TOUT COMPRENDRE – Comment va se dérouler la vaccination des adolescents, qui s’ouvre ce mardi?



TOUT COMPRENDRE - Comment va se dérouler la vaccination des adolescents, qui s'ouvre ce mardi?

De nombreux professionnels de santé s’accordent à dire que cette immunisation est capitale dans la lutte contre le Covid-19. Ces vaccinations seront scrupuleusement encadrées.

Ce mardi, une nouvelle étape de la vaccination va s’ouvrir en France. Comme cela avait été annoncé début juin par Emmanuel Macron lors d’un déplacement dans le Lot, l’immunisation sera désormais totalement ouverte aux mineurs de 12 à 18 ans.

Une vaccination qui, comme l’avait alors affirmé le président de la République, devrait se dérouler « dans des conditions d’organisation, dans des conditions sanitaires, de consentement des parents et de bonne information des familles qui seront précisées dans les prochains jours par les autorités sanitaires. »

• Qui est concerné par cette vaccination?

À ce jour, les personnes de 16 et 17 ans pouvaient déjà être vaccinées, mais selon des critères assez stricts: elles devaient souffrir d’une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19 ou bien être proches de personnes immunodéprimées.

Ce mardi marque une ouverture à bien plus grande échelle. Dans un document transmis à l’ensemble des professionnels concernés, la Direction générale de la Santé rappelle que désormais, la vaccination est ouverte à tous les adolescents de 12 à 18 ans excepté les rares enfants « ayant développé un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) à la suite d’une infection par le SARS-CoV-2. »

En ce qui concerne ces derniers, avec l’accord du Conseil scientifique, la vaccination n’est pas recommandée.

• Quel vaccin sera utilisé pour les adolescents?

Dans cette même note, la DGS rappelle que pour l’heure, la vaccination des mineurs n’est possible qu’avec le sérum mis au point par la firme Pfizer-BioNTech. C’est le seul vaccin, à ce jour, dont l’Autorisation de mise sur le marché « permet la vaccination des moins de 18 ans ».

Outre Pfizer/BioNTech, d’autres laboratoires souhaiteraient fournir des vaccins pour les mineurs, et mènent des essais cliniques en ce sens, mais ne sont pas encore habilités pour le faire. C’est le cas de Moderna, qui ces derniers jours a demandé une telle autorisation aux Etats-Unis, en Europe et au Canada, après des résultats concluants d’essais cliniques sur plus de 3700 participants âgés de 12 à 17 ans aux États-Unis.

• Comment les injections sont-elles encadrées?

Comme l’a indiqué ce lundi Jérôme Salomon, Directeur général de la Santé, les deux parents doivent donner leur accord pour la vaccination contre le Covid-19 des adolescents, mais la présence d’un seul est requise lors de l’injection. Un formulaire d’autorisation parentale est d’ailleurs disponible au téléchargement sur le site du ministère de la Santé.

« La vaccination a déjà commencé dans certains centres et on a vu que c’était extrêmement simple », « très bien accepté par les adolescents (…), qui sont force de conviction », a-t-il ajouté. « Ce sont eux qui ont le plus souffert de cette épidémie » et « beaucoup d’ados sont des ambassadeurs de la vaccination ».

En outre, le document de la DGS stipule que le consentement libre et éclairé des adolescents doit recueilli lors de la vaccination, après leur avoir délivré « une information claire et adaptée à leur âge sur les incertitudes liées à la maladie, sur le vaccin lui-même et à propos son efficacité à moyen et long terme, ainsi que sur les moyens complémentaires de prévenir la maladie (notamment le respect impératif des gestes barrières) ». Ce recueil de consentement se fera à l’oral.

• Quelle est l’intérêt pour eux de se faire vacciner?

Alain Fischer, le « monsieur vaccin » de l’exécutif, le reconnaît: le bénéfice individuel des adolescents à se faire vacciner « est minime », « sans être négligeable ». Les jeunes de cette âge ne font que très rarement des formes graves de la maladie: seuls 9 décès liés au Covid-19 ont été recensés parmi les 10-19 ans. Mais 4000 adolescents ont toutefois dû être hospitalisés depuis le début de la pandémie, dont 700 en soins intensifs, selon la Haute autorité de Santé, et « 125 cas de syndromes inflammatoires systémiques ont été recensés chez des adolescents en France », précise le président du Conseil d’orientation de la statégie vaccinale dans le JDD.

Malgré tout, de nombreux professionnels de santé militent pour la vaccination des mineurs, en particulier afin de circonscrire plus efficacement l’épidémie. « Les jeunes adolescents transmettent aussi le virus. Donc s’ils se vaccinent, on limite la transmission, et ils participeront de l’immunité collective », assurait en mai dernier Alain Fischer.

« Projetons-nous à l’automne », abondait Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, dans le JDD fin mai. « À ce moment-là, comme une grande partie des adultes aura été protégée, les collèges et les lycées deviendront les principaux lieux de circulation du virus. Il suffirait que des variants encore plus contagieux entrent dans le jeu pour qu’on connaisse de nouvelles tensions dans les hôpitaux. Ce ne serait pas forcément une quatrième vague, mais le risque de devoir fermer des établissements scolaires resurgirait. »

C’est là le « bénéfice individuel » de la vaccination des adolescents, « au sens social et psychologique », estime Alain Fischer: « Ils paient un trop lourd tribut à la pandémie, particulièrement ceux des milieux modestes plus souvent confrontés au décrochage scolaire. (…) La vaccination va réduire le risque de fermeture d’établissement à la rentrée. »

• Y a-t-il des risques?

Le vaccin Pfizer/BioNtech a été autorisé dès 12 ans au Canada, aux Etats-Unis et dans l’Union européenne, avec un feu vert fin mai de l’Agence européenne des médicaments (EMA), au vu des résultats d’un essai clinique réalisé sur 2200 adolescents de 12 à 15 ans.

Cette étude a mis en évidence « une efficacité de 100% » contre les formes symptomatiques de la maladie et des effets secondaires « similaires » à ceux observés chez les personnes plus âgées.

« La plupart des évènements indésirables rapportés consistaient en des manifestations locales (douleur au point d’injection) ou des symptômes généraux (fatigue, céphalée, frissons, douleurs musculaires, fièvre) et étaient généralement d’intensité légère à modérée », note la Haute autorité de Santé.

L’EMA souligne toutefois que la taille « limitée » de l’essai pourrait avoir laissé échapper des effets indésirables « rares ». Les autorités sanitaires américaines et européennes analysent par ailleurs de rares cas d’inflammations cardiaques survenues chez des adolescents et de jeunes adultes après la vaccination, sans qu’un lien ne soit prouvé à ce stade.



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