TOUT COMPRENDRE – Comment va se dérouler la vaccination des enfants qui débute en France ce mercredi?



TOUT COMPRENDRE - Comment va se dérouler la vaccination des enfants qui débute en France ce mercredi?

Une première étape, avant la probable généralisation de la vaccination pour l’ensemble des 5-11 ans, s’ouvre ce mercredi.

Le 15 décembre marque une nouvelle étape dans la vaccination en France. A partir de ce mercredi, une partie des enfants âgés de 5 à 11 ans aura désormais accès à une première dose. Une décision encouragée par la fragilité d’une partie de ce public et par la cinquième vague de Covid-19, ainsi que par l’apparition du variant Omicron qui menace toujours le pays.

• Quels sont les enfants concernés?

Dans un avis publié fin novembre, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale recommandait la vaccination d’une partie des enfants âgés de 5 à 11 ans, qui appartiennent aux catégories les plus menacées par le Covid-19. Parmi eux, ceux présentant un risque accru de faire une forme grave de la maladie et de mourir, mais également ceux vivant dans l’entourage de personnes immunodéprimées ou vulnérables non ou mal protégées par la vaccination.

On dénombre environ 360.000 enfants souffrant de maladies hépatiques chroniques, maladies cardiaques et respiratoires chroniques, neurologiques, d’obésité, de diabète, d’immunodéficience primitive ou atteints de trisomie 21.

A partir de ce mercredi 15 décembre, les enfants souffrant d’une pathologie pourront se faire vacciner dans les établissements de santé et les cabinets de médecins qui assurent leur suivi. Ces derniers ne pourront toutefois probablement pas procéder aux premières injections dès mercredi faute de doses, les commandes ne leur étant ouvertes que depuis ce lundi.

Pour les autres enfants prioritaires (par exemple les enfants atteints d’obésité), la Direction générale de la Santé précise que des lignes pédiatriques dédiées seront mises en place dès le 15 décembre dans les centres de vaccination identifiés par les ARS.

Pour l’heure, sur le site Doctolib, il n’existe pas encore de catégorie spécifiquement réservée aux enfants. La possibilité de vacciner directement dans les écoles primaires n’a pas été mise sur la table, Olivier Véran a cité « les mêmes réseaux que pour les adultes », dans les centres de vaccination, avec la médecine de ville ou les pharmacies.

Plus tôt dans le mois, lors d’une conférence de presse commune avec Jean Castex, le ministre des Solidarités et de la Santé avait invité « les parents (à) contacter leur médecin, leur pédiatre, pour savoir si leur enfant faisait partie de cette catégorie » prioritaire. 

• Quel vaccin sera utilisé?

Le produit utilisé pour les 5-11 ans sera bien moins concentré que celui utilisé chez l’adulte. Olivier Véran avait ainsi évoqué une « dilution adaptée pour les enfants », tandis que la HAS citait dans son avis « une posologie adaptée de 10 µg » pour les moins de 12 ans, ce qui est utilisé à l’étranger, contre 30 µg pour les plus âgés.

Le vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 pour les enfants de 5 à 11 ans « est une dose inférieure (10 microgrammes) à celle utilisée pour les personnes de 12 ans et plus (30 microgrammes) », écrit ainsi la FDA (agence des médicaments américaine).

Comme pour les adultes, le schéma vaccinal complet des enfants est de 2 doses de vaccin à 3 semaines d’intervalle. La DGS recommande toutefois de réaliser un test rapide d’orientation diagnostique (TROD) sérologique en amont de chaque vaccination. En fonction du résultat du test, un schéma à une ou deux doses sera proposé à l’enfant. Ce dispositif ne s’applique pas aux enfants sévèrement immunodéprimés, qui seront soumis à un schéma vaccinal à deux doses quels que soient leurs antécédents.

• Comment cette ouverture est-elle justifiée?

Quelques jours après l’avis du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, Alain Fischer, le « Monsieur vaccin » du gouvernement, précisait les contours de cette décision qui se base sur trois raisons.

Premièrement, le risque pour les enfants de développer une forme grave de Covid-19. « Heureusement, c’est très rare mais il y a des formes graves dont on sait aujourd’hui qu’elles peuvent être prévenues par la vaccination. » Puis, la situation à l’école, où les suspensions de cours se multiplient au gré des contaminations, encadrées par le protocole sanitaire édicté par l’Education nationale.

Enfin, îlot non-vacciné au sein d’une population générale de plus en plus largement protégée, les enfants constituent désormais l’un des principaux vecteurs de transmission du Covid-19. Le taux d’incidence chez les enfants a ainsi fortement augmenté à l’occasion de la cinquième vague en cours.

« Il y a le bénéfice-risque collectif qu’on met souvent en avant », mais il y a aussi « le bénéfice individuel », a souligné pour sa part mardi sur Public Sénat le secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance, Adrien Taquet.

« Il y a un certain nombre d’enfants, très petit nombre – fort heureusement – qui développent des formes graves », a-t-il rappelé.

• Et pour le reste des enfants?

Cette première ouverture annonce-t-elle une extension de cette campagne de vaccination à tous les enfants à court ou moyen terme? Dans les jours à venir, celle-ci devrait devenir généralisée, sur la base du volontariat, dans l’attente du feu vert des autorités sanitaires, alors qu’elle est autorisée par l’Union européenne depuis le 25 novembre dernier.

Dans le détail, pour les 6 millions d’enfants concernés, l’exécutif attend les autorisations de la HAS et du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), qui doit rendre ce jeudi son avis sur la question.

Sous réserve de ces feux verts, la vaccination de tous les enfants de 5 à 11 ans qui le souhaitent pourra débuter le 20 décembre. Dans une circulaire interne, la Direction générale de la Santé demande ainsi « à l’ensemble des professionnels de s’y préparer afin qu’elle puisse être mise en œuvre dans les délais les plus brefs ».



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