l’on parle du Bangladesh dans les médias occidentaux, les premières choses qui viennent à l’esprit de chacun, ce sont le changement climatique, la montée des eaux et les inondations, puis l’industrie du vêtement, les réfugiés rohingya, la pauvreté et toutes les histoires tristes, explique le photographe. Nous voyons rarement des photos de personnes dans un environnement paisible ou serein. »

Un des pays les plus vulnérables

Lui-même a documenté les événements dramatiques qui ont contribué à façonner l’image du pays : l’effondrement, le 24 avril 2013, à Dacca, des ateliers de confection du Rana Plazza, qui avait provoqué la mort de plus de 1 100 ouvriers, la crise des réfugiés, les effets déjà visibles du changement climatique.

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