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moment de vérité pour une démocratie américaine sous tension


Un rassemblement « Save America » avant les élections de mi-mandat, à l’aéroport régional Arnold Palmer de Latrobe (Pennsylvanie), le 5 novembre 2022.

Il existe bien des façons d’aborder les élections de mi-mandat, organisées aux Etats-Unis mardi 8 novembre. Par le balancier naturel de la politique : elles sont généralement défavorables au parti au pouvoir. Les républicains espèrent reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, et peut-être du Sénat, qui se jouera dans une poignée d’Etats-clés. Si cela advenait, la Maison Blanche se transformerait pendant deux ans en citadelle, soumise aux investigations lancées par la droite. Mais la prudence s’impose : depuis août, cinq élections partielles ainsi qu’un référendum au Kansas sur l’avortement ont permis aux démocrates de bien figurer, à la surprise générale. Et le poids spectaculaire du vote anticipé – déjà 40 millions de bulletins – n’est pas réellement pris en compte dans les sondages.

Il s’agit également du premier scrutin post-Covid, Joe Biden ayant annoncé mi-septembre que « la pandémie [était] finie ». Celle-ci a été inexistante dans les débats nationaux, mais elle a joué un rôle majeur dans la propagation d’une hostilité et d’une paranoïa, à droite, contre les experts et les élites fédérales. Le sujet dominant est la question économique. Un pessimisme profond règne sur l’orientation du pays, que les démocrates ont semblé minorer, à tort. L’inflation (8,5 % sur un an) est un rare sujet transpartisan, frappant davantage en proportion les foyers les plus fragiles.

Et puis, il y a l’histoire plus longue, le reflet de l’Amérique en son miroir. Rarement les sondages auront paru aussi incertains, au-delà d’une participation importante, annoncée par le vote anticipé. Mais ces midterms ne peuvent se résumer à une question d’alternance parlementaire éventuelle. Deux certitudes s’imposent déjà et ne dépendent pas de quelques sièges en faveur des rouges (républicains) ou des bleus (démocrates). La première concerne le retour à la normalité qu’incarne Joe Biden dans l’exercice du pouvoir, la restauration de la dignité présidentielle et d’un fonctionnement correct des institutions.

Lire l’enquête : Article réservé à nos abonnés Midterms 2022 : les républicains intensifient leurs attaques contre le vote par correspondance

Après l’ère Trump, cette correction est incontestable. Mais elle semble d’une extraordinaire fragilité, dès lors qu’elle se limite au seul pouvoir exécutif. Tout autour, les particules toxiques se sont intensifiées en deux ans. « La vérité est que Joe Biden ne l’a pas emporté avec 81 millions de voix, et si vous pensez qu’il l’a fait, c’est vous l’adepte des théories conspirationnistes », a expliqué Kari Lake il y a quelques jours, dans un renversement rhétorique qui témoigne de la confusion entretenue. Candidate au poste de gouverneur en Arizona, elle est parfois citée comme possible colistière de Donald Trump en 2024.

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