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A Wuhan en Chine, une COP consacrée aux zones humides


Des agents de sécurité au bord du lit asséché d’un affluent du fleuve Yangtze dont ils viennent d’évacuer les badauds, dans la municipalité de Chongqing, au sud-ouest de la Chine, le 20 août 2022. La sécheresse généralisée qui a touché de grandes parties de l’Europe, des États-Unis et de la Chine cet été a été rendue vingt fois plus probable par le changement climatique, selon une nouvelle étude.

Un peu éclipsée par la COP27 sur les changements climatiques et la COP15 qui se tiendra à Montréal en décembre sur la biodiversité, la Chine préside actuellement la COP14 sur la protection des zones humides. Celle-ci se déroule officiellement du 5 au 13 novembre à Wuhan (Chine) mais aussi à Genève, la politique zéro Covid de Pékin dissuadant la quasi-totalité des intervenants étrangers de se rendre en Chine.

Signe de l’importance que le sujet revêt pour Pékin, le président Xi Jinping a envoyé un message aux participants à l’ouverture de leurs travaux. De même, Pékin a fait adopter dimanche une « déclaration de Wuhan ». Celle-ci déplore que, malgré les engagements pris par la communauté internationale à Ramsar, en Iran, en 1971, « l’étendue des zones humides naturelles a diminué de 35 %, entraînant une perte d’écosystèmes irremplaçables ». Les parties prenantes « s’efforceront de prendre toutes les mesures appropriées pour faire cesser et inverser la perte des zones humides à l’échelle mondiale ».

Le texte « reconnaît le rôle important joué par la société civile et les parties prenantes non gouvernementales, notamment les femmes et les jeunes, ainsi que les communautés locales, dans la mise en œuvre de la convention » de Ramsar. Un paragraphe pas totalement anodin sous la plume de la Chine.

Soutien à la Russie

Mais la conférence ministérielle qui s’est tenue dimanche par vidéo a donné lieu à un incident. Selon nos informations, la Chine qui assurait la traduction des interventions dans différentes langues a censuré les passages concernant l’Ukraine qui figuraient dans deux prises de parole : celle du représentant de la France, effectuée par le consul général à Wuhan, et celle de l’ambassadrice de la Slovénie, effectuée depuis Genève. Le texte français disait : « Les zones humides sont parmi les écosystèmes les plus riches de la planète. Ils sont aussi parmi les plus menacés. Les crises ne les épargnent pas. Les conflits ne les épargnent pas. A cet égard, la France condamne avec la plus grande fermeté l’agression non provoquée et injustifiée perpétrée contre l’Ukraine. Elle constitue une violation flagrante du droit international et de la charte des Nations unies ». Ce passage n’a non seulement pas été traduit ni en chinois ni en anglais mais les interprètes lui auraient substitué des propos anodins.

Lire aussi : Les zones humides, un patrimoine universel en péril

Le 27 octobre, Wang Yi, le ministre des affaires étrangères chinois, s’était entretenu par téléphone avec son homologue russe Sergueï Lavrov. « La Chine soutiendra fermement la partie russe, sous la direction du président Vladimir Poutine, pour qu’elle unisse et conduise le peuple russe à surmonter les difficultés et à éliminer les perturbations, à atteindre les objectifs de développement stratégique et à améliorer la place de la grande puissance de la Russie sur la scène internationale », précise le compte rendu chinois.



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