au Vietnam, un nouveau variant découvert ; en Allemagne, une enquête ouverte pour des tests surfacturés


Entre course aux vaccins et crainte de l’émergence de nouveaux variants du SARS-CoV-2, la pandémie de Covid-19 continue de faire des milliers de morts chaque jour dans le monde. Depuis la fin de l’année 2019, plus de 3,5 millions de personnes sont mortes des complications liées à cette maladie, selon un bilan effectué par l’Agence France-Presse à partir de données officielles – et considéré comme sous-évalué.

  • Le Vietnam a découvert un nouveau variant, selon les médias d’Etat

Un officier de sécurité se désinfecte les mains, à Hanoï, au Vietnam, le 26 mai 2021.

Le Vietnam a annoncé samedi 29 mai avoir détecté sur son territoire un nouveau variant du virus du Covid-19, qualifié de combinaison des variants indien et britannique par les autorités. Le pays fait face à une nouvelle vague de contaminations sur plus de la moitié de son territoire, y compris les zones industrielles et les grandes villes, dont Hanoï et Ho Chi Minh Ville.

« La caractéristique principale de ce virus est qu’il se transmet rapidement dans l’air. La concentration de virus dans la gorge et la salive augmente rapidement, et il se répand très vite dans l’environnement proche », a déclaré le ministre de la santé, Nguyen Thanh Long, lors d’une réunion nationale sur la pandémie.

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Il n’a pas précisé le nombre de cas attribuables à ce nouveau variant, dont les caractéristiques seront prochainement publiées, ainsi qu’il l’a déclaré, en vue d’être ajoutées à la carte des variants dans le monde.

Le Vietnam avait jusqu’à récemment très peu été touché par le virus. La majorité des 6 700 cas et des 47 morts déclarés ont ainsi été enregistrés depuis avril 2021. Un peu plus d’un million de personnes sont vaccinées, sur un total de 97 millions d’habitants.

  • Soupçons de surfacturation des tests antigéniques en Allemagne

La file d’attente d’un centre de dépistage rapide du Covid-19, à Stuttgart, en Allemagne, mercredi 26 mai.

Plusieurs enquêtes ont été lancées en Allemagne contre des structures proposant des tests Covid-19 rapides, et qui sont soupçonnées de gonfler le nombre de dépistages réalisés pour obtenir des remboursements non justifiés de la part de l’Etat.

Le parquet de Bochum (nord-ouest) a perquisitionné vendredi plusieurs locaux et logements privés liés à une entreprise qui propose ce type de tests antigéniques, selon une porte-parole, citée par le quotidien Süddeutsche Zeitung. Le parquet de Lübeck (nord) a également ouvert une enquête pour « fraude » dans la « réalisation et la facturation de tests rapides », selon l’hebdomadaire WirtschaftsWoche. Enfin, vendredi, l’autorité sanitaire de Cologne a effectué un contrôle inopiné dans l’un de ces centres.

Ces tests sont gratuits depuis plusieurs semaines pour les habitants, en vertu d’une réglementation fédérale visant à multiplier les dépistages. Cette dernière prévoit également un remboursement de jusqu’à 18 euros par test, mais plusieurs médias allemands ont pointé ces derniers jours l’absence de contrôles ou l’impossibilité de les mener à bien. Les centres ne doivent en effet fournir ni les noms des personnes testées ni quelque autre document que ce soit (comme des factures pour l’achat d’ustensiles), selon une enquête commune des télévisions publiques NDR et WDR, avec le quotidien Süddeutsche Zeitung, qui a lancé l’affaire.

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Afin de déceler d’éventuelles irrégularités, les journalistes ont compté les personnes venues pour se faire tester à plusieurs endroits et ont comparé le résultat obtenu aux chiffres transmis aux autorités. Le résultat : pour une centaine de dépistages effectués, un centre en déclarait 422 ; ailleurs, au lieu de 550, l’entreprise disait en avoir fait 1 743 sur une journée.

Depuis l’ouverture des tests gratuits à toute la population, de tels points de dépistage, faciles à ouvrir, se multiplient en Allemagne : en Rhénanie du Nord-Westphalie, Land le plus peuplé du pays, le ministère de la santé en a recensé plus de huit mille.

  • Un quartier confiné en Chine après un cas de variant indien

Un quartier de la ville de Guangzhou, dans le sud de la Chine, a été confiné samedi après que vingt cas de Covid-19 y ont été signalés en une semaine. L’apparition des cas dans cette métropole de quelque 15 millions d’habitants serait liée, selon des responsables locaux de la santé, à une femme de 75 ans ayant contracté le variant apparu en Inde.

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Un avis du bureau municipal de la santé de Guangzhou publié samedi a identifié cinq rues du district de Liwan, dans le centre-ville, comme étant des « zones à haut risque », et a par conséquent ordonné aux riverains concernés de rester confinés jusqu’à ce que les tests de dépistage, menés au porte-à-porte, soient terminés.

Les marchés, les écoles et les lieux de divertissement de ce secteur ont été fermés. Les autorités locales ont par ailleurs entamé une campagne massive de dépistage de la population, laquelle avait englobé jusqu’à 700 000 personnes mercredi.

  • Les prisons thaïlandaises submergées par le Covid-19

Une vague de Covid-19 se répand dans les prisons thaïlandaises, jetant une lumière crue sur la surpopulation carcérale dans le royaume, où certains détenus ont moins d’espace pour dormir que dans un cercueil.

Samedi, plus de 25 000 prisonniers avaient été testés positifs. Les détenus ont reçu consigne de garder leur masque à tout moment, même la nuit, quand ils dorment parfois collés les uns contre les autres.

Pour tenter de freiner la propagation du virus, les autorités accordent des libérations anticipées aux prisonniers souffrant de problèmes de santé, de même qu’elles ont annoncé que davantage de tests seraient effectués. Ces mesures arrivent tard, d’anciens détenus affirmant n’avoir pas été informés du danger de l’épidémie lorsqu’ils se trouvaient derrière les barreaux.

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Selon la Fédération internationale des droits de l’homme, la population carcérale s’élève à environ 311 000 personnes en Thaïlande, soit plus de deux fois et demi la capacité officielle du système. La surpopulation est due à une loi très sévère contre le trafic de drogue. Près de quatre détenus sur cinq sont emprisonnés pour ce motif, et on peut se retrouver condamné à une peine de dix ans de prison pour quelques comprimés de méthamphétamine.

Dans de nombreuses cellules, les prisonniers sont obligés de vivre entassés, et dorment les uns sur les autres. Ces dernières semaines, les tests ont concerné 36 000 d’entre eux, et une campagne de vaccination est en cours vis-à-vis de l’ensemble des détenus ainsi que du personnel pénitentiaire. Une grâce royale serait actuellement à l’étude, qui s’appliquerait aux prisonniers les plus fragiles : après s’être vu placer en quarantaine, ces derniers seraient autorisés à rentrer chez eux.

Le Monde avec AFP



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