un test PCR pour identifier la contagiosité et les risques de formes graves chez un patient


Des scientifiques ont établi une corrélation entre la présence et la quantité d’une protéine dans l’organisme, et le potentiel de contagion d’un patient, ainsi que son risque de faire une forme grave du Covid-19.

Et si le test PCR pour le Covid-19 permettait de connaître les risques de formes graves ou de contagion chez une personne? Une étude française, publiée début août dans le Journal of Experimental Medecine démontre qu’il serait possible de mesurer au niveau nasal la réponse antivirale d’un individu, ce qui permettrait d’aider à l’identification des patients à risque de transmission du Covid-19, mais aussi d’identifier ceux risquant de développer une forme grave.

Ces résultats pourraient « aider rapidement à l’identification des patients à risque de transmission du virus, et réciproquement aider à éviter les mesures de quarantaine aux patients qui ne représenteraient pas ou plus une source possible de contamination », explique l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris), dans un communiqué.

Une protéine au centre des recherches

Cette étude a été déclenchée après que des scientifiques aient observé l’absence de détection dans le sang d’IFN-I (interféron de type I) chez des patients Covid-19 en réanimation. « Les interférons sont des protéines produites suite à une infection virale. En se fixant sur leurs cellules cibles, ces cytokines déclenchent chez celles-ci diverses réactions permettant la mise en place d’un état de résistance aux virus », explique le site Planet Vie de l’École Normale Supérieure.

Dans leur étude, les chercheurs ont mis en avant le fait que « chez les sujets présentant des manifestations légères de la Covid-19, la réponse IFN-I nasale était proportionnelle à la quantité de virus, elle-même liée au risque de transmission », explique l’AP-HP.

Ainsi, « s’il y a un peu de virus et pas d’IFN-I dans votre prélèvement, vous avez été malade mais n’êtes plus contagieux », détaille dans le communiqué Dr Sophie Trouillet-Assant, chercheuse-associée signataire de l’étude. « À l’inverse, s’il y a une grande quantité de virus et d’IFN-I, cela plaide en faveur d’un isolement« , car la personne serait donc contagieuse.

Dans l’étude, la réponse IFN-I a été mesurée « à partir du même écouvillon que celui utilisé pour le dépistage du SARS-CoV-2 », explique le communiqué. La technologie adoptée est développée par l’entreprise bioMérieux, spécialisée dans le diagnostic in vitro, et est « largement utilisée dans le diagnostic d’autres pathologies infectieuses », assure l’AP-HP.

« Identifier ceux à risque de développer une forme grave »

L’étude a également mis en évidence l’absence de réponse IFN-I chez des patients en réanimation, possédant des auto-anticorps anti-IFN-I. Les auto-anticorps sont des anticorps produits par le système immunitaire, et dirigés contre des éléments de l’organisme. Ils se retrouvent dans certaines maladies auto-immunes.

Dans le cas du Covid-19, « les auto-anticorps anti IFN-I sont capables d’inhiber l’action antivirale de ces molécules, entrainant une réplication virale importante », explique l’AP-HP. En mesurant cela, les chercheurs ouvrent une nouvelle voie au dépistage, qui pourra ainsi permettre de déceler les personnes plus à risque de faire des formes graves.

« La mesure de la réponse IFN-I au niveau nasal et l’évaluation de la présence d’auto-anticorps dans le sang pourraient ainsi être utilisées pour aider à stratifier les patients et à identifier ceux à risque de développer une forme grave de la maladie, et ce dès le début de l’infection, au moment de l’écouvillonnage pour le dépistage standard du SARS-CoV-2 », détaille le communiqué.

Outre la possibilité de jauger en amont la réaction potentielle d’une personne à la maladie, cette découverte permet également de réfléchir à des traitements précoces pour limiter les cas graves. « En effet, des traitements basés sur d’autres types d’interférons non ciblés par les auto-anticorps existent déjà », conclut l’AP-HP.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV



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