cinq femmes dont les voix comptent


Depuis le début de la pandémie de Covid-19, scientifiques, professions médicales, et responsables ont été en première ligne pour mieux connaître le virus et tenter de contenir son expansion. Parmi eux, des femmes ont émergé et fait reconnaître leur travail dans différents registres. En voici cinq exemples.

  • Katalin Kariko, biochimiste, vice-présidente de BioNTech

Katalin Kariko, à Washington, en décembre 2020.

Certains de ses concurrents le contestent, la plupart l’admettent volontiers : à 66 ans, Katalin Kariko est le visage de l’ARN messager, cette molécule à la base des vaccins les plus efficaces contre le Covid-19. A peine débarquée aux Etats-Unis de sa Hongrie natale, en 1985, elle acquiert la conviction que ce support d’information génétique peut bouleverser la médecine. Elle rêve alors de guérir le cancer. Pendant trente ans, elle va chercher, trébucher souvent, au point d’être presque renvoyée de l’université de Pennsylvanie. Aujourd’hui, on lui promet le Nobel. Car, à partir de 2005, elle a posé les premières briques de l’édifice qui va conduire à ce vaccin révolutionnaire. Recrutée en 2014 par la société BioNTech comme vice-présidente, elle a poursuivi l’aventure sur le terrain sanitaire et industriel. Alliée au géant américain Pfizer, la start-up allemande a gagné la compétition mondiale. Avec Katalin Kariko, toujours aux premières loges.

Lire l’éditorial de « Monde » : ARN messager : la leçon de liberté de Katalin Kariko
  • Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce

Ngozi Okonjo-Iweala, avant une réunion au siège de l’Union européenne à Bruxelles, le 19 mai 2021.

Sa nomination n’est pas passée inaperçue. Première femme et première Africaine à prendre la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en mars 2021, Ngozi Okonjo-Iweala est aussi l’un des derniers espoirs pour réformer une organisation affaiblie par le recul du multilatéralisme. La nouvelle dirigeante, à la double nationalité américaine et nigériane, connaît bien les arcanes des institutions internationales. Elle a été directrice générale de la Banque mondiale et ministre des finances du Nigeria à deux reprises. Elle a désormais l’opportunité de ressusciter l’OMC en montrant son utilité dans la lutte contre la pandémie actuelle de Covid-19. L’OMC a en effet un rôle à jouer dans la hausse de la production de vaccins, en facilitant le libre-échange de leurs composants et en assouplissant les règles de propriété intellectuelle. « Ma priorité est de lutter contre le nationalisme vaccinal », a déclaré Mme Okonjo-Iweala aussitôt après sa nomination.

  • Vittoria Colizza, directrice de recherche à l’Inserm et spécialiste en modélisation des maladies infectieuses

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