la Haute Autorité de santé propose une sérologie prévaccinale pour accélérer la campagne


Prélèvement d’une goutte de sang sur un patient afin de réaliser un test rapide d'orientation diagnostic, permettant ici le dépistage de l'hépatite C, le 18 mai 2011.

Au moment où la vaccination contre le Covid-19 s’ouvre à tous les Français de plus de 12 ans, et donc à une population ayant plus communément développé des formes asymptomatiques de la maladie, se pose la question de la pertinence d’un schéma vaccinal à deux doses. En effet, les personnes ayant déjà contracté le Covid-19 dans le passé ont besoin d’une unique dose de vaccin pour être considérées comme totalement protégées, et ce quelle que soit l’antériorité de leur infection. La Haute Autorité de santé (HAS) a réaffirmé cette position dans un avis publié jeudi 3 juin.

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Mais alors que faire quand on a contracté une forme asymptomatique de la maladie et qu’on ne sait pas si on a déjà eu le Covid-19 ? Jusque-là, ces personnes recevaient deux doses, comme prévu dans le schéma vaccinal classique. Désormais, la HAS rend possible mais non obligatoire la réalisation de tests sérologiques rapides – les TROD pour « tests rapides d’orientation diagnostique » – au moment de la première injection de vaccin, qui permettent de savoir si on a déjà rencontré le virus. Pour réaliser ce test, il suffit de recueillir une goutte de sang et de l’appliquer sur une cassette. Au bout de quinze minutes, le test vous indique si vous avez développé des anticorps. « Cela permet de vous donner ou pas le deuxième rendez-vous pour la deuxième dose », expliquait lundi sur RMC Dominique Le Guludec, la présidente de la HAS.

Cette recommandation peut surprendre, si l’on se souvient que l’autorité indépendante considérait dans son avis du 11 février que « la réalisation d’une sérologie prévaccinale n’[était] pas pertinente et donc non recommandée ». Le doute persistait alors sur l’immunité conférée par la maladie plusieurs mois après l’infection. Mais, depuis, trois études italiennes ont démontré que « les taux d’anticorps obtenus après une seule dose de vaccin chez les personnes déjà infectées par le Covid-19 se sont révélés supérieurs à ceux des personnes non préalablement infectées et ayant bénéficié d’un schéma vaccinal à deux doses », peut-on lire dans le nouvel avis.

Simplification pour les plus jeunes

Plus concrètement, le bénéfice attendu de cette recommandation est double : « à titre individuel, de ne recevoir qu’une seule injection pour les personnes immunocompétentes ; à titre collectif, de mieux protéger la population en vaccinant plus rapidement plusieurs millions de personnes supplémentaires dans les créneaux et avec les doses ainsi libérées ». L’objectif est ainsi d’avancer plus vite dans la couverture vaccinale de la population française afin de la « protéger contre une possible résurgence épidémique ». Par ailleurs, cette recommandation, qui intervient à la veille des congés d’été, vise une simplification de la vaccination des plus jeunes, chez qui le virus avait le plus circulé à l’été 2020, préparant la deuxième vague de l’automne.

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