Les autorités sanitaires rappellent près de 17 millions de masques FFP2 distribués aux soignants

Les autorités sanitaires rappellent près de 17 millions de masques FFP2 distribués aux soignants

Ces masques FFP2 commandés en avril 2020 sont composés de particules de graphène, qui pourraient présenter un danger pour la santé.

C’était en avril 2020, lors du premier confinement, la France découvrait que son stock de masques était loin d’être suffisant pour faire face à une pandémie mondiale. L’Etat avait alors commandé des centaines de millions de masques FFP2 afin de protéger les soignants du Covid-19.

Plus d’un an après, une note de Santé publique France (SPF) indique que certains d’entre eux pourraient être dangereux pour la santé, révèle Mediapart. Quelque 17 millions de masques FFP2 distribués aux soignants ont ainsi été rappelés par Santé publique France, à cause d’un composant potentiellement toxique.

Un retrait « par précaution »

La note, publiée lundi sur le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s’adresse aux établissements de soin qui sont « susceptible[s] d’avoir été destinataire[s] de masques labellisés ‘Biomass Graphène’. » Puis SPF poursuit: « dans l’attente de l’évaluation de l’éventuel risque lié à la présence de graphène dans ces masques, et par précaution, il vous est demandé de ne plus les utiliser. » Les masques au centre des inquiétudes concernent tous les lots de masques “FFP2 Particle filtering half mask” vendus par le fabricant Shandong Shengquan New Materials.

Le graphène est, selon une vidéo du CNRS, un « cristal bidimensionnel du carbone » qui a « de nombreuses applications dans la recherche tant scientifique qu’industrielle. » Si son utilisation ne semble pas être problématique pour la confection de matériel électronique, sa présence dans les masques, pour ses supposées propriétés antivirales et antibactériennes, interroge. Des autorités de santé, comme Santé Canada, ont récemment alerté sur de possibles risques pour la santé:

« Les porteurs pourraient inhaler des particules de graphène présentes dans certains masques, ce qui peut présenter des risques pour la santé. »

Toxicité pulmonaire

« L’inhalation de particules de graphène pourrait causer une toxicité pulmonaire précoce chez les animaux. Cependant, on ne connaît pas encore le potentiel d’inhalation de ces particules par les masques chez les humains », ajoute l’autorité de santé canadienne. En avril, des ONG avaient également alerté la Commission européenne sur ces masques « potentiellement toxiques », comme le rapportait alors Le Monde.

Pour rappel, les masques FFP2 étaient initialement réservés aux personnels soignants, notamment parce qu’il avait une durée de vie plus longue que le masque chirurgical (8h contre 4h). S’il est difficile de comptabiliser combien de masques ont été utilisés par les soignants, un document, consulté par Mediapart, envoyé par l’ARS d’Ile-de-France aux établissements de santé, explique que « 60,5 millions de masques FFP2 dotés d’un marquage CE pouvant potentiellement contenir du graphène dont 16,9 millions ont d’ores et déjà été distribués en 2020. »

Pour se justifier, SPF affirme à Mediapart que la commande, effectuée en avril 2020 avait reçu « un avis favorable » de l’ANSM, mais reconnaît que l’indication « Biomass Graphène » a pu leur échapper. Elle ajoute par ailleurs que cette livraison s’est déroulée dans un « contexte de pénurie de masques. »

Esther Paolini Journaliste BFMTV

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