Réduction de l’immigration, confinement des non vaccinés… Ce qu’il faut retenir du débat LR



Réduction de l'immigration, confinement des non vaccinés... Ce qu'il faut retenir du débat LR

Au cours de la soirée, les candidats ont affiché leurs similitudes sur de nombreuses thématiques.

Plus de 2h30 d’échanges. Ce dimanche soir, les cinq candidats à l’investiture du parti de droite s’affrontaient de nouveau, à l’occasion d’un deuxième débat organisé par BFMTV et RMC. Immigration, sécurité, Covid-19, économie ou encore place de la France dans le monde… Les candidats ont évoqué plusieurs sujets majeurs au cours de la soirée, affichant leurs similitudes sur de nombreuses thématiques.

• Fermeté affichée contre le « chantage migratoire » mené par la Biélorussie

Sur l’épineux sujet des migrants bloqués à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, les cinq candidats ont assuré vouloir une réponse ferme contre le régime d’Alexandre Loukachenko. Pour eux, le président biélorusse instrumentalise cette crise à des fins de pression contre les institutions européennes.

« Ce qui se passe en Biélorussie est criminel », a estimé Michel Barnier, en s’interrogeant sur l’opportunité de traduire ‘Alexandre Loukatchentko « devant la Cour pénale internationale ». Mais « nous devons aider le gouvernement polonais à construire une frontière solide », a-t-il ajouté.

« L’Europe a le devoir de protéger ses frontières », a abondé Eric Ciotti. « Nous ne devons pas accueillir ces migrants car ce serait céder au chantage, on ouvrirait des brèches partout en Europe ». Un « chantage migratoire » également dénoncé par Valérie Pécresse, pour qui le président biélorusse « essaie de nous faire plier ». Elle comme Xavier Bertrand en ont appelé au HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés.

Finalement, Philippe Juvin a estimé que la « priorité des priorités » était de « prendre en compte l’aspect humanitaire » mais « être très ferme ». « L’espace Schengen ne fonctionne pas » et il faut « suspendre » ces accords régissant la libre circulation en Europe, selon lui.

• « Moratoire » ou « quotas »… quasi-unanimité sur l’immigration

Le sujet a fait consensus. Interrogés sur l’immigration, les cinq candidats à l’investiture des Républicains ont tous fait montre de leur volonté de réduire l’arrivée d’étrangers sur le territoire national.

« La France n’est pas un supermarché où on entre avec son caddie et on prend ce qu’on veut », a attaqué Philippe Juvin.

« Il faut limiter », a déclaré le maire LR de la Garenne-Colombes tout en expliquant que « l’idée d’immigration zéro ça n’est pas possible. » Il s’est notamment opposé à l’idée de réduire le nombre d’étudiants sur le territoire européen.

Pour Michel Barnier, il est important au contraire de mettre en place « un moratoire » sur l’immigration car selon lui, il faut donner « un coup d’arrêt immédiat à ces flux et même à tous les flux. »

« Le moratoire, c’est pas l’immigration zéro », a répliqué Valérie Pécresse selon qui « il faut cesser le droit du sol automatique y compris en métropole », pour que les enfants nés de parents étrangers « fassent un vrai choix » à leur majorité et qu' »on vérifie leur assimilation » à l’aune de leur « respect des valeurs de la République » et de leur « casier judiciaire vierge ».

De son côté, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a contre-attaqué en chiffrant les nouveaux « quotas » qu’il veut mettre en place. Il souhaite « baisser de 30% l’immigration du travail », « réduire de moitié l’immigration des étudiants qui viennent en France » et « diviser par trois l’immigration familiale ».

• Vives critiques contre Éric Zemmour, défendu par Eric Ciotti

Au cours du débat, la plupart des candidats LR ont partagé l’indignation des victimes du 13-Novembre après les accusations d’Éric Zemmour à l’endroit de François Hollande, devant le Bataclan, en marge des hommages aux victimes des attentats de 2015.

C’est Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, qui s’est montré le plus virulent à l’endroit du polémiste.

« En cette journée anniversaire, qu’est-ce qu’on attendait? De la dignité et du respect. Visiblement, dignité et respect ne sont pas deux notions qui habitent monsieur Zemmour », a-t-il taclé.

Dans sa réflexion, il a été rejoint par Michel Barnier. « Je trouve que c’était un moment de recueillement qui méritait davantage de respect », avance-t-il, dénonçant une « provocation ». Valérie Pécresse a abondé, évoquant l’importance pour elle de « ne pas faire de politique dans un moment de recueillement ».

Éric Zemmour n’a semble-t-il trouvé grâce qu’aux yeux d’Eric Ciotti. « Je suis étonné, chacun est libre de gérer son attitude comme il le souhaite », dit-il. « Il y avait un hommage, il y avait un moment, on est dans un pays de libertés donc moi je ne vais pas jouer, faire des procès d’intention par rapport à ce que fait untel ou untel. »

« Chacun est libre dans notre pays, heureusement encore », a-t-il ajouté. « Pourquoi ce procès de Moscou parce qu’il a été sur le lieu d’un attentat? »

• Divisions sur l’idée d’un reconfinement des non vaccinés

C’est l’une des rares questions à avoir profondément divisé les prétendants LR. Quelques heures après que le chancelier autrichien Alexander Schallenberg a confirmé que les individus non-vaccinés sur le territoire national devraient se soumettre à un nouveau confinement, les cinq candidats républicains ont été interrogés quant une possible application de cette mesure en France.

Dans un premier temps, Xavier Bertrand et de Valérie Pécresse n’ont pas exclu d’y recourir si la situation sanitaire le nécessite. « S’il y a des décisions difficiles à prendre, je les prendrai à l’égard des non-vaccinés », a expliqué le président de la région des Hauts-de-France. La présidente de la région francilienne a elle aussi estimé que « s’il y a une recrudescence de la pandémie », elle envisagerait « uniquement le reconfinement des non-vaccinés ».

En revanche, Philippe Juvin, Michel Barnier ainsi que Éric Ciotti ont montré leur désaccord. « Je pense que si j’étais président de la République la première décision que je prendrai ce serait d’aller expliquer à ceux qui n’ont pas été vaccinée, une fois ou deux, de le faire », a estimé le premier, le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris. « Il faut mettre toute notre énergie pour aller chercher ces gens qui n’ont pas été vaccinés avant de leur mettre des contraintes. »

Pour Michel Barnier, « le pass sanitaire c’est l’outil pour la vaccination ». « Il faut faire confiance aux Français, davantage qu’on l’a fait », a-t-il plaidé. « Ils ont été très civiques, courageux. Je pense qu’on doit leur faire confiance et gérer cette crise de manière moins verticale et solitaire. »



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