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LA VÉRIF – Éoliennes, chômage, agressions… 3 séquences du débat Le Pen-Macron passées au crible



LA VÉRIF - Éoliennes, chômage, agressions... 3 séquences du débat Le Pen-Macron passées au crible

« Des éoliennes partout sauf au Touquet » ou des « agressions toutes les 44 secondes en France »… Les deux candidats ont longuement croisé le fer mercredi soir. BFMTV.com revient sur trois affirmations qui ont marqué ce match télévisuel.

Projets d’éoliennes en mer, taux de chômage, nombre d’agressions en France… Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont longuement opposés à coup de batailles de chiffres et d’accusations parfois hasardeuses lors du débat de l’entre-deux-tours. BFMTV.com a choisi de vérifier trois passages marquants de ce duel télévisé.

• Emmanuel Macron veut-il des éoliennes en mer partout « sauf en face du Touquet »?

Fermement opposée aux éoliennes, Marine Le Pen a accusé Emmanuel Macron d’avoir prévu d’en installer partout en mer « sauf en face du Touquet », référence aux attaches du président dans cette ville du Pas-de-Calais où il possède une maison.

« Non, quand même pas non plus Madame Le Pen! », a rétorqué le chef de l’État. « Mais vous rigolez! Il n’y en a aucune (éolienne) qui a été actée, la planification n’a pas commencé, elle est en concertation », a-t-il encore répondu face à l’insistance de sa rivale.

Le maire LR du Touquet assure que « Macron n’y est pour rien »

Dans son projet, Emmanuel Macron prône « l’implantation de 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050 ». Une quinzaine de projets sont actuellement en cours en France, d’après les chiffres du ministère de la Transition écologique.

Un projet avait bien été envisagé au Touquet – « un projet ancien (…) contre lequel je lutte depuis 2007 », bien avant l’élection d’Emmanuel Macron, a expliqué mercredi soir le maire LR du Touquet, Daniel Fasquelle, à l’AFP. Des « consultations » avaient été engagées par l’ancienne ministre de l’Environnement Ségolène Royal sous la présidence de François Hollande.

Sur Twitter, le compte officiel de Marine Le Pen ainsi que plusieurs de ses lieutenants ont relayé un article de France 3 Hauts-de-France, confirmant la suspension de la consultation pour ce projet en juillet 2017, après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Décision prise par le ministre de la Transition écologique et solidaire de l’époque, Nicolas Hulot.

Le préfet du Nord de l’époque, Michel Lalande (en poste depuis 2016), et le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, Pascal Ausseur (en poste depuis 2015), avaient estimé que « les conditions favorables au lancement d’un appel d’offres sur la zone (…) n’étaient pas réunies à ce stade ».

La décision avait alors été saluée par Thibaut Guilluy, militant de LaREM et candidat aux élections législatives de 2017. Sa suppléante était Tiphaine Auzière, la belle-fille d’Emmanuel Macron. Faut-il voir un lien entre cette suspension – toujours d’actualité – et la maison touquettoise du président de la République et de son épouse?

« Le projet de parc éolien face aux plages de Berck au Touquet a été écarté en 2017 suite à une démarche du collectif Horizon que j’ai créé et qui a empêché Ségolène Royal, ministre de François Hollande de passer en force à la veille des élections présidentielles », a assuré le maire (LR) du Touquet, Daniel Fasquelle, après le débat. « Emmanuel Macron n’y est pour rien. »

• Les chiffres du chômage n’ont-ils « quasiment pas bougé » sous le quinquennat Macron?

Emmanuel Macron a affirmé mercredi soir ne pas avoir trouvé « le mot chômage » dans les 22 propositions du programme de Marine Le Pen. « C’est une reconnaissance du travail bien fait ces cinq dernières années et je vous en remercie », a-t-il encore ironisé.

« En matière de succès sur la lutte contre le chômage, permettez-moi d’être dubitative », a répliqué Marine Le Pen. « Des gens qui cherchent activement un emploi, il y en avait 5,5 millions quand vous avez été élu, il y en a aujourd’hui 5,4 millions. Pardon, mais sur le plan du chômage vous devriez avoir la victoire modeste. »

Tout dépend de la définition du chômage

Durant sa campagne de 2017, Emmanuel Macron avait promis de ramener le taux de chômage à 7% alors qu’il se situait alors à 9,4%. Après des modifications importantes du Code du travail menées par Muriel Pénicaud et une réforme de l’assurance-chômage qui durcit les règles d’indemnisation, le tout couplé à une forte croissance après les deux confinements liés au Covid-19, le pari est quasi-tenu: le taux de chômage atteint désormais 7,4%, selon l’Insee.

Mais les chiffres avancés par Marine Le Pen ne sont pas faux pour autant. Pour calculer le taux de chômage, l’Insee utilise la méthodologie du Bureau international du travail (BIT), qui comptabilise les personnes âgées de 15 ans et plus « sans emploi durant une semaine donnée », « disponible pour travailler dans les deux semaines » et « qui a effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois ».

Une définition proche de ce que Pôle emploi qualifie de « demandeurs d’emploi de catégorie A ». Marine Le Pen, elle, inclut dans sa démonstration les « demandeurs d’emploi des catégories B et C », qui recherchent un emploi mais qui ont tout de même exercé une activité partielle.

Au 2e trimestre 2017, au moment de l’élection d’Emmanuel Macron, Pôle emploi comptabilisait plus de 5,5 millions de chômeurs de catégories A, B et C. Au dernier trimestre 2021, ils étaient un peu moins de 5,4 millions, comme l’indique Marine Le Pen.

• Y-a-t-il une agression « toutes les 44 secondes » en France?

Marine Le Pen a pointé le « bilan désastreux » d’Emmanuel Macron en matière de délinquance. « On est confronté à une vraie barbarie, à un vrai ensauvagement (…). On compte en France une agression toutes les 44 secondes », a avancé la candidate.

Faux, lui répond Emmanuel Macron. « Si les chiffres augmentent, c’est parce qu’on parle beaucoup plus des violences intrafamiliales. La parole s’est libérée, ce qui était avant de la main courante, maintenant, c’est de la prise de plainte », avance le président.

Cela correspond aux victimes déclarées en 2018

Le bilan du candidat en matière de délinquance est considéré comme son talon d’Achille. 64% des Français estiment se « sentir en insécurité », un chiffre en hausse de 10 points depuis l’automne dernier, d’après un sondage Fiducial-Odoxa pour Le Figaro publié en février. À la fin du quinquennat de François Hollande, le sentiment d’insécurité s’établissait à 58%.

Les chiffres du ministère de l’Intérieur montrent une nette hausse des agressions en 2021 avec 306.700 plaintes pour « coups et blessures volontaires », en forte augmentation par rapport à 2020 (274.300): l’évolution est cependant difficilement analysable en raison des confinements successifs. En lissant les chiffres, on obtient environ 1 plainte pour agression toutes les 2 minutes en 2021, soit moins que le chiffre avancé par Marine Le Pen.

Les chiffres de l’Insee, calculés selon une méthodologie différente, correspondent davantage aux données avancées par Marine Le Pen: dans son enquête Cadre de vie et sécurité, l’institut recense 710.000 « victimes de violences physiques – hors violences familiales » en 2018, ce qui correspond bien à une agression toutes les 44 secondes. Il s’agit du nombre de personnes qui déclarent avoir été victimes, que ces faits aient, ou pas, donné lieu à une déclaration auprès des services de police ou de gendarmerie.

En 2020, date des dernières données disponibles, l’Insee a décompté 441.000 agressions déclarées – mais l’année est là encore très particulière en raison de la crise sanitaire.

Thomas Leroy et Marie-Pierre Bourgeois





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