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Joe Biden, un réformateur qui ne parvient pas à convaincre après deux ans de mandat


Joe Biden et Barack Obama, lors d’un rassemblement pour John Fetterman, candidat démocrate au Sénat de Pennsylvanie, et Josh Shapiro, candidat démocrate au poste de gouverneur, le 5 novembre 2022, à Philadelphie (Pennsylvanie).

Le contraste entre Barack Obama et Joe Biden semble si cruel, lorsqu’ils se retrouvent devant les caméras. Ce fut encore le cas le 5 novembre à Philadelphie (Pennsylvanie), où les deux démocrates étaient venus apporter leur soutien à John Fetterman, candidat au poste de sénateur. Joe Biden n’a ni le charisme ni les mots aiguisés de Barack Obama, orateur exceptionnel en cette fin de campagne, au gré d’une tournée de meetings. Il bafouille souvent et fait son âge. Pourtant, la forme n’est pas tout. A mi-mandat, le président américain peut s’enorgueillir d’un bilan réformateur inespéré, dans une Amérique fracturée, avec un Sénat acquis à son parti par la plus fragile des marges (50-50, avec une voix déterminante pour la vice-présidente, Kamala Harris).

« Y a-t-il eu un seul autre président ayant fait autant que moi en un an ? Citez-m’en un », demandait Joe Biden à la presse, dès le 19 janvier 2022, pour son premier anniversaire à la Maison Blanche. Ce jour-là, le président refusait la suggestion qu’il s’était déporté vers la gauche. « Je l’aime bien, mais je ne suis pas Bernie Sanders. Je ne suis pas un socialiste. Je suis un démocrate mainstream, je l’ai toujours été. » C’est aussi une affaire de circonstances. A l’issue des primaires, avant la présidentielle de 2020, Joe Biden avait obtenu le soutien de l’aile gauche en adoptant en partie sa rhétorique et ses idées. Une union sacrée pour battre Donald Trump, mais aussi pour répondre aux défis du moment. La pandémie de Covid-19 a rappelé l’ampleur des inégalités de revenus, qui n’ont cessé de se creuser depuis les années 1980.

Un clin d’œil appuyé aux jeunes

Deux ans plus tard, la gauche du parti a largement gagné dans les idées, mais ne célèbre guère Joe Biden, qui ne vient pas de ses rangs et sait l’électorat rétif aux aspirations radicales. « Historiquement, les présidents comme Lyndon Johnson ou Obama ayant eu des succès législatifs appréciables subissent souvent des défaites cuisantes aux élections de mi-mandat, souligne Antoine Yoshinaka, professeur de sciences politiques à l’université de Buffalo, dans l’Etat de New York. Pour Biden, il est important de ne pas se faire percevoir comme un gauchiste, surtout dans la perspective d’une éventuelle candidature à la présidentielle [de 2024]. »

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Depuis cet été, Joe Biden a pourtant insisté sur des marqueurs dits de gauche. Il fallait remobiliser son camp à l’approche des midterms. Dans la foulée de la suppression de l’avortement comme droit garanti au niveau fédéral, fin juin, par la Cour suprême, le président a demandé aux électeurs une nouvelle majorité démocrate dans les deux Chambres, pour inscrire le recours à l’IVG dans la loi fédérale. Fin août, la Maison Blanche a annoncé une annulation partielle de la dette étudiante, une décision très populaire, concernant potentiellement 43 millions de personnes. Cette dette a triplé en quinze ans, devenant un sujet prioritaire au sein de la gauche.

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