Surplus de vaccins à Hongkong où la population boude la vaccination


Un immeuble du quartier Grand Central, le 28 mai 2021 à Hongkong, dans lequel se trouve un appartement d’une valeur de plus d’un million d’euros mis en jeu dans le cadre d’une loterie ouverte à tout Hongkongais de plus de 18 ans qui a reçu ses deux doses de vaccin. Une opération destinée à inciter les habitants de la région autonome spéciale à se faire vacciner.

« Les vaccins ont tous une date de péremption et nous ne sommes pas sûrs de pouvoir renouveler les stocks. Les centres de vaccination administrant le BioNTech cesseront de fonctionner après le mois de septembre », a prévenu fin mai le docteur Thomas Tsang Ho Fai, membre de l’équipe gouvernementale qui gère la campagne de vaccination, s’indignant sur les ondes du service public RTHK (Radio-Télévision Hongkong), que Hongkong n’utilisait pas ses doses alors même que « le monde entier se battait pour en avoir ».

Hongkong est en effet l’un des rares territoires de la planète à disposer d’une surabondance de doses pour vacciner l’ensemble de sa population (7,5 millions d’habitants). La région administrative spéciale chinoise, qui est dotée d’un haut degré d’autonomie, a commandé 7,5 millions de doses du vaccin chinois Sinovac, ainsi que 7,5 millions de doses de doses du vaccin BioNTech, produit par Pfizer et distribué par Fosun, non disponible en Chine continentale.

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Malgré la possibilité de choisir entre deux vaccins de technologie différente, l’opportunité d’être vaccinés gratuitement et la forte reprise de l’épidémie à Taïwan et à Singapour, les Hongkongais rechignent à se faire piquer.

Position de « wait and see »

Mercredi 26 mai, soit trois mois après le début de la campagne de vaccination de masse, à peine 12 % de la population était complètement vaccinée, 17 % ayant reçu au moins une dose. Au vu des nombreux centres publics de vaccination quasiment vides, les priorités initialement accordées à certaines professions et aux personnes les plus âgées ont très vite été levées. Et à partir de vendredi 28 mai, les citoyens chinois (de Chine continentale) non-résidents mais présents à Hongkong avec des visas de travail ont eux aussi accès aux vaccins dispensés à Hongkong, de même que les réfugiés, qui en étaient privés jusqu’à présent. La dernière catégorie à ne pas encore pouvoir être vaccinée est celle des 12-16 ans (avec le vaccin BioNtech).

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« Je préfère attendre encore un peu. Il n’y a aucune urgence, après tout : il n’y a quasiment plus de cas à Hongkong et voyager reste beaucoup trop compliqué pour le moment avec cette quarantaine obligatoire à l’hôtel [d’une à trois semaines selon les pays d’origine] », affirme Carol Lai Pui-yee, une universitaire âgée d’une soixantaine d’années. Elle estime que le gouvernement n’a pas convaincu sur l’absence de risques associés à la vaccination. « Il y a eu au moins douze morts parmi les vaccinés. Ces cas n’ont pas été bien éclaircis et des doutes persistent dans la communauté », ajoute-t-elle.

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