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la vaccination patine « par manque de bras, non par manque de doses »



la vaccination patine "par manque de bras, non par manque de doses"

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Malgré l’ouverture de 153 centres de vaccination contre la variole du singe en France, la campagne patine et les rendez-vous restent difficiles à décrocher. Le ministère de la Santé a décidé de lancer ce mercredi l’expérimentation de la vaccination dans cinq pharmacies.

Le gouvernement veut accélérer le rythme. Si 153 centres de vaccination ont été d’ores et déjà été ouverts en France et 20 322 personnes vaccinées contre la variole du singe, décrocher un rendez-vous rapidement devient de plus en plus compliqué. Avec 2 423 cas recensés en France au 4 août, associations et élus ont critiqué le gouvernement, appelant à accélérer le rythme de la vaccination. Le ministère de la Santé a donc annoncé lundi 8 août l’expérimentation en pharmacie.

Dans cinq officines, situées en Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans les Hauts-de-France, les pharmaciens pourront administrer le vaccin à partir du mercredi 10 août et pour deux semaines.

Cette expérimentation testera les « modèles d’organisation entre les officines et les hôpitaux qui reçoivent les doses », ont expliqué les autorités. Elle permettra d’évaluer la pertinence d’étendre ou non la campagne de vaccination à d’autres pharmacies.

Pour Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon (Paris), « il faut des solutions rapides, et l’une d’entre elles est de solliciter les pharmacies d’office ». Car « le compte n’y est pas en termes de vaccination : au rythme actuel, il faudra six mois pour vacciner tout le public cible. Et on ne peut pas attendre décembre », assure-t-il.

« On sait depuis le Covid-19 que les pharmaciens savent gérer les doses »

À l’heure actuelle, le public ciblé comprend uniquement les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les individus ayant des partenaires sexuels multiples, les personnes trans, les travailleurs du sexe, les professionnels exerçant dans des lieux de consommation sexuel et le personnel soignant.

Pour le ministère de la Santé, cette expérimentation permettra d’ »évaluer s’il n’y a pas de pertes de doses ». Le vaccin anti-variole présente plusieurs difficultés : il doit impérativement être maintenu à très basse température (-80°C) et « ne peut se conserver que quinze jours » une fois décongelé, explique le ministère. Les vaccins étant conditionnés dans des boîtes de vingt doses, ils doivent donc trouver preneurs rapidement.

Un argument que réfute Gilles Pialoux, également président de la Société française de lutte contre le sida : « Il est bien dommage qu’on ne garde la vaccination en pharmacie qu’en phase expérimentale pour l’instant. On sait déjà depuis le Covid-19 que les pharmaciens savent très bien comment vacciner et gérer les doses ».

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« Il n’y a pas de manque de doses, mais un manque de bras »

Selon Gilles Pialoux, l’actuelle lenteur de la vaccination n’est pas due à un « manque de doses, mais à un manque de bras » en France.

Le poids de cette nouvelle épidémie pourrait « peser sur l’hôpital public, alors qu’on n’en peut plus », explique le médecin. « À l’hôpital Tenon, par exemple, on ne peut pas recevoir plus de dix personnes atteintes de variole de singe ou suspectées de l’être. La procédure est longue. Ce n’est pas comme avec le Covid-19 où il suffit d’un coton dans le nez pour tester : il y a la prise en charge, la prévention, faire des tests d’IST, il faut rechercher les contacts et surtout les différentes lésions, qui peuvent être très difficiles à repérer ».

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Une « prévention combinée » face à une « maladie complexe »

Les spécialistes appellent également à ne pas compter que sur la vaccination. « Nous devons appliquer la prévention combinée », recommande Gilles Pialoux. « Et aussi appeler à la diminution de risques notamment dans les rapports sexuels, améliorer le dépistage et tout le protocole qu’on avait établi avec le Covid-19 mais qui a été relâché. »

Le diagnostic est également à améliorer, selon le médecin, d’autant qu’il s’agit « d’une maladie très complexe, avec beaucoup de manifestations différentes : sur le terrain, on a découvert que cela pouvait se présenter comme des angines, ou bien des lésions nasales, voire dans les oreilles – autant des zones qui ne sont pas visées dans les rapports sexuels. Pis, il y a des données françaises qui montrent qu’une personne infectée sur dix n’a qu’une seule lésion dans le corps », au lieu d’une multitude de marques cutanées comme « présenté dans les manuels médicaux ».

« Le futur de cette épidémie dépend de plusieurs questions : est-ce que le virus va s’étendre en dehors de la cible actuelle ? Est-ce qu’on va pouvoir diversifier l’offre de dépistage ? Et surtout, il y a un grand travail de communication à faire, notamment auprès du public ».

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Avec AFP



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