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Malawi : la hausse des prix des denrées alimentaires pousse les plus pauvres au bord de la famine – PAM



Malawi : la hausse des prix des denrées alimentaires pousse les plus pauvres au bord de la famine – PAM

Au cours des trois derniers mois, le coût du panier alimentaire a augmenté de 18 % dans le pays, enregistrant la plus forte hausse en Afrique australe.

« Le PAM s’attend à une aggravation de la situation si le prix de l’assortiment alimentaire reste élevé », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, le porte-parole du PAM, Tomson Phiri. 

Avant ces hausses de prix, 50% de la population malawite vivait déjà dans la pauvreté (moins de 2 dollars par jour). D’une manière générale, les populations sont inquiètes de la hausse des prix, beaucoup regardent leurs stocks et se demandent comment elles vont pouvoir joindre les deux bouts.

Le prix moyen du grain de maïs est généralement censé baisser de manière significative avec le début de la récolte. Cependant, au début du mois d’avril 2022, les prix du maïs ont fortement augmenté.

« Une myriade de facteurs contribuent à la hausse des prix du maïs que connaît actuellement la nation », a ajouté M. Phiri, relevant que « certains facteurs risquent d’avoir un impact sur les petits exploitants agricoles et d’exacerber une situation d’insécurité alimentaire déjà fragile ».

Selon le PAM, la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires, des engrais, du carburant et de l’huile de cuisson est le résultat de la pandémie Covid-19 qui a touché le Malawi en 2020 et 2021.

Les prix du pain et des autres produits alimentaires à base de blé augmentent déjà depuis mars 2022.

Des difficultés imputables à la Covid et exacerbées par le conflit ukrainien

Des entretiens avec des propriétaires de boulangeries révèlent que le prix de détail d’un sac de 50 kg de farine de blé a augmenté de 42% depuis le début du conflit. Le prix du pain a augmenté de 50% au cours de cette même période. Au cours de la première semaine de mai 2022, le prix des haricots a augmenté de 28 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Le carburant. Le Malawi importe 100% des produits pétroliers (essence et diesel) dont il a besoin. Entre octobre 2021 et avril 2022, les prix de l’essence et du diesel ont augmenté respectivement de 54% et 64%.

« L’augmentation du prix du carburant a déclenché une flambée des prix des denrées alimentaires », a détaillé le porte-parole du PAM, rappelant qu’en janvier 2021, avant le conflit ukrainien, les prix des engrais au Malawi étaient proches d’un record historique, entre 130 et 160 % plus élevés qu’en 2020.

« Alors, on pourrait facilement expliquer que cela est imputable à la pandémie de Covid19. 

Mais une nouvelle évaluation du PAM a révélé que ces difficultés sont désormais exacerbées par les effets de la crise ukrainienne », fait valoir M. Phiri.

Réduction des rations alimentaires du PAM

Sur le terrain, l’agence onusienne basée à Rome vient en aide à 1,5 million de personnes chaque année par le biais de différents types d’assistance. Mais si les prix mondiaux des denrées alimentaires continuent d’augmenter, le PAM sera doublement affecté. « Il lui en coûtera plus cher pour acheter de la nourriture pour ceux qui ont faim et le nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire augmentera », a alerté M. Phiri.

En attendant,  le PAM a été contraint de réviser à la hausse ses valeurs monétaires en raison de ces hausses de prix. « Cela signifie que les ressources financières existantes ne dureront pas aussi longtemps », a affirmé le porte-parole de l’agence onusienne.

Or le PAM a été obligé de fournir 75% d’une ration normale à 400.000 personnes ayant besoin d’une assistance alimentaire en raison des chocs climatiques (réponse à la période de soudure 2021/22 et aux inondations).

De même, 46.000 réfugiés reçoivent une ration de 50 à 75% depuis mai 2019.
Pour ses opérations au Malawi, le PAM a besoin urgemment de plus de 6 millions de dollars dont 2,9 millions pour soutenir plus de 22.000 ménages touchés par les inondations (101.000 personnes) pendant trois mois, avec des transferts monétaires conditionnels. 



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