les enfants confrontés à un pic inédit de contaminations


Ce mercredi, annonçant l’ouverture de la vaccination anti-Covid à l’ensemble des 5-11 ans, le ministre de la Santé a souligné que les enfants étaient eux aussi confrontés à un pic de contaminations, avec un nombre d’hospitalisations inédit en France.

« Il y a plus de risques et même beaucoup plus statistiquement, de faire des formes graves de Covid quand on a entre 5 et 11 ans même sans comorbidité, que d’avoir un effet indésirable grave lié au vaccin ». Le ministre de la Santé a officialisé, ce mercredi, l’ouverture de la campagne de vaccination anti-Covid-19 à l’ensemble des enfants âgés de 5 à 11 ans. À cette occasion, Olivier Véran a répété qu’il était « beaucoup plus risqué » pour les enfants de développer des formes graves du Covid que des « effets indésirables graves à cause du vaccin ».

Au micro de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi matin, le ministre de la Santé a fondé son observation sur les données ad hoc en provenance des Etats-Unis: « Ils ont fait sept millions d’injections chez les 5-11 ans (depuis le 3 novembre, NDLR). Sur ces sept millions, 14 effets indésirables à des titres de myocardie réversible ».

Un rapport très favorable, comme l’a souligné Olivier Véran, qui pousse à étendre la vaccination à ce très jeune public. D’autant plus que les enfants de cette tranche d’âge font actuellement face à un pic inédit d’hospitalisations en France. « Il y avait mardi soir 145 enfants hospitalisés pour une forme grave de Covid, 27 sont en service de réanimation », a ainsi fait valoir le ministre qui a encore remarqué: « Et certains n’ont pas de comorbidité. »

Un enfant français sur 100 positif au Covid

S’il a admis que ces chiffres ne représentaient que 1% des hospitalisations prises dans leur intégralité, Olivier Véran a prolongé: « Le taux d’incidence fait qu’aujourd’hui un enfant sur 100 est positif au Covid (…) C’est dans cette population d’enfants que le virus circule le plus ».

Les facteurs de la propagation du virus sont connus: respect des gestes barrières problématique chez les petits, fréquentation de l’école et surtout absence, jusqu’à présent, de vaccin.

Or, il est urgent de conjurer ces difficultés car, comme le montre le chiffre des réanimations parmi les enfants, ceux-ci sont eux aussi sujets aux formes graves de la maladie, notamment « ce qu’on appelle le syndrome PIMS », a précisé Olivier Véran.

Les ravages du syndrome PIMS

PIMS, acronyme de « syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique », désigne les « cas de myocardite avec état de choc cardiogénique chez des enfants » après une infection Covid-19 récente, selon la définition de l’agence Santé Publique France.

Dans son bilan de surveillance de ce syndrome en date du 25 novembre, Santé Publique France détaillait l’étendue des dégâts provoqués par le Covid-19 chez les enfants depuis l’intrusion de la pandémie en France. Elle notait qu’entre le 2 mars 2020 et le 21 novembre 2021, 702 des cas de PIMS qui avaient été signalés par les pédiatres (sur 781 au total) étaient liés au Covid.

« Parmi les 702 patients pour lesquels le lien avec la COVID-19 était possible, probable ou confirmé, les PIMS étaient associés à une myocardite pour 498 cas (71%). Un séjour en réanimation a été nécessaire pour 318 enfants (41%) et en unité de soins critiques pour 199 (25%) », peut-on encore lire dans ce bilan qui déplore également la mort d’un de ces jeunes patients, âgé de neuf ans.

Des enjeux de moyen terme

L’exécutif – Olivier Véran ce mercredi, comme le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, la veille – ne cesse de le répéter: les incertitudes demeurent nombreuses autour du nouveau coronavirus, a fortiori maintenant que le variant Omicron chamboule une énième fois la donne.

Toutefois, les cas de PIMS chez les enfants augmentent « en nombre absolu en même temps que les contaminations », selon Antoine Flahaut, épidémiologiste exerçant à l’Université de Genève, auprès du Parisien ce mercredi. Dans les colonnes du journal, l’épidémiologiste plaidait une fois de plus en faveur de l’injection de doses de Pfizer dans les épaules des 5-11 ans: « Les myocardites post-vaccinales ont toutes régressé sans séquelles à ma connaissance, alors que les myocardites post-Covid-19 en ont parfois laissé ».

Benjamin Davido, infectiologue officiant à Garches dans les Hauts-de-Seine, a pour sa part avancé un dernier argument auprès du Parisien: « Sans tomber dans le discours de la terreur, car je ne crois pas qu’il y ait une vague de Covid long chez les enfants, ça peut entraîner des troubles de l’apprentissage, nuire à leur concentration, entraîner des redoublements ». Derrière l’urgence sanitaire se profilent donc, déjà, des enjeux de moyen terme.

Robin Verner

Robin Verner Journaliste BFMTV



Lire la suite
www.bfmtv.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *