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Au cœur d’un été tendu, Lufthansa négocie pour éviter de nouvelles grèves


Des employés de la compagnie aérienne allemande Lufthansa manifestent à l’aéroport Franz-Josef-Strauss de Munich, en l’Allemagne, le 27 juillet 2022.

Toujours pas de fumée blanche à Francfort. Les négociateurs de Lufthansa et les représentants du personnel au sol des aéroports devaient se retrouver, jeudi 4 août, pour une seconde journée de discussions et tenter de conclure un accord sur la revalorisation des salaires de 20 000 personnes, employées directement par les services de la compagnie aérienne allemande (LH Technik, LH Logistik…) ou de sa filiale Lufthansa Cargo.

Le syndicat Ver.di réclame 9,5 % d’augmentation de salaire et au moins 350 euros de plus pour les salaires de moins de 3 700 euros brut. La direction propose 150 euros par mois dès à présent, 100 euros supplémentaires en janvier 2023 et, en cas de bénéfice du groupe, 2 % supplémentaire dans un an. Autre point d’achoppement : la durée d’application de cet accord – les salariés voudraient la limiter à douze mois, pour renégocier si nécessaire dans un an en fonction de l’inflation, tandis que l’entreprise voudrait le sceller pour dix-huit mois.

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C’est déjà la troisième fois de l’été que les deux parties tentent un rapprochement. Le 27 juillet, les syndicats ont organisé un coup de pression qui a bloqué plus d’un millier de vols. Aux comptoirs d’embarquement, à la maintenance, à l’acheminement des bagages, cette grève d’avertissement de vingt-six heures a affecté les départs en vacances de 134 000 voyageurs. Août et septembre sont toujours les deux plus importants mois de l’année pour la compagnie. L’enjeu est important.

Demande de « respect »

Mercredi matin, du côté des salariés, on avait donc l’« espoir » d’une « percée » rapide, selon les mots de la principale négociatrice de Ver.di, Christine Behle. D’autant plus que les autres entreprises qui assurent les services au sol dans les aéroports, que ce soient des concurrents ou des sous-traitants de Lufthansa comme Aviation Handling Services ou Aviapartner, ont ouvert la voie en début de semaine, signant avec Ver.di un accord pour des revalorisations importantes (entre 17 % et 26 % dans les six prochains mois).

« Vu comme les petites entreprises se sont montrées disposées à augmenter les salaires, il est d’autant plus surprenant que Lufthansa s’y refuse et déçoive ainsi ses salariés et ses passagers en pleine période de vacances », note un autre négociateur de Ver.di, Marvin Rechinsky. Il réclame plus de « respect » d’une façon générale. Un mot d’ordre inscrit sur les banderoles du syndicat, tendues dans le hall de l’hôtel où se tiennent les négociations, à l’aéroport de Francfort.

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Marvin Rechinsky insiste sur le surcroît de travail imposé aux salariés avec la reprise du trafic aérien après la pandémie de Covid-19. Le secteur a dû fortement dégraisser depuis 2020. On estime qu’un emploi sur trois a été supprimé. Actuellement, d’après une étude de l’Institut pour l’économie mondiale de Kiel, il manquerait 7 200 salariés qualifiés dans les aéroports allemands. Fin juin, on a noté une file d’attente d’un kilomètre de long devant les contrôles de sécurité de l’aéroport de Cologne-Bonn !

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