seules 4500 doses administrées sur les 40.000 commandées



seules 4500 doses administrées sur les 40.000 commandées

Le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a regretté ce matin que ce traitement contre le coronavirus soit sous-utilisé en France.

C’est un coup de gueule qu’a poussé Jean-François Delfraissy ce matin. Tout en saluant les efforts des Français et les effets de la vaccination, le président du Conseil scientifique a regretté ce matin que les anticorps monoclonaux, un traitement contre le Covid-19, soient boudés en France.

« Les monoclonaux sont sous-utilisés en France », a-t-il déploré sur France Inter, « si vous avez plus de 65 ans ou que vous êtes à risque, que vous soyez vaccinés ou non vaccinés, si vous avez des symptômes et que vous êtes testés positifs: vous avez droit à avoir accès à ces anticorps qui permettent de réduire le passage d’une forme sévère à une forme grave de l’ordre d’environ 70%. »

Des dates de péremption qui se rapprochent

Ces anticorps de synthèse qui protègent des formes graves du Covid et doivent être administrés à l’hôpital à des personnes très à risques sont loins d’être aussi médiatisés que les vaccins et ce, malgré leur efficacité avérée. L’épidémiologiste Antoine Flahault, dans les colonnes du Libération à paraître ce jeudi, plaide même pour l’ouverture de ce traitement aux plus de 50 ans. Preuve qu’il y a une offre de soins, mais pas de demande.

Selon nos informations, seules 4500 doses ont été administrées depuis leur autorisation temporaire en mars 2021. À ce moment-là, le gouvernement annonce en avoir commandé plusieurs dizaines de milliers, autour de 40.000 doses. 35.000 doses n’auraient donc pas encore été utilisées. Problème: ces doses ont une date de péremption.

« Ce qu’on sait c’est qu’il n’y a pas de pénurie et ce qu’on sait aussi c’est que dans les hôpitaux français […] il y a des dates de péremption pour certaines de ces doses qui effectivement se rapprochent », explique pour BFMTV, Yvanie Caillé, présidente de Renaloo et membre du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.

Bientôt périmées. Cela pourrait même être une question de semaines pour certaines. À cela s’ajoute même la perte de quelques-unes d’entre elles.

« À la phase initiale, quand on a eu un petit peu de difficultés à définir les bonnes utilisations et le bon réseau de distribution de ces traitements […] il y a eu un petit écart entre les doses accumulées dans les zones de stockage et les réseaux de distribution », précise le Pr Philippe Grimbert, chef du service de nephrologie de l’hôpital Henri-Mondor à Créteil (AP-HP).

« Un traitement absolument indispensable pour certaines populations »

Très chères, les doses de ce traitement ont donc rencontré des problèmes d’acheminement et de gestion des stocks: il fallait identifier les hôpitaux qui en avaient le plus besoin (ce traitement est injecté sous intraveineuse, donc à l’hôpital), tout comme les patients éligibles, et leur livrer. Par ailleurs, au début certains médecins avouaient manquer de recul sur ce traitement et préféraient ne pas en prescrire.

Son administration peut se faire dans deux cas de figure: sur une personne très à risque auquel cas elle doit avoir lieu dans les cinq jours après la contamination, au-delà, c’est trop tard. Soit, cela concerne les très grands immunodéprimés pour qui la vaccination ne marche pas. Dans ce cas-là, c’est un traitement préventif, il faut venir chaque mois à l’hôpital ce qui peut s’avérer compliquer au regard de la situation que connaissent les établissements de santé.

« C’est un traitement qui nécessite du personnel médical et paramédical à disposition », explique le Pr Philippe Grimbert, « il y a une conjonction de contraintes et de difficultés qui fait qu’on a pris un peu de retard et qu’on a eu du mal à démarrer alors même qu’on est convaincu que cela reste un traitement absolument indispensable pour certaines populations. »

Le manque d’information autour de ce traitement peut aussi expliquer pourquoi puisque très peu le connaissent et donc ne le demandent pas. En tout cas, le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale se réunit demain matin autour d’Alain Fischer, justement pour parler des anticorps monoclonaux.

Nelson Getten et Hugues Garnier



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