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En position stratégique, le Laos veut devenir le hub logistique de l’Asie du Sud-Est


Enclavé mais offrant à la Chine un débouché sur la Thaïlande et ses ports, le Laos se rêve en hub logistique de l’Asie du Sud-Est. Inauguré en décembre 2021, le nouveau train chinois à grande vitesse est en passe de faciliter l’accès au nord du pays : il relie, en moins de quatre heures, la capitale, Vientiane, à la frontière chinoise, à 422 kilomètres au nord, puis à Kunming, dans la province chinoise de Yunnan. Malgré l’absence de touristes chinois, c’est l’attraction du moment, et il affiche complet au moins du vendredi au lundi. Conçu sur le modèle des TGV chinois, le train, aux couleurs rouge, blanc et bleu de la Laos-China Railway Company, file depuis Vientiane entre les montagnes « pains de sucre » de Vang Vieng et franchit le Mékong à Luang Prabang.

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On y croise des Laotiens endimanchés revenant d’un mariage dans le nord du pays avec des cartons d’alcool de riz – un voyage qui, en voiture, aurait pris au moins deux jours aller et retour. Ou des jeunes de Muang Xay qui emmènent un vieux père à l’hôpital à Vientiane. A chacune des six gares de la ligne, des emplacements délimitent de futurs parcs d’entreprises d’une dizaine d’hectares, que Pékin a obtenus en concession, pour les louer à des sociétés privées. La Banque mondiale et le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) des Nations unies financent des projets, l’une pour améliorer le réseau routier à proximité des gares, l’autre, la commercialisation de produits agricoles.

« Connexion incroyable »

« Le train apporte une connexion incroyable au marché chinois pour les producteurs laotiens : les camions apportent les marchandises dans les zones de fret de chacune des gares, puis cela part en Chine », explique Franck Caussin, l’un des conseillers techniques du projet du FIDA pour le ministère de l’agriculture laotien. Leur maître d’œuvre, le groupe privé chinois Yunnan Haicheng Industrial, titulaire d’une concession de cinquante ans, compte sur un afflux d’entrepreneurs et de commerçants chinois, tablant sur 300 000 habitants d’ici à 2035. En 2019, l’année précédant la pandémie de Covid-19, le pays avait accueilli un million de touristes chinois.

Des touristes prennent des photos devant une gare du train à grande vitesse laotien, à Vientiane, le 3 juillet 2022.

Ce chiffre devrait gonfler, une fois les frontières ouvertes, par la nouvelle ligne ferroviaire et l’autoroute en construction qui la double, elle aussi réalisée par une entreprise chinoise et dont le premier tronçon, entre Vientiane et Vang Vieng, a été ouvert fin 2020. De même pour tout ce qui va avec : hôtels, restaurants et commerces à profusion, ainsi qu’un nombre croissant de résidents chinois, désireux de s’établir hors de Chine et d’y scolariser leurs enfants – une obsession dans l’empire du Milieu. Les terrains à proximité de la nouvelle gare de Vientiane, à une vingtaine de kilomètres de la ville, sont, eux, l’objet d’investissements spéculatifs, par le biais de prête-noms laotiens, les étrangers ne pouvant acquérir de terres.

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