Rappel vaccinal, pass sanitaire, masque… Les pistes du gouvernement pour endiguer la 5e vague



Rappel vaccinal, pass sanitaire, masque... Les pistes du gouvernement pour endiguer la 5e vague

Un Conseil de défense sanitaire se tient ce mercredi matin à l’Elysée, en préambule à un Conseil des ministres.

Course contre le virus. Face à l’explosion du taux d’incidence et à la dégradation de la situation épidémique, deux jours après la contamination de Jean Castex au Covid-19, un Conseil de défense sanitaire se réunit ce mercredi à l’Elysée en préambule à un Conseil des ministres.

« Cette cinquième vague commence de façon fulgurante », a alerté le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal dimanche.

Alors que 6000 classes sont fermées en raison de l’épidémie, des annonces sont attendues ce mercredi. Sur la table de travail de l’exécutif, plusieurs options sont examinées pour enrayer la progression de cette cinquième vague.

• Renforcer les contrôles du pass sanitaire

En vigueur depuis le mois de juillet dernier, la présentation du pass sanitaire est censée conditionner l’accès aux cafés, restaurants, lieux de culture ou encore les transports au long cours comme les avions ou trains inter-régionaux.

Le gouvernement table désormais sur un renforcement des contrôles pour vérifier l’effectivité de l’application du pass.

Pour présenter un pass sanitaire valide, il est nécessaire d’avoir un schéma vaccinal complet ou d’avoir effectué un test PCR datant de moins de trois jours, ou antigénique datant de moins de 48 heures.

Le résultat d’un test PCR attestant de la positivité au virus, datant d’au moins 11 jours et de moins de six mois est également valable.

• Clarifier les règles du port du masque en intérieur

Dans les lieux clos dont l’accès est conditionné à la présentation du pass sanitaire, le port du masque n’est plus obligatoire, a édicté le gouvernement.

Néanmoins, il reste de facto demandé dans de nombreux endroits, comme les lieux de culture puisque cette règle est à la discrétion des gérants ou du préfet du département. Une latitude qui entraîne une pluralité de situations, où l’on peut peiner à se retrouver.

« Il y a autant de consignes que d’établissements, il faut clarifier », prône auprès de BFMTV un ministre participant au Conseil de défense.

Un renforcement des contrôles effectués par les forces de l’ordre est aussi à l’étude.

• Le rappel vaccinal envisagé pour tous dès 6 mois après la 2e dose

Autre levier d’action, l’élargissement de la campagne de rappel vaccinal à tous les adultes dès six mois après l’obtention d’un schéma vaccinal complet (deux doses de sérum ou une unique dose injectée après avoir contracté le virus).

Cette campagne de rappel est ouverte depuis le mois de septembre aux personnes âgées de plus de 65 ans, atteintes d’une maladie grave ou encore aux soignants, six mois après la dernière injection du médicament. La campagne sera ouverte à partir du 1er décembre pour les plus de 50 ans.

Pour endiguer l’épidémie, l’exécutif envisage désormais d’ouvrir ce rappel à tous.

« C’est aussi une mesure barrière qui freine la circulation du virus », défend le ministre précité auprès de BFMTV.

Pour l’exécutif, la question principale est celle du déploiement de cette mesure: faudrait-il ouvrir progressivement la campagne de rappel, en commençant par les plus de 40 ans, ou directement pour tous dès 12 ans, six mois après la dernière injection?

Vendredi, la Haute autorité de santé a préconisé d’injecter la dose de rappel dès 40 ans, six mois après la vaccination complète. Le Conseil scientifique et le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale se prononcent quant à eux pour un rappel pour tous les adultes, compte-tenu du fait que l’efficacité des vaccins diminue au fil du temps.

Si d’aventure cette ouverture était entérinée ce mercredi, la question de l’intégration de la dose de rappel au pass sanitaire n’est toutefois pas encore actée pour ces nouvelles tranches d’âge. Logiquement, cela devrait toutefois être le cas « dans un souci d’égalité sachant que c’est déjà prévu pour les plus de 65 ans », selon un conseiller à BFMTV.

A partir du 15 décembre prochain, les personnes de plus de 65 ans déjà pleinement vaccinées devront justifier de l’administration d’une dose de rappel pour continuer à présenter un pass sanitaire valide sans nécessité de réaliser un test.

• La vaccination des enfants pas encore à l’étude

Face à l’explosion du taux d’incidence chez les enfants de 6 à 10 ans, qui a augmenté de 148% en une semaine, la vaccination des enfants est une question qui se pose. Toutefois, le gouvernement ne devrait pas plancher à ce stade dessus.

La semaine passée, l’Académie nationale de médecine s’est prononcée en faveur d’une ouverture de la vaccination des enfants, mais pas généralisée. L’institution propose « d’élargir l’immunisation contre le Covid-19 par le vaccin (de Pfizer/BioNTech) aux enfants à risque de formes graves en raison de comorbidité, quel que soit leur âge, ainsi qu’aux autres enfants vivant dans leur environnement familial et scolaire ».

A ce jour, la vaccination est ouverte à partir de 10 ans. Dans certains pays comme en Israël ou aux Etats-Unis, elle est accessible à compter de six ans.

• Une prise de parole de Véran privilégiée

Selon leur ampleur, les annonces seront faites soit dans la foulée du Conseil de défense ou plus tard, par exemple lors d’une conférence de presse du ministre de la Santé Olivier Véran.

Initialement, la venue de Jean Castex au journal télévisé de 13 heures était envisagée afin de marquer les esprits, mais compte-tenu de la contamination et de l’isolement du chef du gouvernement, ce n’est plus l’option qui tient la corde. L’exécutif veut montrer en communiquant que sa gestion de la crise n’est pas opaque ou verticale.

A noter que ni le télétravail, ni la réinstauration de jauges ne font pas partie des sujets étudiés en priorité par l’exécutif. La réinstauration d’un couvre-feu ou même d’un confinement sont encore moins envisagées, même si toutefois, le gouvernement ne les exclut pas, « par principe », comme l’avait déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal la semaine passée.

Au sein du gouvernement, on se refuse à verser dans trop de pessimisme ou à envoyer un message anxiogène.

« Il faut qu’on puisse passer cette cinquième vague comme la quatrième, sans saturation des hôpitaux, en espérant qu’en janvier-février ce soit stabilisé », indique-t-on.

« On va insister sur le fait que le juge de paix à ce jour, ce sont les admissions à l’hôpital, pas les contaminations », selon un ministre qui s’appuie sur le cas du Royaume-Uni, où l’hôpital n’est pas submergé malgré des chiffres de contamination quotidiens autour de 40.000. « C’est préoccupant mais on a les outils pour traverser la 5e vague », ajoute-t-on encore au sein du gouvernement.

Elisa Bertholomey et Agathe Lambret avec Clarisse Martin



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