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l’examen du plan « anti-inflation » des démocrates débute au Sénat


Chuck Schumer lors d’une conférence de presse sur le projet de loi sur l’inflation à Washington, le 5 août 2022.

C’est la surprise d’août. A moins de 100 jours des élections de mi-mandat, le Sénat était en voie d’adopter, dimanche 7 août, le projet de loi sur l’inflation, version allégée du plan Build Back Better de Joe Biden, resté lettre morte depuis un an faute d’accord entre les démocrates. Un succès inattendu pour un parti qui n’arrivait plus à éloigner le spectre de la défaite prédite par les sondages pour le scrutin du 8 novembre.

En début d’après-midi, samedi 6 août, le sénateur Chuck Schumer, chef de file des démocrates, a introduit le texte, rebaptisé Inflation Reduction Act. Celui-ci contient des avancées « historiques », a-t-il exposé : baisse du prix des médicaments pour les personnes âgées, investissements sans précédent pour la défense du climat et les énergies vertes, augmentation des impôts pour les grandes entreprises pour financer les mesures sociales et environnementales tout en réduisant le déficit.

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Le sénateur a annoncé que les derniers obstacles avaient été levés pour que le texte puisse être adopté à une majorité simple. Quelques heures plus tôt, l’arbitre des règles de procédure, la « Parliamentarian » Elizabeth MacDonough, avait approuvé le recours au procédé dit de « réconciliation ». Celui-ci permet de contourner le recours au filibuster (la manœuvre d’obstruction qu’il faut 60 voix pour briser) dès lors que les mesures contenues sont d’ordre budgétaire. Dans les 725 pages, la fonctionnaire n’a censuré qu’un élément : l’article qui prévoyait que les compagnies pharmaceutiques remboursent les assurances privées si leurs tarifs augmentent plus vite que l’inflation.

En fin d’après-midi, a alors commencé ce que la classe politique a pris l’habitude d’appeler « vote-a-rama » : l’introduction illimitée d’amendements. L’objectif étant de retarder l’inéluctable : avec 50 voix, plus celle de la vice-présidente Kamala Harris, les démocrates ont une majorité suffisante pour arracher le passage de la loi. A condition, cependant, qu’aucun élu ne manque à l’appel pour cause de Covid-19. A ce sujet, les républicains ont accusé l’état-major démocrate d’avoir adopté une politique de « pas de test, pas de questions » pour prévenir toute absence, au mépris de la sécurité de leurs collègues.

Le vote préliminaire, sur la motion de procéder à l’examen du texte, a eu lieu à 19 h 30. La motion a été adoptée grâce à la voix de Kamala Harris qui a tranché l’égalité 50-50. Les délibérations ont pu commencer, sur le fond du texte.

Premier à intervenir, Bernie Sanders, le sénateur progressiste du Vermont, a douché l’enthousiasme de ses amis démocrates. Alors qu’ils avaient fait taire leurs divergences et décidé de ne présenter aucun amendement, il a pris le risque de rouvrir les blessures en proposant aux 50 démocrates de profiter de leur majorité pour voter un texte beaucoup plus ambitieux. Alimentant le moulin républicain, il a même jugé que « la soi-disant loi sur la réduction de l’inflation » n’aurait en fait qu’un « impact minimal sur l’inflation ». Au nom de l’unité retrouvée, une dizaine de sénateurs ont fait savoir qu’ils ne voteraient aucun de ses amendements, même s’ils étaient d’accord sur le fond.

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