Chypre rouvre ses points de passages entre nord et sud


A Ledras, vendredi 4 juin, l’un des neuf points de passage de l’île. L’ONU, qui contrôle la zone tampon entre les deux parties de l’île, estime que la réouverture aura « un impact socio-économique positif ».

D’un côté comme de l’autre la population attendait ça depuis plus d’un an. Les points de passage entre les parties nord et sud de Chypre ont rouvert vendredi 4 juin. L’île méditerranéenne est divisée depuis que son tiers nord a été envahi, en 1974, par la Turquie, en réaction à un coup d’Etat de nationalistes chypriotes grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce.

Lire aussi Les conservateurs remportent les élections législatives des Chypriotes grecs

Les neuf points de passage à travers l’île ont rouvert sans fanfare dans la matinée, après plusieurs semaines de discussions impliquant Chypriotes grecs, Chypriotes turcs et l’Organisation des Nations unies (ONU), qui contrôle la zone tampon.

« C’est une bonne étape pour que les deux communautés se rapprochent après un an et demi sans pouvoir se voir », a affirmé Pentaliotis Panayiotis, 35 ans, l’un des premiers Chypriotes grecs à franchir le point de passage de la rue Ledra, en plein centre de Nicosie, dernière capitale divisée au monde, pour se rendre dans le nord de l’île. « Notre objectif n’est pas seulement d’ouvrir les points de passage, mais d’avoir une solution globale qui n’inclue pas de frontière au sein de notre pays », a-t-il toutefois souligné.

Les espoirs de réunification au point mort

Les négociations sur une réunification de l’île sont au point mort depuis 2017 et une rencontre sous l’égide de l’ONU à Genève à la fin d’avril n’est pas parvenue à les relancer. La décision de rouvrir les points de passage a été prise à la suite d’un accord visant à harmoniser les mesures sanitaires entre les deux parties. Il a été validé par le dirigeant chypriote grec, Nicos Anastasiades, et son homologue chypriote turc, Ersin Tatar, avait annoncé dans la semaine l’ONU.

Un comité technique mixte se réunira toutes les deux semaines pour évaluer la situation sanitaire à l’aide d’un code couleur. Le vert indique qu’il n’y a aucune restriction à la circulation, l’orange signale qu’il faut présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de sept jours et le rouge signifie que les points de passage sont fermés au grand public. Vendredi, c’est l’orange qui était en vigueur.

« Les mesures seront appliquées à toutes les catégories de personnes et aux ressortissantes de pays tiers », a rappelé la mission de l’ONU dans un communiqué, estimant que « la libre circulation facilitera les contacts entre les gens, construira la confiance et aura un impact socio-économique positif ».

Des milliers de passages quotidiens en temps normal

En temps normal, plusieurs milliers de personnes franchissent quotidiennement les points de passage pour aller travailler, étudier ou se faire soigner. « Je ne pouvais plus voir mon petit ami et j’avais des problèmes de visa (…) Maintenant que c’est ouvert, je suis si heureuse », a déclaré à l’Agence france-Presse Rozhan Amiri, étudiante iranienne de 19 ans.

La République de Chypre, qui exerce son autorité sur la partie sud de l’île, a enregistré 72 626 cas d’infection au Covid-19, incluant 362 décès. Elle avait fermé quatre points de passage à la fin de février 2020 pour la première fois depuis leur ouverture, en 2003. Les cinq autres avaient été fermés le 10 mars après le premier cas recensé en République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée et uniquement reconnue par Ankara), où 7 375 cas ont été enregistrés, dont 33 décès.

Certaines restrictions à la circulation avaient été progressivement levées notamment pour les Chypriotes turcs étudiant dans la partie sud de l’île.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment le gaz rebat les cartes en Méditerranée orientale

Le Monde avec AFP



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *