Confiner uniquement les non-vaccinés? Ce qu’en pensent les soignants



Confiner uniquement les non-vaccinés? Ce qu'en pensent les soignants

Alors que l’Autriche a décidé d’imposer un confinement aux non-vaccinés, BFMTV.com s’interroge sur l’efficacité d’une telle mesure sur le plan sanitaire si elle était appliquée en France.

La situation de l’épidémie de Covid-19 continue de se dégrader dans l’Union européenne et est considérée comme « très inquiétante » dans dix pays et « inquiétante » dans dix autres, a indiqué vendredi l’agence européenne chargée des maladies.

Face à la recrudescence des cas, plusieurs pays mettent en place des mesures visant les non-vaccinés, à l’instar de l’Autriche qui a décidé de leur imposer un confinement ciblé. Mais confiner les non-vaccinés en France aurait-il un sens sur le plan sanitaire?

Interrogé sur BFMTV, Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon à Paris, estime que « d’un point de vue médical, ça a du sens ».

« Il faut expliquer que le remplissage des services hospitaliers, le remplissage des réanimations et les décès sont très essentiellement dus aux non-vaccinés. Sur les 8 lits que j’ai, j’ai 7 non-vaccinés », souligne le médecin.

Désengorger les hôpitaux, déjà sous tension

Et de fait, les indicateurs abondent en ce sens. D’après une analyse de la direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees) portant sur des données hospitalières allant du 11 au 17 octobre, il y a huit fois plus d’entrées en soins critiques parmi les non-vaccinés et onze fois plus de décès.

Les mesures ciblant spécifiquement les personnes n’ayant pas reçu d’injection pourraient donc permettre de désengorger les hôpitaux, déjà sous tension avec le retour des maladies hivernales. Mais l’épidémiologiste Pascal Crépey, interrogé par 20 minutes, se veut plus nuancé.

« Certes, des mesures coercitives à leur encontre sont susceptibles de les protéger et de réduire le fardeau des hospitalisations. Mais elles ne pourraient pas permettre d’enrayer la dynamique épidémique, puisque la vaccination ne protège qu’à 50 % de la transmission du virus », tempère-t-il.

Le pass sanitaire, une forme de confinement

Le médecin s’inquiète aussi des risques de « radicaliser » les personnes qui refusent le vaccin en augmentant la pression sur elles. Car, dans l’Hexagone, les non-vaccinés sont déjà visés par le pass sanitaire. L’annonce de sa mise en place au-delà des évènements réunissant plus de 1000 personnes avait provoqué une ruée vers la vaccination l’été dernier, 1,7 million de Français avaient réservé leurs injections en 24h après l’allocution d’Emmanuel Macron.

Mais elle avait également accouché de cortèges hebdomadaires dans de nombreuses villes du pays, réunissant des manifestants opposés à la généralisation du pass. La mise en place d’un confinement pour les personnes non-vaccinées pourrait donc en pousser une partie vers l’injection, mais pourrait également être explosive d’un point de vue social.

« Qu’est-ce donc que le passe sanitaire, sinon l’équivalent d’un confinement des non-vaccinés? Puisque l’on ferme les bars, restaurants, hôtels, cinémas, théâtres, salles de sport, et transports publics à ceux qui ne détiennent pas le pass depuis le 9 août », souligne Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de Genève dans les colonnes du Parisien.

En France, « l’urgence, c’est le rappel »

Pour le moment, la situation sanitaire en France, qui compte en moyenne 10.000 cas par jour, n’est pas comparable à celle de l’Autriche, qui compte 13.000 cas par jour pour seulement 9 millions d’habitants. Pour le député LaREM des Français de l’étrangers, Pieyre-Alexandre Anglade, « la situation de la France n’est pas celle-là, l’urgence aujourd’hui c’est le rappel ».

Et le patron des députés de la majorité, Christophe Castaner, l’assure: la question ne se pose pas. La feuille de route du gouvernement semble donc rester sur le pass et la diffusion du vaccin à la population, qu’il s’agisse d’une première ou d’une troisième dose. Sans compter qu’en France, un confinement ciblé ne serait pas légalement applicable



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