Comment parler du vaccin contre le Covid-19 avec son enfant?


La vaccination contre le Covid-19 est ouverte depuis ce mercredi à tous les enfants de 5 à 11 ans en France. Mais comment aborder ce sujet avec les plus jeunes?

« Nous ouvrons aujourd’hui la vaccination pour les enfants, c’est officiel », a déclaré ce mercredi matin sur BFMTV/RMC le ministre de la Santé Olivier Véran, assurant que les premiers rendez-vous pourraient être pris dans la journée.

La vaccination, jusque-là seulement proposée aux 5-11 ans présentant des fragilités, est donc désormais ouverte à 6 millions d’enfants, sur la base du volontariat. Outre la peur de la piqûre, le contexte angoissant de la pandémie depuis près de deux ans pourrait effrayer certains d’entre eux.

« Cela peut avoir des effets secondaires bizarres et ça fait un peu peur », déclarait par exemple Lissandra, âgée de dix ans, à BFMTV.

« On ne leur a pas posé de question pour les 11 vaccins obligatoires« , note auprès de BFMTV.com Thierry Delcourt, pédopsychiatre à Reims et vice-président de l’AFPEP (Association française des psychiatre d’exercice privé).

Mais dans le cas du Covid-19, « ils vivent avec le virus, avec le port du masque, ils entendent des gens qui sont pour, d’autres qui sont contre. Forcément cela crée une anxiété chez certains, voire une angoisse ».

« Prendre au sérieux toute peur qu’il ou elle pourrait avoir »

Au sujet du vaccin contre le Covid-19, « il est important d’être très attentif et de prendre au sérieux toute peur qu’il ou elle pourrait avoir », écrit l’Unicef dans une page de conseils aux parents, soulignant que « la pandémie et la désinformation ont suscité beaucoup d’inquiétude et d’incertitude pour tout le monde ».

Il faut donc entendre ce que l’enfant a à vous dire, ses craintes, et y répondre en s’informant sur le sujet. Vous pouvez aussi poser des questions avec lui à un médecin ou quelqu’un de formé à ce propos.

Thierry Delcourt, auteur de « La fabrique des enfants anormaux », recommande avant tout, d’être honnête avec l’enfant.

« Il faut par exemple lui dire que oui, il sera peut-être un peu malade après la piqûre, ne sera pas très bien, mais que ça ira. Il faut les prévenir, être sincère dans ce qu’on leur explique ».

« C’est peut-être l’occasion de l’informer sur l’histoire du vaccin »

« Les enfants ont le droit de savoir ce qui se passe mais il faut que cela leur soit expliqué d’une façon adaptée à leur âge », souligne l’Unicef, qui propose des dessins ou des jeux de rôle afin de, par exemple, mimer à quoi va ressembler le moment de la vaccination, ou ce que la vaccination va par exemple faire dans le corps.

Ainsi à la question « qu’est-ce qu’un vaccin », l’organisme suggère la réponse: « un vaccin est comme un bouclier qui te protège d’une maladie ». « Grâce au vaccin, ton armée personnelle d’anticorps guette le coronavirus, les soldats sont prêts à le détruire avant qu’il ne te rende malade de la Covid-19 », explique également une vidéo du média Radio-Canada à l’attention des enfants.

« C’est peut-être l’occasion de l’informer sur l’histoire du vaccin, lui raconter pourquoi il a été créé et quelles maladies il a guéri », souligne également le pédopsychiatre.

« L’idée n’est pas forcément de leur vendre le vaccin mais de leur présenter ce que c’est, d’avoir un discours clair ».

Ne pas transmettre ses propres angoisses

Tout ce processus peut sembler simple lorsque les parents sont complètement favorables à la vaccination. Mais beaucoup doutent: selon un sondage Elabe pour BFMTV, L’Express et SFR, les parents d’enfants âgés de 5 à 11 ans sont opposés à la vaccination à 68%, dont 47% très opposés. Une maman évoquait un « manque de recul » sur le vaccin à BFMTV.com. « Pour les enfants on a un petit peu peur par rapport aux effets secondaires », déclarait une autre.

Afin de ne pas effrayer davantage les plus jeunes, Thierry Delcourt appelle les parents à ne pas « polluer leurs enfants avec leurs propres questionnements et inquiétudes », mais plutôt à « se pencher sur leur curiosité sans en faire une angoisse ».

Pour inclure l’enfant dans le processus, plutôt que de le questionner pour savoir si oui ou non il veut se faire vacciner et pourquoi, il conseille de lui demander « à quel moment voudrais-tu qu’on le fasse? Par exemple avant ou après Noël? ».

La peur de la piqûre

Dans tout ce processus subsiste une peur chez certains enfants, non corrélée au Covid-19 mais due au processus du vaccin en lui-même, qui inclut une piqûre. Le vaccin « est souvent le premier soin douloureux dont les enfants font l’expérience », note l’association Sparadrap, qui a pour but d’informer et de préparer les enfants aux soins, et de leur éviter ou de soulager les douleurs liées.

« Il faut que le médecin rassure sur ce point », souligne Thierry Delcourt.

Dans un fascicule, l’association conseille aux adultes présents avec l’enfant pour le vaccin de le distraire, de chanter, raconter une histoire ou une blague, utiliser un jouet… La vaccination reste un acte très rapide, la distraction ne durera pas forcément longtemps.

Il est toujours bon de rassurer l’enfant après le vaccin, voire le féliciter de son courage, afin qu’il ressorte de l’examen content de ce qu’il a fait, que cette expérience reste positive.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV



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