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En Polynésie française, soignants et témoins racontent l’évolution « catastrophique » du virus


Les chiffres mesurant la circulation de l’épidémie de Covid-19 en Polynésie française ces derniers jours s’envolent. Les hôpitaux croulent désormais sous une très lourde tension sanitaire, comme l’ont rapporté deux témoins à notre antenne ce samedi.

Nulle part ailleurs sur le territoire français – où cette semaine il est jaugé en moyenne à 237,8 cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours – on ne trouvera de taux d’incidence plus important.

En Polynésie française, la circulation du Covid-19 est en effet estimée ce samedi à 2793 cas pour 100.000 habitants. Un niveau faramineux qui se traduit par 1416 nouveaux cas détectés au cours des 24 dernières heures, 7706 cas positifs contractés depuis le 12 août. Surtout, parmi toutes ces statistiques livrées par la Direction de la Santé de Polynésie, on remarque un contingent de 324 hospitalisations, dont 40 en unité de réanimation, ou encore un nombre de dix morts au cours de la seule dernière journée.

Les lits de réanimation sont « pleins »

La préfecture et l’exécutif local tentent de réagir. Ainsi, un nouveau reconfinement entrera en vigueur dès lundi et pour deux semaines. Dans les hôpitaux où la saturation menace, des renforts en personnel sont arrivés depuis la Nouvelle-Calédonie.

« Les renforts envoyés ne suffiront pas », déplore toutefois Didier Bondoux, président du syndicat des médecins libéraux à Tahiti. Le praticien et responsable syndical décrit crûment à notre antenne la situation: « L’évolution de l’épidémie est explosive et catastrophique, il faut bien le dire. »

« On a déjà installé des lits au rez-de-chaussée, prévoyant probablement de nouveau des arrivées massives ce week-end. Les lits de réanimation sont pleins », détaille-t-il.

« On pousse les murs »

Mike Leyral, journaliste pour Tahiti Nui TV, chaîne de télévision locale, poursuit devant notre caméra: « Le but est aussi de préserver l’hôpital. ‘On pousse les murs’, nous dit la direction. Il y a des bureaux qui sont transformés en lits de réanimation. La grande nef de l’hôpital, habituellement un lieu de passage, est devenu un lieu d’hospitalisation, elle aussi. »

Un tableau qui implique bien sûr un bilan humain. Et celui-ci est lourd, déjà: « On a entre 10 et 12 décès quotidiens depuis 15 jours, ce qui à l’échelle de la métropole, représenterait environ 2400 décès quotidiens », calcule Didier Bondoux.

C’est donc peu dire que le territoire tahitien flambe sous les coups que lui porte le variant Delta. Comment l’expliquer? Outre que les premières vagues l’ont relativement épargné, le médecin libéral liste les raisons sanitaires de cette détresse nouvelle parmi une population dont il évalue la vaccination à 41%: « Il y a des polymorbidités: du diabète, beaucoup d’obésité. » Mais il existe aussi un facteur plus sociologique, remarque-t-il: « Le variant est tellement contagieux qu’il atteint des familles où parfois on est 15 à vivre ensemble. »

Robin Verner

Robin Verner Journaliste BFMTV



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