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Emmanuel Macron officialise sa candidature à l’élection présidentielle dans une lettre aux Français



Emmanuel Macron officialise sa candidature à l'élection présidentielle dans une lettre aux Français

Le chef de l’État avait déjà déclaré début janvier avoir « envie » d’être candidat mais avait soutenu ne pas encore avoir « clarifié le sujet ». Chose désormais faite, quelques heures avant la clôture de la période de parrainage.

Cela ne faisait que guère de doute, c’est à présent acquis. Emmanuel Macron a levé le voile sur ses intentions ce jeudi et officiellement annoncé qu’il était candidat à l’élection présidentielle, dont le premier tour est programmé le 10 avril. Une déclaration in extremis, la clôture de la période de parrainage étant fixée à ce vendredi, 18 heures.

« Je sollicite votre confiance pour un nouveau mandat de Président de la République. Je suis candidat pour inventer avec vous, face aux défis du siècle, une réponse française et européenne singulière », écrit le chef de l’État dans une lettre aux Français, publiée par les principaux titres de presse quotidienne régionale.

Une campagne éclair

La candidature d’Emmanuel Macron intervient alors que la campagne présidentielle est percutée de plein fouet par l’invasion russe en Ukraine. Le conflit a provoqué une grave crise internationale et conduit le chef de l’État à être largement tourné vers l’est de l’Europe pour dialoguer avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le dirigeant russe Vladimir Poutine.

La tenue d’un premier meeting ce samedi à Marseille avait été éventée par La République en Marche (LaREM) la semaine passée. Ce qui aurait dû constituer le lancement officiel de la campagne – qui s’annonce éclair – a finalement été annulé compte-tenu de la situation géopolitique.

« Le contexte change le style, change les approches, change l’attitude, change le climat, change l’ambiance, mais ne change pas la nécessité de la déclaration de celui qui est président de la République », a estimé ce dimanche sur RTL le président du MoDem, François Bayrou.

En tête des sondages

Le chef de l’État, élu en 2017 avec 66,1% au terme d’un second tour face à Marine Le Pen, est favori dans les enquêtes d’opinion depuis de longs mois. Selon notre agrégateur de sondages, l’Élyséemètre, l’actuel locataire de l’Élysée est crédité d’environ 25% d’intentions de vote au premier tour de la prochaine présidentielle.

Il est suivi par la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen (autour de 17%) et par Éric Zemmour (14%) puis la représentante des Républicains (LR) Valérie Pécresse (13%), en perte de vitesse et doublée par l’extrême droite.

La candidature d’Emmanuel Macron à sa réélection est loin d’être une surprise. Le président de la République était d’ailleurs largement critiqué par l’opposition, qui l’accusait de mener campagne depuis plusieurs semaines déjà, notamment depuis son interview à TF1 peu avant Noël. Il avait alors fait une sorte de mea culpa sur certaines petites phrases prononcées au cours de son mandat, reconnaissant par exemple qu’il avait « pu blesser » en évoquant « les gens qui réussissent » et « ceux qui ne sont rien ».

Début janvier, le président de la République avait semé de nouveaux petits cailloux assez explicites en répondant aux questions de lecteurs du Parisien.

« Il n’y a pas de faux suspense. J’en ai envie », avait reconnu Emmanuel Macron, interrogé sur la présidentielle à venir.

« Dès qu’il y aura les conditions sanitaires qui le permettent et que j’aurai clarifié ce sujet, en moi-même et par rapport à l’équation politique, je dirai ce qu’il en est avec la même liberté car je ne veux rien m’interdire », avait-il poursuivi.

Crises sanitaire et internationale

Au cours de ce même entretien, une autre phrase prononcée par l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande avait fait couler beaucoup d’encre: « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder », avait-il soutenu. Quelques mots que nombre d’observateurs avaient analysé comme une entrée en campagne explicite, moins de trois semaines après les regrets évoqués sur les petites sentences qui avaient « pu blesser ».

Alors que la crise sanitaire n’est pas terminée, Emmanuel Macron avait justifié début janvier le fait de ne pas encore être candidat officiel à ce stade, en raison de l’épidémie de Covid-19. Confronté au variant Omicron, qui a généré des records de contaminations, le chef de l’État s’était interrogé: « Si je m’exprime aujourd’hui, quelle va être ma capacité à gérer le pic d’une crise sanitaire? »

À nouveau interrogé sur sa candidature, lors d’un entretien à Ouest-France publié le 11 février, le chef de l’État avait là aussi temporisé, invoquant la crise sanitaire, mais aussi « une situation internationale éminemment à risques », à propos de l’Ukraine, une quinzaine de jours avant l’invasion russe. « Mon devoir est donc d’être pleinement concentré à cette tâche. L’officialisation du choix que j’aurai à faire viendra au moment nécessaire », avait-il opposé. Il semblerait que ce moment soit venu.

BFMTV vous dévoile en intégralité la lettre d’Emmanuel Macron:

« Mes chers compatriotes,

Depuis cinq ans, nous avons traversé ensemble nombre d’épreuves. Terrorisme, pandémie, retour de la violence, guerre en Europe: rarement, la France avait été confrontée à une telle accumulation de crises. Nous avons fait face avec dignité et fraternité.

Nous avons tenu bon sans jamais renoncer à agir. Grâce aux réformes menées, notre industrie a pour la première fois recréé des emplois et le chômage a atteint son plus bas niveau depuis quinze ans. Grâce au travail de tous, nous avons pu investir dans nos hôpitaux et notre recherche, renforcer nos armées, recruter policiers, gendarmes, magistrats et enseignants, réduire notre dépendance aux énergies fossiles, continuer à moderniser notre agriculture. Grâce à nos efforts, nous avons, avant la pandémie, réduit nos déficits et, tout au long du quinquennat, baissé les impôts de manière inédite.

Tout cela nous a permis d’être crédibles et de convaincre nos principaux voisins de commencer à bâtir une Europe-puissance, capable de se défendre et de peser sur le cours de l’Histoire.

Nous n’avons pas tout réussi. Il est des choix qu’avec l’expérience acquise auprès de vous je ferais sans doute différemment. Mais les transformations engagées durant ce mandat ont permis à nombre de nos compatriotes de vivre mieux, à la France de gagner en indépendance. Et les crises que nous traversons depuis deux ans montrent que c’est bien ce chemin qui doit être poursuivi.
Nous connaissons des bouleversements d’une rapidité inouïe : menace sur nos démocraties, montée des inégalités, changement climatique, transition démographique, transformations technologiques.

Ne nous trompons pas: nous ne répondrons pas à ces défis en choisissant le repli ou en cultivant la nostalgie. C’est en regardant avec humilité et lucidité le présent, en ne cédant rien de l’audace, de la volonté et de notre goût de l’avenir que nous réussirons. L’enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance.

Voilà pourquoi je sollicite votre confiance pour un nouveau mandat de Président de la République. Je suis candidat pour inventer avec vous, face aux défis du siècle, une réponse française et européenne singulière. Je suis candidat pour défendre nos valeurs que les dérèglements du monde menacent. Je suis candidat pour continuer de préparer l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Pour nous permettre aujourd’hui comme demain de décider pour nous-mêmes.

Il n’y a pas d’indépendance sans force économique. Il nous faudra donc travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production. Pour ne pas nous laisser imposer par d’autres les technologies qui rythmeront demain notre quotidien, il nous faudra aussi continuer d’investir dans notre innovation et notre recherche afin de placer la France en tête dans les secteurs qui, comme les énergies renouvelables, le nucléaire, les batteries, l’agriculture, le numérique, ou le spatial feront le futur et nous permettront de devenir une grande Nation écologique, celle qui la première sera sortie de la dépendance au gaz, au pétrole et au charbon.

C’est à la condition de cette reconquête productive par le travail que nous pourrons préserver et même améliorer ce modèle social auquel nous tenons tant et qui a fait ses preuves.

Nous lutterons contre les inégalités, non pas tant en cherchant à les corriger toujours trop tard qu’en nous y attaquant à la racine. Nous ferons en sorte que tous les enfants de France aient les mêmes chances, que la méritocratie républicaine redevienne une promesse pour chacun. Pour cela, la priorité sera donnée à l’école et à nos enseignants, qui seront plus libres, plus respectés et mieux rémunérés.

Nous investirons pour permettre à chacun de vivre le grand âge à domicile tant qu’il le peut, pour rendre les maisons de retraite plus humaines. Nous poursuivrons sans relâche notre travail pour l’inclusion de nos compatriotes en situation de handicap. En matière de santé, nous opérerons la révolution de la prévention et ferons reculer les déserts médicaux.

La force de notre modèle social est là: dans cet investissement dans l’humain tout au long de la vie, qui donne confiance aux familles et a fait de la France l’un des pays d’Europe à la plus forte natalité.

Défendre notre singularité française implique enfin de promouvoir une certaine manière d’être au monde. Un art de vivre millénaire, enraciné dans chaque région, chaque canton, chaque ville et chaque village que ce soit en métropole ou dans nos outre-mer. Une histoire, une langue, une culture que lorsque l’on est Français, on se doit de connaître, d’aimer, de partager. Une citoyenneté, qui ne repose pas seulement sur des droits, mais sur des devoirs et un engagement de chaque jour.

Parce que le respect des lois n’est pas négociable, nous poursuivrons l’investissement dans nos forces de sécurité et notre justice. Nous encouragerons l’engagement avec une ambition simple : former non pas seulement des individus et des consommateurs, mais des citoyens. Faire des républicains.

Tout au long de mon mandat, j’ai vu partout un esprit de résistance à toute épreuve, une volonté d’engagement remarquable, une inlassable envie de bâtir. Je l’ai retrouvée dans notre pays mais aussi en allant à la rencontre de nos compatriotes vivant à l’étranger. En chaque lieu, j’ai perçu le désir de prendre part à cette belle et grande aventure collective qui s’appelle la France.

C’est pourquoi le moment électoral qui s’ouvre est si important. Cette élection présidentielle déterminera les directions que le pays se donne à lui-même pour les cinq années à venir et bien au-delà. Bien sûr, je ne pourrai pas mener campagne comme je l’aurais souhaité en raison du contexte. Mais avec clarté et engagement j’expliquerai notre projet, notre volonté de continuer à faire avancer notre pays avec chacun d’entre vous.

Ensemble, nous pouvons faire de ces temps de crises le point de départ d’une nouvelle époque française et européenne.

Avec vous. Pour vous. Pour nous tous. Vive la République!

Vive la France! »

Benjamin Duhamel et Clarisse Martin





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