faut-il s’attendre à une sixième vague de Covid-19 en janvier?


La cinquième vague actuelle due au variant Delta n’est pas terminée, mais déjà, les yeux sont rivés sur la propagation du variant Omicron, qui pourrait prendre le dessus sur les contaminations début 2022.

En pleine cinquième vague d’épidémie de Covid-19, la sixième est déjà sur la table. « On n’a pas dit un mot de la sixième vague qui est Omicron, qui va venir après en janvier », a ainsi déclaré ce lundi le directeur de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) Martin Hirsch sur RTL.

Selon les dernières données publiées par Santé Publique France vendredi, 59 cas du variant Omicron ont été identifiés en France. Mais chez nos voisins danois et britanniques, les quelques cas du début se sont rapidement démultipliés, laissant entrevoir ce que pourrait vivre la France d’ici quelques semaines.

« Tous les 2,5 jours on double le nombre d’infectés »

La contagiosité, la virulence et l’échappement immunitaire de ce variant sont en encore en cours d’étude, mais il apparait déjà clair que Omicron se transmet bien plus facilement que les autres variants.

Omicron est « clairement hautement transmissible », avait ainsi déclaré mardi dernier à l’AFP, Anthony Fauci, conseiller de la Maison Blanche sur la crise sanitaire. Il pourrait devenir majoritaire en Europe « dans les tout prochains mois », avançaient également des projections publiées le 2 décembre par l’agence de l’Union européenne chargée des maladies. Sur la base de ces modèles mathématiques, « Omicron pourrait causer plus de la moitié des infections provoquées par le virus SARS-CoV-2 dans l’Union européenne d’ici les tout prochains mois ».

« Ce que l’on a vu en Afrique du Sud et ce que l’on voit actuellement au Royaume-Uni est assez inquiétant. On est sur un variant qui se propage beaucoup plus facilement que le variant Delta et qui touche des populations que l’on croyait immunisées jusqu’à présent », a expliqué ce lundi sur BFMTV l’épidémiologiste Pascal Crépey.

« On a un temps de doublement de l’épidémie de 2,5 jours, cela veut dire que tous les 2,5 jours on double le nombre d’infectés. Aujourd’hui le Royaume-Uni est autour de 3000 cas, à ce rythme là, dans une semaine ils sont à 20.000 et dans deux semaines à 160.000 cas », continue-t-il.

« Cela va extrêmement vite, c’est cela qui est très inquiétant », et avec le variant déjà présent sur le territoire français, « il n’y a pas de raisons d’imaginer qu’il ne se passe pas ce que l’on voit sur le territoire du Royaume-Uni« , sur notre sol.

Un variant qui entraine des hospitalisations

En ce sens, une sixième vague avec le variant Omicron – la cinquième vague actuelle étant due au variant Delta – est attendue pour le début d’année. « Je pense qu’il y a une préoccupation importante pour le mois de janvier », a déclaré sur BFMTV Jean-Louis Teboul, chef de service de médecine intensive réanimation à l’hôpital Bicêtre (Val-de-Marne).

Savoir que le virus sous la forme Omicron va progresser en France est une chose, mais il est plus difficile pour le moment de se rendre compte des conséquences de cette future vague, au niveau des hospitalisations et des réanimations. Avec Omicron, « il y a une dangerosité qui est réputée être moins forte, en Afrique du sud notamment, même si il y a des cas hospitalisés » et en réanimation avec les infections au variant Omicron, note Jean-Louis Teboul.

Un malade du Covid-19 infecté par Omicron est ainsi mort au Royaume-Uni, a annoncé le Premier ministre britannique ce lundi.

« On est face à un variant qui cause des hospitalisations et des passages en réanimation. Après c’est vrai qu’on ne sait pas s’il en cause moins que Delta ou plus, ou autant », déclare Pascal Crépey, « mais à partir du moment où il cause des hospitalisations (…) cela va être un variant problématique qui va augmenter le nombre de passage à l’hôpital au Royaume-Uni comme en France. Donc il faut absolument s’en prémunir ».

Un moyen d’éviter cette sixième vague?

Pour se prémunir d’être infecté par le variant Omicron, les mêmes règles que pour les autres variants s’imposent. Ainsi, « respecter les mesures barrières et se faire vacciner pour une dose de rappel probablement va prémunir beaucoup de l’amplitude de cette éventuelle vague supplémentaire en janvier », a encore rappelé Jean-Louis Teboul.

Et même si le vaccin perd de son efficacité face à ce variant, « la chance que nous avons c’est que la troisième dose semble être encore assez efficace contre ce variant, on arrive à des taux d’efficacité de l’ordre de 70/75% d’après les premières études faites au Royaume-Uni », abonde Pascal Crépey.

Reste à voir combien de personnes seront vaccinées avec une dose de rappel en janvier. Actuellement, plus de 14 millions de Français ont reçu cette injection supplémentaire. Le comportement pendant les fêtes de fin d’année – avec le mélange des populations dont certaines à risque pendant les repas de Noël par exemple – pourra également avoir un impact sur la circulation du Covid-19 au début de 2022.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV



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