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Le voile de Jacinda Ardern, un « foulard pour l’harmonie »


Le monde a découvert Jacinda Ardern le 16 mars 2019, au lendemain de l’attentat de Christchurch. Un militant australien d’extrême droite venait d’abattre cinquante et une personnes dans deux mosquées de la ville. Coiffée d’un voile noir, la première ministre de Nouvelle-Zélande est venue exprimer son soutien aux familles, invitant tous ses concitoyens à « faire preuve de compassion envers les victimes ».

Le voile de Jacinda Ardern, un « foulard pour l’harmonie »

L’empathie et la dignité dont elle a fait preuve en cette occasion – mais aussi sa détermination à éradiquer toute forme de racisme et sa décision de durcir la législation sur le port d’armes à feu – ont fait l’unanimité. Dans les semaines qui ont suivi, de nombreuses Néo-Zélandaises, y compris des policières, ont porté un voile avec le slogan « Foulard pour l’harmonie » en signe de solidarité avec la communauté musulmane. « Salam aleikum » (« que la paix soit avec vous »), a lancé la cheffe du gouvernement en ouvrant la session parlementaire qui a suivi le massacre. Un appel que Jacinda Ardern a aussi décliné en anglais et en maori.

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Son esprit d’ouverture et sa capacité à œuvrer pour la reconnaissance des minorités tout en prêchant l’unité du pays ont été unanimement loués. Elue pour la première fois à la tête du pays en 2017, à l’âge de 37 ans, cette travailliste, qui a rompu avec son éducation mormone et se dit agnostique, est devenue une star politique mondiale en raison de sa capacité à gérer les crises.

Sang-froid

Celle du Covid-19, qu’elle a prise à bras-le-corps, en forgeant rapidement un consensus autour de la nécessité d’observer des règles très strictes qui ont réduit fortement la mortalité au cours de la première année de la pandémie. Ou celle, larvée, avec Pékin. « A mesure que le rôle de la Chine dans le monde s’accroît (…), les différences entre nos deux systèmes (…) deviennent plus difficiles à concilier », a-t-elle lancé sans hésitation lors d’un sommet économique entre les deux pays. Mme Ardern ne perd jamais son sang-froid. Alors que tout se met à trembler sur le plateau pendant un direct à la télévision, elle lâche avec flegme : « C’est un tremblement de terre que nous avons là. »

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Célébrée comme un modèle de gouvernance et une égérie du progressisme, la première ministre a été réélue triomphalement en 2020. Pourtant, la « Jacindamania » a connu des passages à vide. La première ministre a dû revenir sur sa politique zéro Covid-19, emportée par l’irruption du variant Delta, elle doit également répondre aux critiques formulées à propos de son engagement proenvironnement, proclamé haut et fort, mais ambigu.

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