pourquoi l’Académie de médecine défend la vaccination obligatoire



pourquoi l'Académie de médecine défend la vaccination obligatoire

Patrick Berche estime que la France ne doit pas se ralentir sa campagne de vaccination, sous peine de connaître un rebond de l’épidémie à partir de septembre prochain.

La recommandation de l’Académie de médecine risque de diviser. Dans un avis mis en ligne ce mardi, l’institution préconise une vaccination obligatoire pour certains Français, et notamment les professionnels aux contacts du public, afin d’atteindre cette fameuse immunité collective qui permettrait de circonscrire l’épidémie sur l’ensemble du territoire français.

Invité sur BFMTV ce mercredi matin, Patrick Berche, l’un des membres de l’Académie a justifié cette suggestion.

« La raison de cette recommandation, qui n’est pas une obligation pour le moment, ce n’est pas à nous de décider, c’est qu’on est en présence d’une pandémie majeure qui a déjà fait presque 110.000 morts en France, 6 millions dans le monde d’après l’OMS, et elle risque de se prolonger », avance-t-il.

La crainte d’une « reprise »

Pour lui, cet avis est également une manière de rappeler que, bien que la France se déconfine actuellement étape par étape, la maladie poursuit son chemin dans l’Hexagone, avec possiblement un rebond dans les semaines à venir.

« Nous craignons qu’en septembre nous ayons une reprise comme l’année précédente, qui obligera encore à faire du reconfinement, c’est-à-dire plus de chômage, plus de pauvreté, plus de conséquences. »

Dans leur avis, les membres de l’Académie de médecine redoutent un ralentissement de la vaccination en France, où l’exécutif a fixé pour objectif d’atteindre les 30 millions de primo-vaccinés d’ici la mi-juin. « Si l’on n’accélère pas, on se retrouvera en septembre avec 20 ou 30 millions de Français qui seront sensibles au virus et donc on aura de nouveau une circulation du virus », alerte Patrick Berche.

« Les enfants ont des obligations vaccinales pour 11 vaccins, il s’agit d’un fléau majeur et nous pensons qu’il est de notre de devoir de sensibiliser le gouvernement sur le fait qu’il faut accélérer la vaccination et arriver à une immunité de 90%, on en sera très loin en septembre », ajoute-t-il.

Convaincre les récalcitrants

Le document mis en ligne ce mardi rappelle la proportion non négligeable « des hésitants et des opposés à la vaccination », dont certains se sont réunis ce samedi place du Trocadéro à Paris, à l’occasion d’un rassemblement qui fait depuis polémique.

« On sait qu’il y a 20 à 30% de la population qui est hostile à la vaccination, il faut les convaincre, et nous on donne une recommandation, après c’est aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités », souligne Partrck Berche, rappelant qu’une « partie des soignants n’est pas vaccinée ».

Pour lui, le problème est désormais « de sensibiliser la population ». « Je suis tout à fait d’accord avec l’idée de convaincre, mais l’idée était que les gens se disent qu’on n’est pas devant une pandémie bénigne, qui va disparaître comme on l’a cru en septembre et l’été dernier », argue-t-il. « On risque de prolonger la crise d’autant que dans le monde. » Patrick Berche appelle donc à une « prise de conscience de la population », à quelques mois de la rentrée.



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