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Santé des réfugiés et des migrants : un rapport de l’OMS sonne l’alarme


On compte aujourd’hui environ un milliard de migrants dans le monde, soit près d’une personne sur huit. « L’expérience de la migration est un déterminant clé de la santé et du bien-être et dans de nombreuses sociétés, les réfugiés et les migrants restent parmi les membres qui sont les plus vulnérables et reçoivent le moins d’attention », a déclaré le Dr Tedros, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à l’occasion de la sortie du rapport.

« Ce rapport est le premier à proposer une analyse mondiale de la santé des réfugiés et des migrants. Il plaide en faveur d’une action urgente et collective pour veiller à ce que ces populations puissent accéder à des services de santé qui tiennent compte de leurs besoins. Il illustre également la nécessité pressante de s’attaquer aux causes profondes de la mauvaise santé et de réorienter radicalement les systèmes de santé pour les adapter à un monde de plus en plus en mouvement », a ajouté le chef de l’OMS.

S’appuyant sur un vaste examen de la littérature du monde entier, le rapport prouve que les réfugiés et les migrants ne sont pas intrinsèquement en moins bonne santé que les populations d’accueil.

En revanche, plusieurs déterminants comme le niveau d’éducation, de revenu, l’accès au logement et aux services viennent aggraver des obstacles linguistiques, culturels, juridiques, et ont un impact négatif sur leur santé se répercutant tout au long de leur vie, selon le document.


Les vaccins COVID-19 sont administrés dans les communautés accueillant des réfugiés, comme à Fort Portal, en Ouganda.

© UNICEF/Maria Wamala

Les vaccins COVID-19 sont administrés dans les communautés accueillant des réfugiés, comme à Fort Portal, en Ouganda.

L’expérience de la migration, un facteur-clé

L’expérience de la migration et des déplacements est un facteur clé de la santé et du bien-être d’une personne, en particulier lorsqu’elle est associée à d’autres déterminants.

Parmi les 169 millions de travailleurs migrants dans le monde, beaucoup occupent des emplois « salissants, dangereux et exigeants ».

Une analyse réalisée récemment sur plus de 17 millions de participants originaires de 16 pays a fait apparaître que les travailleurs migrants étaient moins susceptibles d’avoir recours à des services de santé et étaient davantage exposés aux risques d’accidents du travail, de lésions professionnelles et de problèmes de santé liés à leur emploi que leurs homologues non migrants. 

Lacunes profondes en matière d’information

Le rapport a mis en évidence de profondes lacunes dans les données et les systèmes d’information sanitaire en ce qui concerne la santé des réfugiés et des migrants. En effet, bien qu’il y ait pléthore de données et d’éléments probants, ceux-ci sont fragmentés et ne permettent pas de comparaisons entre les pays et dans le temps.

Même s’il est parfois possible d’identifier ces populations mobiles dans les ensembles de données mondiaux servant au suivi des objectifs de développement durable (ODD), les données sur la santé sont souvent absentes des statistiques migratoires et les variables constituant le statut migratoire n’apparaissent généralement pas dans les statistiques sanitaires. Il est donc difficile de déterminer et de suivre les progrès des réfugiés et des migrants au regard des ODD liés à la santé, selon le rapport.

« Il est impératif d’en faire davantage pour la santé des réfugiés et des migrants, mais si nous voulons que les choses bougent, il faut investir de toute urgence pour améliorer la qualité, la pertinence et l’exhaustivité des données relatives à la santé de ces populations. Nous avons besoin de systèmes solides de collecte et de suivi des données qui représentent véritablement la diversité de la population mondiale et l’expérience que vivent les réfugiés et les migrants dans le monde entier ; des systèmes  plus efficaces capables d’orienter les politiques  », a déclaré la Dre Zsuzsanna Jakab, Directrice générale adjointe de l’OMS.  

Les cadres existent mais ne sont pas assez mis en œuvre

Si l’absence de données sur la santé des réfugiés et des migrants comparables d’un pays à l’autre, il existe des politiques et des cadres tenant compte des besoins sanitaires des réfugiés et des migrants, selon le rapport, qui souligne leur manque de mise en œuvre.

« Le statut migratoire ne devrait dès pas être un facteur de discrimination, mais un élément-clé dans l’élaboration des politiques sur lequel bâtir et renforcer les soins de santé, ainsi que la protection sociale et financière. Nous devons réorienter les systèmes de santé actuels pour en faire des services intégrés, ouverts aux réfugiés et aux migrants, selon les principes des soins de santé primaires et de la couverture sanitaire universelle », a déclaré le DSantino Severoni, Directeur du Programme Santé et migrations de l’OMS.

Dans certains pays, près de la moitié du personnel infirmier né à l’étranger

Le rapport met aussi en avant les « formidables contributions des agents de santé réfugiés et migrants dans le cadre de la riposte en première ligne à la COVID-19 » dont l’une des plus remarquables a concerné plusieurs pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Son importance est telle que, dans certains pays, jusqu’à la moitié des membres du personnel médical ou infirmier sont nés à l’étranger.

La mise en place de systèmes de santé ouverts au plus grand nombre qui respectent le principe du droit à la santé pour tous et à la couverture sanitaire universelle permettrait de recenser et de soutenir rapidement les personnes ayant besoin de services de santé, avant que de nombreux problèmes ne s’aggravent.

La force d’un système de santé n’est jamais plus grande que celle de son maillon le plus faible. L’inclusion des réfugiés et des migrants est un investissement utile pour le développement et le bien-être des sociétés du monde entier, affirme l’OMS.



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