faut-il rendre obligatoire la vaccination des aînés pour éviter une nouvelle vague?



faut-il rendre obligatoire la vaccination des aînés pour éviter une nouvelle vague?

L’épidémiologiste Martin Blachier estime ce dimanche que si cette condition n’est pas remplie dans les semaines à venir, les hôpitaux risquent de connaître de nouvelles tensions en octobre.

« A ce jour, nos modèles prédisent une saturation des services hospitaliers en octobre 2021. » Dans une tribune publiée ce jour dans le Journal du Dimanche, l’épidémiologiste et médecin en santé publique Martin Blachier tire le signal d’alarme sur ce à quoi pourraient ressembler les dernières semaines de cette année, alors que la France poursuit son déconfinement progressif.

20% de patients vulnérables pas vaccinés

Pour lui, afin d’éviter de revenir à une situation dans laquelle les hôpitaux sont soumis à une importante tension, comme cela a été le cas ces derniers mois, il est inévitable de « rendre obligatoire la vaccination de nos aînés ». Selon cette lettre ouverte, le pourcentage de personnes de cette catégorie d’âge qui ne se sont pas encore faites immuniser est bien trop grand pour éviter tous risques.

« Parce que tout semble indiquer qu’au moins 20% de la population vulnérable ne se fera pas vacciner. En effet, les courbes de vaccination des 80 ans et plus plafonnent à 80% », écrit-il avant d’également rappeler que « seules 50% des personnes en surpoids majeur sont vaccinées et l’on imagine mal une couverture vaccinale supérieure à 80% pour les personnes entre 55 et 80 ans sans mesures plus incitatives », écrit-il.

Or, selon ses calculs, ces 20% de personnes âgées et fragiles non vaccinées pourraient à eux-seuls replonger le pays dans une crise sanitaire importante. « Il est important de rappeler que lors de la première vague de mars 2020, 5% seulement de la population française avait été infectée », argumente-t-il encore.

« Nous devons collectivement nous poser la question de l’obligation vaccinale si nous n’atteignons pas une couverture de 95% dans les populations vulnérables », ajoute-t-il.

Quelle immunité collective?

Dans la suite de sa tribune, Martin Blachier se montre également circonspect quant à la possibilité d’atteindre rapidement l’immunité collective en France, qui « nécessiterait un taux de couverture vaccinale de plus de 80% dans la population française totale.

Ce dernier prend alors l’exemple du Royaume-Uni, « où il existe une abondance de doses », mais où ce taux « semble plafonner à 60% », alors que les intentions vaccinales sont de 69%, un taux « jamais été dépassé dans aucune enquête préalable, même en période de vague épidémique ».

Fort de ce nouvel argument, l’épidémiologiste revient à la demande initiale de sa lettre ouverte, celle de rendre obligatoire la vaccination des plus vulnérables, qui serait selon lui « éthiquement acceptable à ce jour ».

« Les conséquences d’une nouvelle vague sur les enfants, les jeunes générations, les populations précaires et les travailleurs indépendants seraient catastrophiques et la balance bénéfice-risque de la vaccination est indiscutable pour les personnes fragiles », estime-t-il.

Le spectre des déprogrammations

Comme ultime argument, Martin Blachier évoque le principe de base du système de santé à la Française, basé sur un « accès aux soins de meilleure qualité pour toutes les personnes vivant en France », mission qui ne pourra « être accomplie si les services hospitaliers sont à nouveau remplis ».

« En effet, les personnes atteintes de cancer ou d’autres maladies graves, souvent vaccinées, verraient alors décaler leur prise en charge afin de libérer les lits pour des patients non vaccinés atteints de formes graves de Covid-19 », conclut-il, faisant référence aux déprogrammations survenues lors des dernières fortes vagues de coronavirus dans le pays.



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