fbpx

une menace en baisse mais dopée par la propagande en ligne et le Covid


Une plaque commémorative au bar Le Carillon et au restaurant Le Petit Cambodge en hommage aux victimes des attaques terroristes du 13 novembre 2015, à Paris.

Il y a plusieurs manières de lire le dernier rapport publié en juillet par l’organisme européen Europol sur la situation et les tendances du terrorisme en Europe. La plus factuelle se résume à un chiffre : on est passé, de 2020 à 2021, de 57 à 15 attentats et projets d’attentats déjoués sur le sol européen. Il s’agit donc d’une spectaculaire diminution par rapport aux années précédentes, marquées par une vague conséquente d’attaques. Mais il est trop tôt pour affirmer que l’épisode, qui s’était ouvert en 2013-2014, est désormais terminé. Le rapport d’Europol ne note pas encore de conséquence à la suite de la prise de pouvoir des talibans à Kaboul, en août 2021.

Parmi les quatre attentats réalisés en 2021, trois émanaient de la mouvance djihadiste (en France, en Espagne et en Allemagne) et un de l’ultragauche. Cette menace reste la plus importante aujourd’hui en Europe, avec 11 attaques et projets sur les 15 recensés. La France, visée par un attentat au commissariat de Rambouillet, et quatre projets, est le pays le plus touché au sein de l’UE.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Nathalie Goulet : « Les cryptomonnaies pourraient alimenter en armes le grand banditisme, les réseaux djihadistes et les milieux de suprémacistes blancs »

Une chose semble sûre : les grandes organisations djihadistes, que ce soit Al-Qaida ou l’organisation Etat islamique (EI) ont les plus grandes peines du monde à mener des attaques d’envergure. L’essentiel des attentats djihadistes a été commis par des individus isolés, étrangers ou d’origine étrangère, endoctrinés sur Internet. Autre signe de cet affaiblissement des organisations djihadistes : les moyens rudimentaires (couteau ou véhicule bélier) utilisés dans le cadre des attentats menés à bien.

« Les acteurs isolés affiliés à l’extrémisme djihadiste ou d’ultradroite demeurent la principale menace de terrorisme potentiel et d’attaques violentes au sein de l’UE », souligne la directrice exécutive d’Europol, Catherine De Bolle, dans son propos introductif au rapport.

Mutations à l’ultradroite

Si le nombre d’attaques et de projets d’attentats provenant de l’ultradroite reste peu élevé − 3 en 2021 contre 4 en 2020 −, le nombre de suspects arrêtés au sein de cette mouvance est en forte croissance − il passe de 34 à 64 en un an −, alors que le nombre de suspects venant de la mouvance djihadiste reste stable (254 en 2020 et 260 en 2021, dont 96 rien que pour la France). Après la France, les pays où les activités djihadistes ont donné lieu au plus grand nombre d’arrestations sont l’Espagne et l’Allemagne, visées par des attentats en 2021, puis l’Autriche, encore sous le coup de celui de Vienne à l’automne 2020 et, enfin, la Belgique.

Il vous reste 39.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.