les capteurs de CO2 et les purificateurs d’air font leur apparition dans les écoles


Une salle de classe de maternelle équipée d’un capteur de CO2 et de deux purificateurs d’air, dans une école du 9e arrondissement à Paris, le 19 mai 2021.

Pas besoin de notice pour comprendre le fonctionnement du petit boîtier bleu installé à l’entrée de la classe. Il suffit de s’adresser aux élèves. « C’est pour ouvrir les fenêtres », se lance Raphaël. « Et les fermer », complète Suzanne. « Pour aérer », poursuit Simon. « Contre les microbes », précise Raphael. « Orange c’est mauvais, et vert c’est bien », nous éclaire Elisa. « Et il y a aussi rouge », alerte Suzanne. « Souvent, ce sont eux qui me préviennent que le voyant vire au rouge et qu’il faut ouvrir la fenêtre », dit « maîtresse Catherine », la seule à porter un masque au milieu de ses 24 élèves de moyenne section. Comme les autres classes de cette école du 9e arrondissement, à Paris, celle de Catherine Duras est équipée d’un capteur de CO2 ainsi que de deux purificateurs d’air. Guère plus volumineux qu’un aspirateur et bien moins bruyants, ils sont surtout redoutablement plus efficaces contre les particules fines.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’aération des lieux clos, angle mort du déconfinement

Un double dispositif que recommande désormais le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pour lutter contre la propagation du Covid-19 au sein des établissements scolaires, après avoir longtemps mis en doute l’efficacité des épurateurs. « Nous encourageons les collectivités pour des capteurs de CO2 et des purificateurs d’air (…) chaque fois que cela est pertinent », a déclaré le ministre, le 25 avril, en détaillant le nouveau protocole sanitaire mis en place pour la réouverture des écoles.

La maire (ex-Les Républicains) du 9e arrondissement, Delphine Bürkli, n’a pas attendu le feu vert du gouvernement ni la crise sanitaire pour les déployer dans les 150 classes de ses 20 écoles (élémentaires et maternelles). Les capteurs de CO2 ont été installés dès 2018, les purificateurs d’air l’année suivante. Au départ, rappelle l’élue, c’était une réponse à la pollution de l’air qui cerne les écoles parisiennes : « Une manière de purifier l’air pollué qu’on fait entrer dans les classes en ouvrant les fenêtres pour les aérer. »

Aujourd’hui, elle est convaincue que l’association des capteurs de CO2 aux épurateurs constitue le « quatrième geste barrière », les trois premiers consistant à « se laver les mains, à porter un masque et à aérer régulièrement les pièces ». L’élue a demandé à l’association Respire, en pointe sur les questions de pollution de l’air, d’éprouver l’efficacité du dispositif. Entre février et avril, les niveaux de CO2 et de particules fines (inférieures à 2,5 micromètres) ont été mesurés pendant deux semaines dans deux classes de maternelle, dont celle de Catherine Duras. En semaine 1, les épurateurs d’air étaient activés seulement dans la première classe. Et inversement en semaine 2. Une baisse de 20 % à 30 % de la concentration en particules fines a été observée quand les purificateurs fonctionnaient, y compris en puissance minimale pour générer le moins de bruit possible.

Il vous reste 69.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *