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les républicains intensifient leurs attaques contre le vote par correspondance


Un électeur dépose son bulletin dans une urne sécurisée, à Phoenix (Arizona), une semaine avant les élections de mi-mandat, le 1er novembre 2022.

Il y a vingt ans, les Etats de l’Ouest américain étaient à l’avant-garde de la procédure électorale. En 1998, l’Oregon avait été le premier à adopter entièrement le vote par correspondance. En Californie, les électeurs n’avaient même pas besoin de présenter un motif d’absence. Dans le Colorado, ils pouvaient voter sur le parking de leur supermarché. Les élus locaux voyaient des progrès dans ces innovations. Un moyen d’augmenter la participation (tout en réduisant les coûts), dans un pays qui ne vote pas le dimanche ni un jour férié, mais « le mardi suivant le premier lundi du mois de novembre », précise la loi.

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Dans l’Ouest, il s’agissait aussi de compenser l’éloignement, la distance entre les ranches et les chefs-lieux de comté. La migration hivernale de milliers de retraités des villes du Nord (« les snowbirds ») vers les Etats ensoleillés, a accéléré la mise en place du vote par correspondance. Celui-ci s’est généralisé au reste du pays. Aujourd’hui, 27 Etats et le district de Columbia (Washington) offrent aux électeurs la possibilité de voter à l’avance, à distance, et sans excuse préalable. Huit Etats organisent même leurs élections entièrement par correspondance (sept dans l’Ouest plus le Vermont). Les électeurs reçoivent automatiquement leur bulletin de vote à domicile, sans avoir à en faire la demande. Ils déposent leur enveloppe soit à la poste, soit dans des boîtes en plein air, placées devant les bibliothèques, les églises, les maisons de retraite.

Vingt ans plus tard, c’est le grand retour en arrière. Les élections du 8 novembre donnent lieu, chez les conservateurs, à ce qu’il faut bien appeler un accès de paranoïa, à moins qu’il ne s’agisse d’une tentative d’interférer dans le déroulement du scrutin. Ces « drop boxes », qui étaient un symbole d’innovation, sont aujourd’hui celui de la suspicion. Les républicains remettent en question le vote par correspondance, qu’ils voient comme la source de la défaite de leur champion en 2020. Les machines sont jugées suspectes, considérées comme une proie facile pour les hackeurs démocrates. On parle même de revenir au dépouillement à la main.

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Les démocrates, à l’image de Joe Biden, s’inquiètent de cet « assaut contre la démocratie » mené depuis 2020 par les « deniers », les républicains qui contestent sa victoire et minent la confiance dans le processus électoral. En fait, le travail de sape avait commencé bien avant. Dès 2016, Donald Trump se déclarait « sceptique » sur le vote par correspondance, insinuant que les postiers pourraient interférer dans le processus. Il conseillait déjà à ses partisans de se présenter en personne au bureau de vote. En 2020, au début de l’épidémie de Covid-19, il s’est opposé au projet des démocrates d’inclure le financement de l’expansion du vote by mail dans le plan de sauvetage de l’économie, une proposition susceptible d’augmenter la participation. « Vous n’auriez plus jamais de républicain élu dans ce pays ! », expliquait-il à l’antenne de Fox News. A l’été, un bras de fer l’a opposé aux démocrates au sujet d’une réforme de la poste qui supprimait opportunément des services, à quelques mois du scrutin.

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