le Pérou affiche le plus mauvais bilan du monde


Des proches d’une victime du Covid-19 dans un cimetière de Lima, le 1er juin 2021.

Ces derniers mois, le gouvernement péruvien avait assuré vouloir « clarifier » ses chiffres de morts du Covid-19, suspectés d’être sous-estimés, alors que plusieurs décomptes parallèles circulaient. C’est chose faite depuis lundi 31 mai. Le bilan officiel a pratiquement triplé : il passe de 69 000 à 184 000 décès. « A partir d’aujourd’hui, (…) nous allons avoir des chiffres plus exhaustifs et qui seront d’une grande utilité pour la gestion de la pandémie », a déclaré lundi en conférence de presse la présidente du conseil des ministres, Violeta Bermudez.

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Avec plus de 180 000 décès, le Pérou devient le cinquième pays à la plus forte mortalité, derrière les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et le Mexique. Il est surtout le pays avec le plus grand nombre de décès en proportion de sa population (33 millions d’habitants) au monde, avec 5 781 morts par million d’habitants, devant la Hongrie (3 048) et la République tchèque (2 835). Le taux de mortalité passe de 3,5 % à 9,4 %. Cela signifie que le taux de personnes infectées qui en meurent est proche d’une personne sur 10. Un taux qui grimpe à près de quatre sur 10 chez les plus de 60 ans, qui représentent 70 % du total des décès.

Sept critères techniques

« Tous les pays ont des écarts de chiffres dans le calcul [des morts du Covid-19]. Le Pérou est sûrement l’un de ceux où la différence est la plus importante car il y existait six systèmes de calcul différents, avec six sources d’informations distinctes, souligne César Ugarte-Gil, médecin épidémiologiste à l’Institut Alexander von Humboldt de l’Université péruvienne Cayetano Heredia, pour expliquer cet écart considérable. Jusqu’à présent, on comptait seulement les cas confirmés au moment du décès. »

C’est ainsi que des milliers de personnes, décédées du Covid-19, sont restées en dehors des radars des autorités sanitaires. Désormais, le décompte inclura les décès probables du Covid-19 « présentant un lien épidémiologique avec un cas confirmé », ainsi que les cas suspects et compatibles avec le Covid-19, selon sept critères techniques, détaillent les autorités. Celles-ci se basent sur les recommandations d’un conseil technique composé d’experts péruviens et de spécialistes de l’Organisation mondiale de la santé.

Le bilan du pays est d’autant plus dramatique que le Pérou avait adopté dès le début de l’épidémie, en mars 2020, des mesures drastiques : un confinement strict de trois mois et demi (du 16 mars au 1er juillet 2020), un couvre-feu en soirée toujours en vigueur et la fermeture des établissements scolaires, qui n’ont toujours pas rouvert leurs portes depuis maintenant seize mois.

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