pourquoi davantage de personnes vaccinées sont admises à l’hôpital



pourquoi davantage de personnes vaccinées sont admises à l'hôpital

Sur la semaine du 25 au 31 octobre, il y a eu plus de personnes vaccinées parmi les patients Covid-19 admis à l’hôpital que de non-vaccinés. Une tendance logique au vu de la campagne vaccinale.

C’est une tendance qui pourrait à première vue être un argument pour les opposants à la vaccination. À l’hôpital, il y a eu selon la DREES entre le 25 et le 31 octobre plus de vaccinés admis que de non-vaccinés. Mais en réalité, cette donnée ne démontre pas l’inefficacité de la vaccination, et elle est tout à fait logique.

D’abord, parce qu’il faut rappeler que la couverture vaccinale est de plus en plus importante en France. Il y a aujourd’hui dans le pays neuf adultes sur dix à avoir un schéma vaccinal complet. Logiquement, cette tendance devrait donc continuer: plus il y aura de personnes vaccinées au sein de la population, plus la part de patients vaccinés parmi les hospitalisés est susceptible d’augmenter.

9 fois plus d’entrées en soins critiques pour les non-vaccinés

Si l’on regarde les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) sur une période définie, entre le 25 et 31 octobre, les chiffres d’admissions quotidiennes montrent effectivement qu’il y a plus de personnes vaccinées que de non-vaccinées.

Les vaccinés représentent 48% des admissions en hospitalisation conventionnelle, contre 44% pour les non-vaccinés. Même constat en réanimation, le 31 octobre (dernière date de données disponibles) 26 personnes vaccinées ont été admises dans un service de soins critiques, contre 23 non vaccinées. Mais pour comprendre l’efficacité de la vaccination, il faut lire ces chiffres à tailles de populations comparables. Comme le fait la DRESS d’ailleurs.

Pour les personnes de plus de 20 ans, sur la période du 25 au 31 octobre, le nombre de personnes admises en soins critiques est de 29 pour 1 million de personnes non-vaccinées, et de 3 pour 1 million de personnes vaccinées. À taille de population comparable, il y a donc presque 9 fois plus d’entrées en soins critiques côté non-vaccinés que côté vaccinés. Toujours selon la DRESS, il y a également 9 fois plus de décès chez les personnes non vaccinées que chez les personnes complètement vaccinées, à taille de population comparable, entre le 4 et le 31 octobre.

Une protection qui n’est pas parfaite

Pour y voir plus clair, il faut également rappeler que le vaccin continue de protéger face aux formes graves de la maladie, mais ne constitue pas une protection parfaite, entre 90 et 95% d’efficacité selon les vaccins, lors des premiers mois après injection. Si l’on prenait une situation purement théorique où 100% de la population était vaccinée, il resterait donc toujours des personnes qui tomberaient malades et seraient hospitalisées.

De plus, l’immunité vaccinale baisse au fil du temps. Cela peut aussi expliquer que des personnes entièrement vaccinées soient à nouveau contaminées, et que leur risque d’hospitalisation augmente. C’est la raison de la campagne de rappel lancée par le gouvernement pour les plus de 65 ans.

En août dernier, l’épidémiologiste Mahmoud Zureik affirmait d’ailleurs déjà dans les colonnes du Parisien que « dans quelques semaines, avec – heureusement – la couverture vaccinale qui progresse, le pourcentage de patients vaccinés parmi ceux hospitalisés devrait augmenter ». Cette prévision semble donc se confirmer, et l’épidémiologiste de préciser que cela ne voudrait « absolument pas dire que les vaccins sont moins efficaces ».

Par Caroline Dieudonné et Louis Augry



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