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Le gazoduc Nord Stream 1 reliant la Russie à l’Allemagne a redémarré après dix jours de maintenance


Les installations du gazoduc Nord Stream à Lubmin, en Allemagne, le 8 mars 2022.

La Russie a rouvert le robinet du gaz vers l’Europe en redémarrant, jeudi 21 juillet, le gazoduc Nord Stream 1, mais l’incertitude demeure sur les quantités acheminées pour éviter une crise énergétique cet hiver.

Après dix jours d’entretien annuel, les livraisons devaient reprendre vers 6 heures (heure de Paris) dans ce pipeline qui relie directement les champs gaziers sibériens au nord de l’Allemagne, d’où le gaz est ensuite exporté à d’autres pays européens.

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Mais dans le contexte de la guerre en Ukraine et du bras de fer entre Moscou et les Occidentaux sur l’énergie, l’Europe s’était préparée à ce que l’énergéticien Gazprom, propriétaire du gazoduc, coupe le robinet pour de bon. L’annonce, mercredi, de livraisons programmées au point d’arrivée allemand du gazoduc, à Lubmin, avait toutefois donné l’espoir que la conduite soit remise en service.

Aucune donnée n’était encore disponible sur les volumes de gaz envoyés dans le gazoduc jeudi. Ces volumes seront connus plus tard dans la journée. Selon des données transmises par Gazprom à Gascade, l’opérateur allemand du réseau, le pipeline devrait livrer 530 GWh durant la journée.

Ce serait seulement « 30 % » de ses capacités, selon le patron de l’Agence fédérale des réseaux, Klaus Müller. Il s’agirait en outre de dix points de moins qu’avant les travaux. Arguant de l’absence d’une turbine, en maintenance au Canada, Gazprom a déjà réduit à 40 % des capacités les livraisons via Nord Stream depuis la mi-juin. Mais même un redémarrage à 40 % de la capacité serait insuffisant pour garantir l’approvisionnement des particuliers et des entreprises durant tout l’hiver.

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Le gaz utilisé « comme une arme »

Pour éviter une crise majeure, la Commission européenne a proposé mercredi un plan visant à diminuer de 15 % la demande de gaz à court terme, dénonçant une nouvelle utilisation du gaz « comme une arme » par le Kremlin.

En Allemagne, principale cliente de Gazprom, des pénuries pourraient se produire dès février si le débit n’augmente pas, selon les évaluations de l’Agence fédérale des réseaux. Un arrêt des livraisons de gaz russe réduirait la valeur du PIB allemand de près de 5 points de pourcentage entre 2022 et 2024, a calculé le Fonds monétaire international (FMI).

Nord Stream achemine environ un tiers des 153 milliards de mètres cubes de gaz achetés annuellement par l’Union européenne. Or, Vladimir Poutine a laissé entendre cette semaine que le gazoduc pourrait ne fonctionner qu’à 20 % de sa capacité dès la semaine prochaine.

La faute, selon le président russe, à des turbines qui équipent le pipeline et dont la Russie a fait un nouvel instrument de pression sur les Occidentaux. Une de ces turbines, qui alimentent les stations de compression, vient de faire l’objet d’une réparation au Canada dans les usines du groupe allemand Siemens. Elle est encore en cours d’acheminement vers la Russie. Or, une seconde turbine doit, selon Vladimir Poutine, partir en maintenance la semaine prochaine, susceptible de diviser encore les livraisons par deux.

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Des arguments « prétextes »

Les décisions de Gazprom sur les livraisons de gaz sont depuis le début jugées « politiques » par le gouvernement allemand, qui ne cesse d’accuser la Russie d’invoquer des problèmes de turbines comme « prétexte ». Si les pénuries de gaz sont craintes cet hiver, l’explosion du coût de l’énergie se fait déjà sentir, menaçant de récession les économies européennes, qui se remettent à peine de la pandémie de Covid-19.

Les particuliers « seront choqués lorsqu’ils recevront un courrier de leur fournisseur d’énergie » avec un triplement, voire un quadruplement, de la facture à la clé, a alerté M. Müller, président de l’Agence fédérale des réseaux, pour inciter la population à réduire sa consommation.

L’urgence est déjà là pour le premier stockeur de gaz en Allemagne et, à ce titre plus, gros client de Gazprom : le groupe énergétique Uniper risque la faillite s’il ne reçoit pas à très court terme une aide de l’Etat. Il doit, faute de gaz russe, faire ses emplettes sur le marché comptant, où les prix ont explosé. Une entrée de l’Etat au capital devrait être annoncée, Berlin craignant des effets en cascade comparables à un « Lehman Brothers de l’énergie » en cas de faillite du groupe.

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Le Monde avec AFP



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