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Frontières européennes, présidentielle… Ce qu’il faut retenir de la conférence de presse d’Emmanuel Macron


Emmanuel Macron voulait présenter ses priorités. Alors que la France prend bientôt la présidence tournante de l’Union européenne, le chef d’État a présenté les principaux axes qui guideront sa gouvernance.

Juste avant de prendre la présidence tournante de l’Union européenne, Emmanuel Macron s’est exprimé dans une conférence de presse. Le président de la République a commencé par une rapide prise de parole, en mettant en avant l’importance de l’Union européenne dans ce contexte de pandémie de coronavirus notamment.

Attaqué par Valérie Pécresse et Yannick Jadot sur le calendrier de la présidence tournante pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron se défend.

« Nous n’avons pas choisi ce calendrier. Il est le fruit de la mise en œuvre du Brexit. Les pays qui viennent avant et après ont eux-mêmes des périodes électorales », a ainsi avancé le président.

« Il nous faut tenir notre rôle avec l’esprit de responsabilité en considérant que c’est la France, qu’il y a aussi une continuité », a expliqué le président de la République. « Peut-être que la politique de la France changera, à coup sûr la France restera la France, en tout cas je ferai tout pour et je le ferai dans les prochains mois jusqu’aux échéances électorales qui sont les nôtres. »

« Dites-moi la date à laquelle il faut s’arrêter de travailler démocratiquement? C’est la fin du mandat. Je travaillerai jusqu’à la fin du mandat », a ajouté le président.

Interrogé sur une éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle, Emmanuel Macron n’a pas souhaité répondre.

Interrogé sur les polémiques qui émaillent la candidature d’Éric Zemmour, Emmanuel Macron a d’abord botté en touche.

« Il n’appartient pas au président de qualifier ou de disqualifier un candidat à une élection à venir. C’est au peuple francais de décider souverainement. Il y a des règles, elles sont contrôlées par le juge (…) et c’est au peuple souverain de choisir », a expliqué le président.

Il a cependant assuré qu' »aimer la France et respecter les Français, c’est au fond avoir une certaine idée de la grandeur de la France ».

• Une nouvelle pièce et un logo

Pour marquer cette présidence française et les 20 ans de la monnaie unique, le gouvernement a présenté une nouvelle pièce de 2 euros. « C’est la première fois que nous changeons le dessin de cette pièce », a encore souligné Clément Beaune.

Nouvelle pièce de 2 euros présentée par Clément Beaune, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, le 9 décembre 2021
Nouvelle pièce de 2 euros présentée par Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, le 9 décembre 2021 © BFMTV

• La volonté d’une « Europe qui sache protéger ses frontières »

Emmanuel Macron a estimé qu’il fallait que l’Union européenne se dote d’une « ambition nouvelle ». Le président veut rendre « l’Europe plus souveraine ». Il s’agira même du « premier axe » de la gouvernance française. Le chef d’État veut ainsi éviter les crises migratoires et les drames qui en découlent, comme « ce que nous avons vécu dans la Manche il y a deux semaines ».

« Nous devons retrouver une Europe qui sache protéger ses frontières », a assuré Emmanuel Macron, qui a plaidé pour une réforme de Schengen.

Une organisation et un pilotage politique devraient être mise en place, avec des réunions ministérielles régulières. Un « mécanisme urgent de soutien aux frontières », en gendarmes ou en policiers, doit également être mis en place. Enfin, Emmanuel Macron veut faire « avancer le paquet migratoire », pour protéger les frontières extérieures, harmoniser les règles en matière d’asile et des gestions de flux et éviter des « jeux non coopératifs » entre les États membres.

• La volonté d’une politique de défense commune

Emmanuel Macron a mis en avant une nécessité de mieux organiser la défense européenne. Le chef de l »État a défendu une stratégie pour « dessiner une souveraineté stratégique européenne » pour lutter contre « les menaces communes ». Des exercices conjoints devront être menés.

« Ce concept qui paraissait impensable il y a quatre ans permet d’ancrer que nous Européens, que nous soyons membres de l’Otan ou pas (…), avons des menaces communes et des objectifs communs », a déclaré Emmanuel Macron.

• Deux grands sommets à venir

Emmanuel Macron a loué l’importance de la relation avec l’Afrique pour « la paix et la prospérité ». « C’est notre intérêt commun », a-t-il asséné. Il a notamment défendu la mise en place d’un « New Deal » entre l’Europe et l’Afrique.

« Nous organiserons à cet égard (…) un sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne » en février à Bruxelles, a promis Emmanuel Macron, qui a dénoncé la bureaucratisation de la relation entre les deux continents.

De plus, un grand sommet centré sur l’économie de l’UE doit être organisé les 10 et 11 mars prochain.

« Notre Europe doit être une Europe où l’on peut produire, créer de la richesse », a clamé Emmanuel Macron, dans le but de définir le « nouveau modèle de croissance » de l’Europe.

« Nous aurons besoin de bâtir un cadre budgétaire et financier crédible », a-t-il expliqué, en proposant de réformer Maastricht et en défendant l’importance de nouveaux investissements dans certains secteurs comme la transition écologique.

• Un soutien à la transition écologique

« Sous présidence française, l’un des objectifs sera la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières », a expliqué le chef d’État, qui a également mis en avant l’importance de neutralité carbone dans l’Union d’ici 2050.

« Les acteurs économiques européens ne peuvent pas être victime de leurs efforts pour la planète », a cependant estimé Emmanuel Macron.

Soja, boeuf ou encore café pourraient être interdits en Europe s’ils contribuent à la déforestation, a prévenu Emmanuel Macron. Un instrument de lutte contre cette « déforestation importée », doit être négocié. « C’est très cohérent avec notre politique climatique », a assuré le chef d’État.

• Une directive sur les salaires minimums

« Si notre Europe ne protège pas mieux les plus faibles (…) alors apparait un marché sans règle dans lequel ne se reconnaissent plus les classes moyennes », a expliqué Emmanuel Macron, qui demande la création de « bons emplois ».

Une directive sur les salaires minimums pourrait être présentée pendant la présidence française.

« Elle ne fixe pas un salaire minimum mais elle tire tous les bas salaire vers le haut et elle sera au coeur de notre présidence (…) pour tirer vers un salaire minimum décent en Europe. »

Le chef d’État a annoncé que les textes sur les quotas entre les hommes et les femmes dans les conseils d’administrations des entreprises devraient être finalisés pendant le premier semestre de 2022.

• La défense d’une « Europe humaine »

Emmanuel Macron veut faire de la présidence française un « grand moment d’humanisme » européen ». Il veut que l’UE se donne des « ambitions simples » pour ne pas s’éloigner des citoyens européens, en imaginant une potentielle renégociation des traités.

« Il y a des forces politiques qui remettent en cause ces valeurs qui font notre Europe », a analysé Emmanuel Macron, qui compte mettre en place des sanctions pour les États qui ne les respectent pas.

Le président a annoncé vouloir relancer « un grand travail sur l’histoire de l’Europe ». En dénonçant le « révisionnisme historique » dans certains pays, il a assuré qu’il fallait « bâtir un cadre académique » pour soutenir les historiens dans leur travail sur le continent.

Concernant la jeunesse, le chef d’État a demandé la mise en place d’un « service civique européen » de six mois pour les moins de 25 ans, sur le modèle de celui qui a récemment été créé en France.

• Le Royaume-Uni ciblé

Alors que les tensions se sont multipliées avec Londres ces dernières semaines, sur la pêche ou l’immigration, Emmanuel Macron a tenu des propos sévères. Il a ainsi assuré que « le gouvernement actuel (…) ne fait pas ce qu’il dit ».

« J’aime la Grande-Bretagne et son peuple, mais j’ai envie d’un gouvernement qui souhaite travailler de bonne foi ».

En rappelant que le Royaume-Uni a également fait partie de l’accord entre l’Australie et les États-Unis dans la crise des sous-marins, le chef d’État a estimé que « tout cela ne sont pas des signes flagrants d’amitiés ». Il a cependant salué un « réengagement sincère » et des « progrès » ces dernières semaines.



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