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L’Estonie et la Finlande veulent interdire le tourisme russe dans l’Union européenne


La première ministre finlandaise, Sanna Marin, discute avec son homologue estonienne, Kaja Kallas, à Bruxelles, le 15 décembre 2021.

« Il est temps d’en finir avec le tourisme russe. » Kaja Kallas, la première ministre estonienne, a marqué les esprits en appelant, mardi 9 août, l’Union européenne (UE) à ne plus délivrer de visas touristiques aux ressortissants russes. « Visiter l’Europe est un privilège, et pas un droit », a-t-elle écrit sur Twitter. A l’instar des autres pays baltes, de la Pologne ou de la République tchèque, son pays n’octroie plus, à quelques exceptions près, de visas aux citoyens russes depuis le 28 juillet. Kaja Kallas souhaite que toute l’UE suive cet exemple.

Depuis l’assouplissement, en juillet, de restrictions au voyage dues au Covid-19, les ressortissants russes viennent en nombre en Europe, et notamment dans les Etats baltes. Comme aucun vol n’est possible entre la Russie et l’UE depuis le 28 février, les Russes qui souhaitent voyager à l’ouest pénètrent dans l’espace Schengen en franchissant la frontière terrestre les séparant notamment de la Finlande, de l’Estonie et de la Lettonie.

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La première ministre finlandaise, Sanna Marin, s’est, elle aussi, montrée favorable à l’idée d’une interdiction européenne d’octroi de visas touristiques aux Russes. En Estonie, Marika Linntam, directrice générale des affaires européennes au ministère des affaires étrangères, contactée par Le Monde, estime qu’il s’agit « d’un enjeu moral ». « La Russie a déclenché une guerre injustifiable. Dès lors, pourquoi serait-il si facile à ses ressortissants de venir faire du shopping en Europe, pour acheter des marques qu’ils ne peuvent plus trouver chez eux ? La vie quotidienne des citoyens russes ne doit pas continuer comme si de rien n’était. Nous voulons que les Russes sachent que cette guerre a des conséquences », affirme-t-elle. « Les sanctions les plus importantes consistent à fermer les frontières » aux Russes, a récemment insisté le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans un entretien au quotidien américain Washington Post.

Pas de généralisation

L’Estonie a envoyé un message politique clair… qui n’a pas toujours été reçu avec enthousiasme à Bruxelles. Le code européen des visas ne prévoit pas d’interdiction généralisée et automatique de délivrance d’un tel document. Il repose sur une analyse des demandes sur une base individuelle. Bien sûr, les Etats membres pourraient décider de faire autrement, dans le cadre de la politique de sanctions. Avant d’interdire les visas touristiques, le Conseil de l’Union européenne, composé des gouvernements des Vingt-Sept, pourrait suspendre ou abroger l’accord de facilitation de l’obtention de visas qui lie la Russie et l’UE. Ce régime permet aux ressortissants russes d’obtenir plus rapidement et à des prix réduits des visas européens. Il est partiellement suspendu depuis le 25 février pour certaines catégories de personnes, liées au pouvoir russe : parlementaires, membre des gouvernements nationaux ou régionaux, représentants d’organisations professionnelles.

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