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processus électoral décentralisé, vote anticipé… comment les Américains se prononcent ?


Un homme à l’extérieur d’un bureau de vote pendant le vote anticipé à Los Angeles (Californie), le 1er novembre 2022.

La tradition veut qu’elles se déroulent toujours le mardi suivant le premier lundi du mois de novembre : cette année, c’est le 8 novembre que sont organisées les midterms. Ces élections de mi-mandat aux Etats-Unis se tenant deux ans après l’arrivée au pouvoir du président en exercice, elles font souvent figure de référendum sur le locataire de la Maison Blanche. Cette édition 2022 ne fera pas exception.

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Pour quoi vont voter les Américains ?

Les Américains votent pour le renouvellement complet de la Chambre des représentants et pour un tiers du Sénat – les deux chambres qui constituent le Congrès –, comme le veut la Constitution.

En 2022, les mandats des 435 élus de la Chambre – 220 démocrates, 212 républicains, 3 sièges vacants – sont remis en jeu. Au Sénat, il s’agit de 35 des 100 sièges : 14 pour les démocrates et 21 pour les républicains.

Au-delà du renouvellement du Congrès, les habitants de vingt-sept Etats éliront leur secrétaire d’Etat : 13 sont en lice pour les démocrates, 14 pour les républicains. Ils désigneront aussi 6 279 représentants des pouvoirs exécutifs et législatifs locaux à travers le pays. Par ailleurs, 36 des 50 Etats élisent leurs gouverneurs, notamment la Californie, l’Etat de New York, la Floride et le Texas.

Enfin, 133 référendums locaux sont organisés. Ils portent notamment sur l’éducation, les impôts, les infrastructures, l’avortement, la santé ou encore la légalisation de la marijuana à des fins récréatives. Comme l’explique Corine Lesnes, correspondante du Monde, « à San Francisco, les électeurs auront 55 cases à cocher (à l’encre bleue ou noire). Trente-quatre concernent des candidats, 21 des référendums ».

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Qui a la possibilité de voter ?

Schématiquement, pour voter, il faut être citoyen américain, âgé d’au moins 18 ans et être inscrit sur les listes électorales. Mais qui dit Etat fédéral, dit particularités locales : le processus électoral est extrêmement décentralisé. Les scrutins sont gérés par les Etats, qui en délèguent les modalités aux comtés (3 143) et aux villes. Dans chacun d’eux, le gouverneur, le procureur général et le secrétaire dudit Etat sont chargés de veiller à ce que les élections soient libres, équitables et sûres.

Les dates limite d’inscription sur les listes varient, là encore, selon les Etats : le Dakota du Nord n’en exige aucune, tandis qu’une vingtaine d’autres autorisent les électeurs à s’inscrire jusqu’au jour même du scrutin.

Les non-citoyens, y compris les résidents permanents, ne peuvent pas voter aux élections fédérales et à la plupart des élections locales. Certaines personnes ayant été condamnées ou purgeant une peine de prison ne peuvent pas voter – avec toutefois quelques particularités locales. Même principe pour les Américains souffrant de troubles mentaux.

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La bataille du vote anticipé et de la mobilisation

Sur le papier, l’élection se déroule le 8 novembre. Mais 46 Etats permettent de voter par anticipation, en présentiel ou par correspondance – un dispositif en vigueur depuis la guerre de Sécession.

Dans le Minnesota, le Dakota du Sud, la Virginie et le Wyoming, les électeurs ont déjà pu se prononcer depuis la fin du mois de septembre, mais la majorité des Etats ouvrent cette possibilité en octobre. Là encore, il y a des particularités locales : en Alaska ou en Pennsylvanie, par exemple, les dates de vote anticipé varient selon le comté ; en Alabama ou dans le Connecticut, les électeurs n’ont pas la possibilité de se déplacer dans un bureau de vote.

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Lors des élections de 2020, le vote anticipé et à distance avait battu des records, de nombreux électeurs préférant glisser leur bulletin en avance dans l’urne pour éviter la foule le jour du scrutin, Covid-19 oblige.

Une tendance qui se confirme deux ans plus tard : au 31 octobre, plus de 21 millions d’Américains avaient déjà fait leur choix, selon les données analysées par l’US Elections Project. Un fort engouement pour le vote anticipé laisse présager une participation élevée.

En 2018, lors des dernières midterms, plus de 117 millions d’Américains avaient voté, soit un taux de participation inédit de 50 %, le plus élevé depuis 1978 – contre seulement 36,7 % en 2014. Un regain d’intérêt observé aussi lors de la présidentielle de 2020 : plus de 158,4 millions d’électeurs s’étaient rendus aux urnes, selon le centre de recherche Pew Research Center, soit un taux de participation 62,8 %.

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L’ouverture des bureaux de vote et l’annonce des résultats

Le processus électoral étant très décentralisé, les horaires d’ouverture des bureaux de vote ne sont pas unifiés à l’échelle du pays. Dans le Vermont, ils ouvrent à 5 heures, contre 6 heures à 7 heures dans la majorité des Etats. Ils ferment en général entre 18 heures et 20 heures. Compte tenu de cette donnée et des différents fuseaux horaires, la fermeture s’étale donc de minuit (heure de Paris) pour le Kentucky à 6 heures mercredi, pour Hawaï et l’Alaska.

L’agence Associated Press (AP) prévient que les résultats publiés le soir de l’élection sont officieux et toujours incomplets, qu’ils varient inévitablement à mesure que davantage de bulletins de vote sont comptés.

Si certains Etats permettent aux assesseurs de commencer le dépouillage des bulletins reçus par correspondance plusieurs jours à l’avance, pour vérifier les registres électoraux, les copies des pièces d’identité, les signatures, d’autres imposent d’attendre le jour du scrutin, ce qui retarde de fait le décompte.

Pour les républicains, en particulier, l’attente avant la publication des résultats est vécue comme une raison de se méfier de l’intégrité des élections. Pourtant, l’agence de cybersécurité du gouvernement fédéral a considéré que l’élection de 2020 a été « la plus sûre de l’histoire américaine »… justement en raison d’un recours accru aux bulletins de vote sur support papier.

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