l’Académie de médecine recommande de ne pas vacciner tous les enfants



l'Académie de médecine recommande de ne pas vacciner tous les enfants

L’instance conseille d’élargir l’immunisation par le vaccin de Pfizer/BioNTech aux enfants « à risque de formes graves en raison de comorbidités, quelque soit leur âge » et à ceux « vivant dans leur environnement familial et scolaire ».

Les vaccins anti-Covid ne doivent pas être donnés à tous les enfants mais certains d’entre eux devraient en bénéficier, a estimé mercredi l’Académie française de médecine, prenant une position médiane face à un regain de polémiques sur le sujet.

« L’Académie nationale de médecine recommande d’élargir l’immunisation contre la Covid-19 par le vaccin (de Pfizer/BioNTech) aux enfants à risque de formes graves en raison de comorbidités, quel que soit leur âge, ainsi qu’aux autres enfants vivant dans leur environnement familial et scolaire », dit dans un communiqué cette instance censée porter le consensus du savoir médical.

L’Académie, dont les avis sont seulement consultatifs, recommande aussi de vacciner « les enfants vivant dans l’entourage d’adultes vulnérables, en particulier les immunodéprimés et les personnes atteintes de maladies chroniques ».

La vaccination ouverte aux plus de 12 ans en France

Cette prise de position intervient après plusieurs jours de polémiques en France sur l’opportunité d’étendre la vaccination anti-Covid aux 5-11 ans, comme l’ont déjà fait les Etats-Unis et Israël.

Seuls les plus de 12 ans peuvent actuellement se faire vacciner contre le Covid en France. Le sujet est délicat car les bénéfices individuels sont a priori très limités pour les enfants: les formes graves de Covid et, à plus forte raison, les décès sont très rares chez eux.

Or, les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna peuvent ponctuellement provoquer des inflammations cardiaques, des effets secondaires très rares mais à mettre en regard avec le bénéfice discutable du vaccin chez les plus petits.

Toutefois, les arguments pour la vaccination des enfants sont aussi collectifs. Elle viserait à empêcher le virus de circuler parmi eux et, donc, par la suite au sein du reste de la population.

Scepticisme des sociétés françaises de pédiatrie et d’infectiologie

Les autorités sanitaires européennes sont en train d’examiner la question après avoir reçu des données positives de Pfizer et ensuite de Moderna. Ils témoignent de l’absence d’effets graves mais sur un échantillon d’un gros millier d’enfants, a priori insuffisant pour détecter des conséquences très rares mais sévères.

« Si une décision doit être prise », elle pourrait l’être « en début d’année 2022 », a déclaré Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, mercredi sur France Inter.

Dans ce contexte, plusieurs sociétés françaises de pédiatrie et d’infectiologie ont relancé le débat en début de semaines en exprimant leur scepticisme sur la vaccination des enfants.

« L’urgence de la vaccination des enfants de 5-11 ans n’apparaît pas pour l’instant comme évidente en France », ont estimé ces instances, dont la Société de pathologie infectieuse de langue française.

Cette position a suscité en retour l’indignation de partisans de la vaccination enfantine. L’association militante « Ecole et familles oubliées », farouchement opposée à « l’immunité naturelle par la maladie », dénonce une « trahison » des enfants et réclame une analyse « bénéfice risque du vaccin » pour les enfants.



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