fbpx

La Défenseure des droits alerte sur la santé mentale des jeunes, mise en péril par la crise sanitaire



La Défenseure des droits alerte sur la santé mentale des jeunes, mise en péril par la crise sanitaire

Claire Hédon pointe l’augmentation des troubles dépressifs et l’insuffisante prise en charge psychiatrique, dans son rapport annuel sur les droits de l’enfant.

La Défenseure des droits Claire Hédon alerte ce mercredi sur l’état de la santé mentale des jeunes mis à mal par la crise sanitaire, avec une augmentation des troubles dépressifs et une insuffisante prise en charge psychiatrique, dans son rapport annuel sur les droits de l’enfant.

« Il a été démontré que le premier confinement a conduit à une hausse générale des syndromes dépressifs et même à un doublement chez les 15-24 ans (10% d’entre eux présentaient un syndrome dépressif en 2019, contre plus de 20% en 2020) », relève-t-on dans ce rapport qui constate une hausse des « troubles anxieux » et « phobies sociales ».

Publié à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, le 20 novembre, le rapport s’appuie sur les réclamations reçues par le Défenseur des droits (3000 chaque année), ainsi que la consultation d’enfants et de professionnels (médecins et infirmières scolaires, enseignants et éducateurs, psychiatres, pédiatres…).

Priorité publique

« Les demandes de consultations en pédopsychiatrie ont augmenté, les retards ont augmenté », a déclaré Mme Hédon aux journalistes, jugeant que la santé mentale de l’enfant devait devenir une « priorité publique ».

« Tout le monde de la pédopsychiatrie alerte sur le manque de moyens, on ne peut pas avoir six mois ou un an de délai d’attente pour avoir rendez-vous avec un psy », relève Mme Hédon, soulignant le manque de pédopsychiatres, de psychologues dans les Centres médico-psychologiques (CMP) et les centres médicaux psycho-pédagogiques » (CMPP), qui permettent une prise en charge publique.

Or « une prise en charge très rapide d’un enfant en situation difficile » peut résoudre les difficultés « en quelques séances », alors que « si on laisse traîner », les conséquences peuvent être graves sur le long terme, y compris « à l’âge adulte », relève-t-elle, réclamant une « étude longitudinale sur les effets à long terme de la crise sanitaire sur la santé mentale » des jeunes.

« Cette pression a éloigné les enfants des apprentissages »

La fermeture des établissements scolaires et l’enseignement à distance ont aggravé « les risques d’addiction » aux écrans, a relevé le Défenseur des Enfants Eric Delemar lors d’une conférence de presse mardi.

Les professionnels « nous ont interpellés sur les difficultés des rythmes circadiens, des troubles alimentaires, du sommeil des enfants, qui étaient épuisés dans les écoles, qui souffrent de problèmes d’attention. Les professeurs ont du mal à les mobiliser sur des projets », a-t-il poursuivi.

« La santé mentale est une des conditions de l’apprentissage et de la réussite scolaire », souligne Claire Hédon, prévenant qu' »un enfant qui ne va pas bien deviendra un adulte qui va mal » et qui vivra dans « une société qui va mal ». Les enfants et jeunes ont eu l’impression de ne pas être écoutés ni consultés pendant cette crise sanitaire, a observé le Défenseur des Enfants.

« Ils retournaient au lycée pour passer des évaluations mais quand il s’agissait d’apprendre, ils étaient seuls à la maison, livrés à eux-mêmes », a-t-il observé, remarquant que nombre d’entre eux n’envisageaient plus de poursuivre leurs études. Les collégiens se sont plaints que « tout était axé sur les gestes barrière » et « se faisaient disputer quand le masque était mal mis ». Et d’ajouter : « cette pression a éloigné les enfants des apprentissages ».



Lire la suite
www.bfmtv.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.