fbpx

Mario Draghi joue son avenir au parlement italien



Mario Draghi joue son avenir au parlement italien

Le président du Conseil italien Mario Draghi s’exprimera mercredi devant le Sénat pour tenter de trouver un consensus et éviter la tenue d’élections anticipées, sur fond de tumultes internationaux et de problèmes économiques. Mario Draghi a remis sa démission la semaine dernière après que le Mouvement 5-Etoiles (M5S) a refusé de prendre part à un vote de confiance.

Le président de la République, Sergio Mattarella, a refusé la démission de Mario Draghi et lui a demandé de s’exprimer devant le Parlement afin qu’il puisse rester en place jusqu’à la fin de son mandat, prévue en 2023. Les pro-Draghi craignent que la chute du gouvernement dirigé par l’ex-chef de la Banque centrale européenne n’accroisse le malaise social dans une période d’inflation galopante, retarde l’adoption du budget, menace le plan de relance post-Covid financé par l’Europe et mette les marchés financiers en ébullition.

Selon les sondages, la majorité des Italiens souhaitent que « Super Mario » reste à la barre, mais il ne s’est dit prêt à rempiler que si les partis membres de sa large coalition, qui va de la gauche à l’extrême droite, s’engagent à jouer collectif. Le président du Conseil devrait se soumettre à un vote de confiance et poser ses conditions pour rester à la tête du pays. un second votre de confiance aura lieu le jour suivant devant la Chambre des députés.

Le banquier de 74 ans pourrait fort bien annoncer que les conditions ne sont plus réunies pour qu’il puisse continuer sa tâche, ce qui pourrait conduire le président de la République à dissoudre le parlement et convoquer des élections en septembre ou octobre. Certains experts prédisent en revanche qu’il sollicitera un large soutien pour s’attaquer aux problèmes les plus pressants du pays, de la hausse du coût de la vie à la mise en oeuvre de réformes urgentes en passant par l’impact de la guerre en Ukraine sur l’économie.

« Grande incertitude »

Les partis de gauche se sont engagés à voter pour lui, mais des doutes subsistent sur l’attitude de Forza Italia, le parti de droite dirigé par l’ex-Premier ministre Silvio Berlusconi, et de la Ligue, la formation d’extrême droite du tribun populiste Matteo Salvini, qui refusent de rester dans un gouvernement aux côtés des 5 Etoiles. Après avoir rencontré Draghi, les responsables des deux partis se sont réunis, mardi soir, pour accorder leurs violons.

Le chef du M5S Giuseppe Conte, également prédécesseur de M. Draghi, a exigé que ses priorités soient prises en compte, de l’instauration d’un salaire minimum à des incitations fiscales aux rénovations énergétiques des habitations. Le M5S, déjà profondément divisé par une scission, pourrait voir une nouvelle fournée de parlementaires quitter ses rangs et voter la confiance.

Contrat gazier en Algérie

Deux tiers des Italiens veulent que Mario Draghi reste à son poste en dépit des turbulences actuelles, selon un sondage Euromédia publié mardi par le quotidien La Stampa. Beaucoup craignent que son départ ne sape les efforts du pays pour sortir de sa dépendance au gaz russe et éviter des rationnements l’hiver prochain. Lundi, Mario Draghi avait conclu un maxi-contrat à Alger pour augmenter les livraisons de gaz.

Bruxelles et ses partenaires européens pressent aussi M. Draghi, gage de stabilité, de rester. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s’est même fendu d’une tribune dans Politico intitulée « L’Europe a besoin de dirigeants comme Mario Draghi ». Les marchés scrutent aussi avec attention la situation: le possible départ du chef de l’exécutif a ravivé les craintes d’une envolée des taux d’emprunt du pays, qui pourrait s’avérer explosive pour la zone euro. La dette de l’Italie s’était déjà retrouvée dans le viseur des marchés en juin lorsque la BCE avait annoncé son prochain tour de vis.

(avec Reuters et AFP)



Lire la suite
www.challenges.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.