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qui est Jean-Philippe Tanguy, le nouveau pilier de Marine Le Pen à l’Assemblée



qui est Jean-Philippe Tanguy, le nouveau pilier de Marine Le Pen à l'Assemblée

Le jeune homme de 36 ans, formé par Nicolas Dupont-Aignan, a su tirer profit de ses premiers pas à l’Assemblée nationale pour s’imposer comme un moteur du groupe. L’élu de la Somme colle à la stratégie de notabilisation du parti.

S’imposer comme la star des 89 députés RN en à peine 3 semaines. Jean-Philippe Tanguy a su marquer des points au sein du Rassemblement national lors du projet de loi pouvoir d’achat. Cet ancien proche de Nicolas Dupont-Aignan voit déjà loin.

« C’est un gaulliste brillant, qui a le CV qui correspond, qui est sérieux », affirmait le député Sébastien Chenu en juin dernier sur BFMTV.

L’école Dupont-Aignan

Le mouvement de Marine Le Pen raffole de ce type de profils à la tête bien faite. Issu de la classe moyenne, ce natif de Boulogne-sur-Mer, diplômé de Sciences-Po Paris et de l’ESSEC, amateur des plateaux de télévision, coche toutes les cases. Arrivé sur les bancs du RN il y a moins de deux ans, celui qui avoue ne « vivre que pour la politique » dans les colonnes du Parisien, se rend d’ailleurs très vite indispensable.

Il faut dire qu’il a été à bonne école. Après un rapide passage par Alstom, il rejoint Nicolas Dupont-Aignan, le patron de Debout la France, à l’Assemblée nationale en 2012. Pendant près de 8 ans, il apprend. Son patron a le goût des médias et ne rechigne pas à de vigoureux échanges dans l’hémicycle.

En 2017, quand le député décide de rejoindre Marine Le Pen dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, Jean-Philippe Tanguy est aux premières loges et manœuvre en coulisse pour faciliter ce rapprochement. En 2020, jugeant que Debout la France va « dans le mur », et l’appétit probablement aiguisé par une candidature aux Européennes en 2019, l’assistant parlementaire rejoint le RN et y retrouve alors Laurent Jacobelli, un ancien camarade du parti.

Vite remis de l’échec à la commission des finances

Dans un mouvement qui manque de cadres, il est accueilli à bras ouverts et sait vite se rendre indispensable au point de devenir directeur adjoint de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Si l’élection de 89 députés a tout d’une surprise, après une campagne législative atone du RN, elle ne doit rien au hasard pour Jean-Philippe Tanguy.

Investi dans la 4e circonscription de la Somme où sa candidate a récolté plus de 53% au second tour de la présidentielle, le collaborateur de l’ex-candidate à l’Élysée, est élu dans un fauteuil avec 54% des voix, battant largement le sortant Renaissance (ex-LaRem).

Tout juste entré à l’Assemblée nationale, le nouveau député a de grandes ambitions: prendre la tête de la prestigieuse commission des Finances. Sa patronne a fait de cette victoire une question de principe, conforme à l’usage en vigueur depuis 2007 qui veut qu’elle revienne au plus grand groupe d’opposition.

Mais son plan échoue face à l’union des LR et de la Nupes qui, après de vives discussions à huis clos, permettent à l’insoumis Éric Coquerel de l’emporter. Ce résultat n’est guère été du goût de Jean-Philippe Tanguy qui a dénoncé au micro de BFMTV « une piraterie », estimant que « le vote des Français n’a pas été respecté ».

Assis derrière Marine Le Pen

L’amertume passe cependant vite, le jeune homme se sachant un pilier du dispositif du groupe. Président délégué des 89 députés, il peut s’appuyer sur l’influent Renaud Labaye, le secrétaire général du groupe, et ex-directeur de campagne de Marine Le Pen tout comme sur Sébastien Chenu, élu dès 2017. Désormais vice-président de l’Assemblée nationale, ce dernier ne tarit pas d’éloge à son sujet depuis leur campagne commune lors des dernières régionales.

Le trentenaire se remet officiellement en selle pour l’examen du premier texte de la mandature sur le Covid-19, assis juste derrière la place de Marine Le Pen dans l’hémicycle. Il ne ménage alors pas ses efforts contre l’article 2 qui veut rétablir la possibilité d’un pass sanitaire aux frontières et entre l’Outre-mer et la métropole. Avec un succès certain: les oppositions infligent un sévère camouflet à l’exécutif en amputant le texte de cette disposition.

Mais c’est sur le très emblématique texte du pouvoir d’achat, en pleine inflation record, que le parlementaire explose.

« Silence pour la France » sous les railleries

Passes d’armes avec les insoumis qu’il accuse notamment d’être « les bouffons du roi Macron », rappel au règlement contre la rapporteure Charlotte Parmentier-Lecocq qu’il accuse « d’incompétence »… On ne voit (presque) que lui pendant ces 4 jours de débat grâce à une stratégie bien rodée. L’élu bombarde les réseaux sociaux de photos et calibre ses interventions pour qu’elles fassent de plus de clics possibles sur les réseaux.

Au risque parfois d’en faire trop comme lors de sa dernière prise de parole à la tribune pour expliquer le soutien de son groupe sur ce texte. Hué par les députés de la Nupes, Jean-Philippe Tanguy s’écrit soudain: « silence ». Repris par la présidente de séance, il s’époumone alors, les poings serrés:

« Oh ce cri du cœur! Ce cri du cœur qui a, je pense, inspiré beaucoup de gens parmi nous », avant de crier « silence pour la France », sous les rires de ses adversaires mais aussi de son propre camp.

Le parlementaire s’était déjà pris les pieds dans le tapis le 12 juillet dernier en évoquant « les aspirations homo-érotiques » qu’aurait su solliciter Emmanuel Macron, quand il était banquier à Rothschild, avant de finalement rétropédaler.

« Quand on est ambitieux, on déborde parfois un peu du cadre. Mais je ne doute pas que Marine Le Pen sache le recadrer si ça va trop loin », lâche, sèchement, un cadre du parti auprès de BFMTV.com.

Voilà le jeune ambitieux prévenu.



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