le gouvernement craint un « plafond de verre » vaccinal


Une infirmière attend des candidats, dans un gymnase converti en centre de vaccination, à Saint-Etienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes), le 26 mai 2021.

En ce 21 mai, l’ambiance est légère dans les rues de Nevers. Emmanuel Macron déambule tout sourire au cœur de la cité médiévale en marge d’un déplacement consacré à la culture. Les terrasses ont rouvert depuis deux jours, symbole du succès du déconfinement, qui voit l’épidémie de Covid-19 refluer et la France atteindre dans les temps le cap des 20 millions de personnes vaccinées.

Le chef de l’Etat s’accoude à une rambarde et interroge un homme attablé devant un restaurant. « Vous avez été vacciné ? », demande-t-il. « J’ai peur pour le vaccin. J’attends le Sanofi », lui répond l’intéressé, arrachant un silence gêné au président de la République. « Je comprends les doutes, mais, si je peux me permettre, faites-le cet été. Sanofi, ce n’est pas avant cet automne », réplique Emmanuel Macron, avant d’ajouter, au sujet du vaccin : « Ça a un impact. »

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Derrière l’euphorie que représente l’ouverture de la vaccination à l’ensemble de la population majeure, lundi 31 mai, une inquiétude pointe : les Français seront-ils assez nombreux à accepter de se faire vacciner pour atteindre l’immunité collective, et ainsi empêcher une quatrième vague ? Dans l’immédiat, la demande de vaccins excède encore l’offre, rappelle-t-on au sein du gouvernement. Mais la raréfaction des candidats à la vaccination risque de poser problème dès cet été.

« Le plafond de verre, on le voit arriver, souffle un ministre. Il est possible que l’on se retrouve dans une situation où nous aurons plus de doses que de gens qui se vaccinent. » Ce tassement est rencontré depuis début mai aux Etats-Unis, pays plus avancé que la France dans sa campagne de vaccination. « Le danger, c’est qu’on ne parle plus du Covid et qu’au cœur de l’été les gens ne pensent plus à se faire vacciner. Nous devons anticiper ce phénomène », souligne un conseiller de l’exécutif.

« Miser sur la confiance »

Selon le baromètre du Cevipof pour Le Monde, publié le 21 mai, 65 % des Français de plus de 18 ans ont l’intention de se faire vacciner contre le Covid-19, ou l’ont déjà fait. Un chiffre en hausse de 16 points par rapport au mois de février. Le service d’information du gouvernement (SIG), de son côté, a commandé une étude affirmant que 81 % de la population adulte serait prête à s’immuniser.

Rassurant, mais peut-être pas suffisant : l’Institut Pasteur estime que l’immunité collective ne pourra être atteinte que si de 80 % à 90 % des adultes se font vacciner. « Initialement, on pensait que 70 % de la population vaccinée permettait d’atteindre l’immunité collective, mais l’arrivée des variants et les mutations liées à la contagiosité du virus ont fait augmenter le seuil à plus de 80 % », explique l’épidémiologiste Didier Pittet. « Il faut être clair, le virus est là pour rester. L’enjeu de la vaccination est donc primordial pour espérer retrouver une vie normale », ajoute le scientifique, qui a rédigé un rapport, à la demande de l’exécutif, sur la gestion de la crise sanitaire en France.

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