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Volée de critiques sur la visite d’Olaf Scholz en Chine


Le chancelier allemand, Olaf Scholz, à Berlin, le 2 novembre 2022.

Malgré sa brièveté, le déplacement n’aura rien d’une formalité. Vendredi 4 novembre, Olaf Scholz ne restera que onze heures à Pékin, mais, avant même d’avoir lieu, cette première visite en Chine du chancelier allemand s’annonce plus périlleuse que toutes celles – douze au total – qu’Angela Merkel a effectuées dans ce pays pendant ses seize années au pouvoir (2005-2021).

Outre-Rhin, les critiques sont nombreuses contre ce voyage éclair volontiers considéré comme intempestif. Selon le leader de la droite allemande, Friedrich Merz (Union chrétienne-démocrate), Olaf Scholz « ne pouvait choisir un pire moment » pour se rendre à Pékin, moins de deux semaines après le 20congrès du Parti communiste chinois, « lors duquel des menaces violentes ont été proférées contre Taïwan et où le prédécesseur du président Xi Jinping, Hu Jintao, s’est fait sortir de la salle devant les yeux du monde entier ». Même au sein du gouvernement allemand, la date de cette visite officielle, la première d’un dirigeant européen en Chine depuis le début de la pandémie de Covid-19, suscite un sérieux malaise. « C’est le chancelier qui a décidé de faire ce voyage à ce moment-là », a commenté la ministre des affaires étrangères, Annalena Baerbock (Verts), mardi 1er novembre, depuis Tachkent.

Douze jours après la reconduction de M. Xi pour un troisième mandat à la tête du Parti communiste, l’aller-retour de M. Scholz à Pékin a également lieu une semaine après que le chancelier a donné son feu vert à une prise de participation du groupe public chinois Cosco dans un terminal de conteneurs du port de Hambourg. Même s’il a été acté que Cosco ne pourrait acquérir que 25 % des parts, et non 35 % comme il le souhaitait, cette décision a suscité de vives résistances au sein du gouvernement allemand, pas moins de six ministres s’étant prononcés contre une opération risquant d’ouvrir la voie à la prise de contrôle d’une infrastructure stratégique par un groupe étranger.

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Le fait que M. Scholz ait dirigé Hambourg de 2011 à 2018 n’a rien arrangé à l’affaire. « Un maire de Hambourg peut faire de la politique étrangère comme un commerçant. Mais agir ainsi quand on est chancelier allemand revient à violer les intérêts de l’Allemagne et de l’Europe », écrit Thorsten Benner, directeur du centre de réflexion berlinois Global Public Policy Institute, dans un article paru lundi 31 octobre dans la revue américaine Foreign Policy.

« Pas de stratégie claire »

Une semaine avant la visite de M. Scholz à Pékin, le feu vert donné à Cosco est vu comme un signal très inquiétant par ceux qui estiment que l’Allemagne doit se montrer beaucoup plus ferme vis-à-vis de la Chine qu’elle ne l’était sous Mme Merkel. « Scholz court après une Chine qui n’existe plus. Alors que la Chine a profondément changé, Scholz fait du “Merkel as usual” », déplore l’eurodéputé allemand Reinhard Bütikofer (Verts), président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec la Chine. De la part de cet ancien président des Verts allemands (2002-2008), parti membre de la coalition du social-démocrate Olaf Scholz, l’accusation est sévère. « Le contrat de coalition que nous avons signé fin 2021 dit clairement que l’Allemagne doit se montrer beaucoup plus exigeante à l’égard de la Chine. Il faut croire que le chancelier ne se sent pas lié par cet engagement », regrette M. Bütikofer.

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