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L’Orchestre philharmonique du Liban tente de se relancer


Le maestro Harout Fazlian (au centre, de dos), avec l’Orchestre philharmonique du Liban, le 16 août 2022, lors d’une répétition du concert en hommage à Charles Aznavour au Casino du Liban à Maameltein, au nord de Beyrouth.

Jadis, le Tout-Beyrouth se pressait dans la nef de l’église Saint-Nicolas, à Achrafiyé, pour le concert gratuit du vendredi de l’Orchestre philharmonique du Liban. Trente œuvres du répertoire classique y étaient jouées, chaque saison, par les quatre-vingt-quinze musiciens réunis sous la baguette du maestro Harout Fazlian. C’était avant que le pays ne se ferme en raison de la pandémie causée par le coronavirus, que les quartiers autour du port ne soient dévastés par une explosion, le 4 août 2020, et que le Liban ne s’enfonce dans une crise économique dont il ne voit plus le bout.

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L’ensemble symphonique n’en est pas sorti indemne, et la reprise des concerts, au rythme d’un rendez-vous par mois, est devenue une rare occasion pour les musiciens de se retrouver. « L’Orchestre philharmonique a toujours été une plate-forme essentielle dans la culture libanaise et la capitale, mais il a été frappé par une grave crise, comme toute la culture au Liban. La musique nous donne une impulsion malgré l’abattement. Il y a un esprit de cohésion et de désespoir positif », confie le violoniste libanais Mario Rai, un virtuose de 38 ans.

La quarantaine de musiciens étrangers qui avaient rejoint le Philharmonique après sa création en 1999, notamment d’Europe de l’Est et de Russie, ont quitté le pays. Les autres, originaires des quatre coins du Liban, n’arrivent plus à payer l’essence pour venir aux concerts ou au conservatoire. Ils donnent leurs cours en ligne ou à domicile plutôt qu’au Conservatoire national supérieur de musique, qui n’a plus assez de budget pour payer l’électricité. Leurs salaires, jadis compris entre 2 000 et 3 000 dollars, n’équivalent plus qu’à 100 à 200 dollars avec la dégringolade de la devise nationale. Ils arrondissent les fins de mois avec quelques concerts organisés par les universités, les festivals et surtout, pour certains, l’accompagnement de stars de la pop libanaise lors de concerts dans le Golfe arabo-persique.

« Un premier pas »

Faire vivre l’Orchestre philharmonique est une bataille pour son directeur, le maestro Fazlian. Déjà en pleine pandémie, en juillet 2020, le chef d’orchestre avait sorti les musiciens de leur isolement en organisant un concert dans les ruines de Baalbeck, sans public mais suivi par des millions de téléspectateurs. Depuis des mois, il se démène pour créer un nouveau rendez-vous, en compagnie de Joëlle Hajjar avec qui il a travaillé sur l’Expo 2020 de Dubaï – lui à la direction musicale, elle à la direction artistique du pavillon libanais.

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