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Au Liban, « on espère que la saison touristique va durer le plus longtemps possible »


Le célèbre festival libanais de Baalbek est de retour, organisé devant un public pour la première fois en deux ans, dans un contexte de crise économique. Des visiteurs arrivent pour le concert du pianiste franco-libano-mexicain Simon Ghraichy. Dans l’ancienne ville de Baalbek, dans le nord-est du Liban, le 17 juillet 2022.

En 2020 et 2021, Elissa (qui a souhaité conserver l’anonymat) a dû renoncer à se rendre au Liban, à cause du Covid-19. Mais cet été, cette Libanaise installée à Chicago a renoué avec les traditionnelles vacances annuelles, sans se décourager face à la dégringolade économique et financière de son pays natal. « Ça fait mal de voir la dégradation ambiante. Malgré toutes les turbulences, je reste très attachée au Liban. Venir, dépenser de l’argent, c’est apporter un soutien. Et je veux que ma fille entretienne le lien avec ses origines », dit-elle près de la fillette, dans les vieux souks de Jbeil (Byblos), une ville côtière située au nord de Beyrouth.

Lire aussi l’archive (2021) : Article réservé à nos abonnés Au Liban, « l’Etat est en train d’échouer » face à la crise

Elissa, qui alterne entre retrouvailles familiales la semaine et excursions le week-end, fait partie des expatriés. Ceux qui, par l’envoi de devises durant l’année, permettent à leurs proches restés sur place de tenir le choc face à la grave crise en cours depuis 2019. L’été venu, les autorités classent ces Libanais de la diaspora comme touristes internationaux.

De quoi faire scintiller les chiffres de la fréquentation : plus d’un million de visiteurs attendus cette saison, selon le ministre sortant du tourisme Walid Nassar. Dont 75 % de Libanais de l’étranger. En juin, il a estimé que l’afflux devrait se traduire par l’injection de plus de 3 milliards de dollars (3 milliards d’euros) dans l’économie. Des billets verts dont le pays a grandement besoin. Jusqu’en 2019, le tourisme était un pilier du pays : cette année-là, il avait généré 8,6 milliards de dollars de revenus.

A Jbeil, célèbre pour sa citadelle, son site archéologique et son port de pêcheurs, les expatriés libanais forment la majorité des flâneurs en provenance de l’étranger. Ils déambulent dans les allées ombragées par les lauriers, s’attablent dans les restaurants de poissons, reviennent des plages privées alentour ou font la fête le soir dans les bars des souks. Des Egyptiens et des Irakiens comptent aussi parmi les visiteurs de la cité antique.

« Trois années de souffrances »

Elie Bseibes a vu la saison démarrer « tardivement », dans son restaurant de cuisine libanaise, au moment de la fête musulmane de l’Aïd el-Adha, le 9 juillet. « On était plein », dit-il. Mais il reste prudent pour la suite, malgré les annonces prometteuses des autorités. En cette fin de matinée, seules deux tables sont occupées par des familles qui brunchent. « Il y a plus de concurrence : de nouvelles adresses ont ouvert, alors qu’[en 2021], personne n’osait investir, par peur d’un confinement, décrit le trentenaire. De plus, on a des frais de générateurs [utilisés pour pallier l’absence d’électricité publique] complètement dingues. »

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