faut-il attendre le 30 juin pour lever le couvre-feu à 23 heures?



faut-il attendre le 30 juin pour lever le couvre-feu à 23 heures?

Plusieurs voix s’élèvent pour demander la levée de la mesure avant la fin du mois, s’appuyant notamment sur la nette amélioration des indicateurs épidémiques.

Des soirées rassemblant des centaines de personnes vendredi et samedi sur l’esplanade des Invalides à Paris, une autre aux Tuileries ce dimanche, un événement similaire sur une plage de Nice… Les scènes festives, qui ont provoqué des interventions des forces de l’ordre, se sont multipliées ces derniers jours dans la capitale, à la faveur du beau temps et, peut-être, d’une certaine usure après de longs mois de restrictions.

Pourtant, dans le cadre de la stratégie progressive de levée des restrictions, le couvre-feu est toujours de mise, bien que repoussé depuis le 9 juin à 23 heures. Si les chiffres de l’épidémie continuent de s’améliorer et la vaccination à progresser, ce devrait être levé, conformément aux annonces de l’exécutif, le 30 juin prochain.

« Donnant-donnant »

Pour autant, du fait de l’amélioration des indicateurs épidémiques, des voix commencent à s’élever pour demander à anticiper la date du 30 juin. Dimanche sur le plateau de BFM Politique, c’est la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, en campagne pour sa réélection, qui a plaidé en ce sens.

« Je pense que sur les gestes barrières et le protocole sanitaire, on doit être intransigeants. Mais s’il y avait cette soupape où l’on élargissait le couvre-feu, le mettre un peu plus tard, tout en continuant de travailler sur le protocole sanitaire, je pense qu’on trouverait un donnant-donnant qui apaiserait et donnerait un peu de respiration aux Français », a défendu l’ex-Les Républicains sur notre antenne.

« Il faut dire à la jeunesse ‘on vous demande des respecter les gestes barrières, faites-le, et en échange on supprime le couvre-feu' », a-t-elle poursuivi.

« Aujourd’hui plus personne ne comprend rien aux consignes sanitaires: pourquoi 23 heures plutôt que minuit? Pourquoi ouvrir un stade et pas d’autre? Il faut se poser maintenant la question de la levée du couvre-feu », a exhorté Jean-Luc Mélenchon dimanche sur LCI.

« Pas de laisser-faire »

Auprès du Parisien, plusieurs sources au sein de la police faisaient valoir dimanche les difficultés croissantes à faire appliquer la mesure de freinage.

« La levée du couvre-feu à 21 heures le 9 juin a changé la donne. La jeune génération, et pas seulement elle, a bien du mal à aller se coucher une fois que la soirée a commencé et que le niveau d’alcoolémie a augmenté », pointait ainsi Grégory Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP-Police.

Mais l’Intérieur, toujours auprès du quotidien, assure qu' »il n’y a pas de laisser-faire » et que des contrôles étaient réalisés, bien que gênés par les effectifs, forcément plus réduits de nuit.

« Les indicateurs sont au vert »

Au sein du corps médical, il ne semble guère y avoir de consensus sur la question. Les soignants, durement éprouvés par quinze mois d’une crise sanitaire qui a frappé les hôpitaux de plein fouet, ne parlent pas tous d’une même voix. Sur BFMTV, l’infectiologue Imad Kansau, qui exerce à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), n’est pas fermé à une fin anticipée du couvre-feu.

« Tout va dans le sens d’une diminution progressive de la pandémie, du nombre de cas, tous les indicateurs sont au vert », argue-t-il.

De fait dimanche, 12.480 personnes étaient hospitalisées en raison du Covid-19. Un chiffre au plus bas depuis mi-octobre 2020. 2106 personnes se trouvaient en réanimation, ce qui ne s’était pas vu depuis la mi-octobre également.

Le cap des 30 millions de primo-vaccinés, objectif affiché par le gouvernement pour la mi-juin, a par ailleurs été atteint samedi.

Gare au relâchement

Si ces indicateurs traduisent une véritable embellie, certains soignants appellent eux à ne pas baisser la garde ni « se relâcher ». Gilles Pialoux, infectiologue à l’hôpital parisien Tenon, s’oppose fermement à une levée du couvre-feu.

Il « permet de limiter les regroupements à domicile et leur durée. Ce n’est pas rien quand on sait que la source de contamination numéro un est la sphère privée. (…) 23 heures, cela a du sens: ce n’est pas la même chose que de terminer une soirée entre amis à trois heures du matin », assure-t-il dans les colonnes du Parisien.

Au micro de BFMTV, la gérante d’un bar ne masquait pas son inquiétude avec le début de l’Euro de football vendredi dernier, et l’entrée de la France dans la compétition ce mardi.

« Les clients vont devoir partir à toute vitesse, on va devoir limite les jeter dehors. Pour nous, c’est un stress aussi, une heure de plus ça serait le minimum », plaidait-elle.

Pas de dérogation pour l’Euro de football

Sur ce point, si une dérogation a été accordée vendredi par l’exécutif pour les spectateurs de la demi-finale de Roland-Garros opposant Nadal à Djokovic, ce ne sera pas le cas pour le match France-Allemagne, qui commencera à 21 heures et devrait se terminer peu avant 23 heures.

« Je comprends et je partage évidemment l’envie de ces jeunes et ces personnes de se retrouver et de faire la fête », a argué Marlène Schiappa dimanche sur Europe 1, mais « le virus est toujours là, la pandémie existe encore, donc il y a besoin de respecter les mesures sanitaires », a défendu la ministre déléguée à la Citoyenneté.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV



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